21 mars 2009
Mississauga (Ontario)
LE DISCOURS PRONONCÉ FAIT FOI
Bonsoir Mesdames et Messieurs.
Je vous remercie de votre accueil chaleureux. J’aimerais souligner la présence ce soir de mes collègues députés, Dean Del Mastro, Larry Miller, Bob Dechert ainsi que de l’honorable Peter Van Loan.
Et merci à vous, Mike, de votre généreuse présentation et de votre invitation à prendre la parole à la 81e assemblée et conférence annuelles de l’Ontario Federation of Anglers and Hunters.
Beaucoup de choses ont changé depuis notre dernière rencontre en 2005. À titre de Premier ministre, je dispose maintenant d’un beau chalet au lac Harrington près d’Ottawa. L’un de mes prédécesseurs, le grand John Diefenbaker, y gardait du poisson. Et je suis heureux de vous dire que sous l’influence du ministre de la Défense, Peter Mackay, j’ai moi-même commencé à faire un peu de pêche. Même si mon lancer combiné s’est un peu amélioré, je suis la preuve vivante qu’il y a une différence énorme entre pêcher et attraper le poisson.
J’ai également eu l’occasion de faire un peu de canot sur le lac. Je le mentionne parce que j’ai entendu dire, récemment, que le célèbre écrivain canadien, le regretté Pierre Berton, a déclaré un jour qu’un vrai Canadien est quelqu’un qui sait faire l’amour dans un canot. Or, je me considère comme un véritable Canadien... je suis juste un mauvais canoteur!
Blague à part, je suis toujours heureux de rencontrer des Canadiens qui sont friands de pêche, de canot, de chasse – qui profitent des joies de la nature de notre grand pays – et de tout ce que tout cela représente comme tradition.
Vous vivez des expériences de la vie des pionniers – et de la vie autochtone sûrement – des expériences qui ont permis l’exploration et le développement économique de notre jeune pays de l’époque.
Les milieux naturels canadiens et notre relation avec eux nous ont toujours et de manière très concrète définis comme nation. La nature a inspiré les symboles de notre identité culturelle : la feuille d’érable, le castor, l’ours polaire, la bernache du Canada.
Les explorateurs et les aventuriers qui ont apprivoisé et tracé ce territoire – dont Champlain, Mackenzie et Thompson – sont des icônes de l’histoire canadienne.
Et les auteurs et artistes que nous admirons le plus sont ceux qui ont le mieux décrit notre relation avec ces grands espaces.
Mesdames, Messieurs, l’un des grands avantages d’être Premier ministre du Canada – le meilleur emploi dans le meilleur pays au monde – est d’avoir la possibilité inespérée de voyager d’un bout à l’autre de ce vaste pays.
Du parc Nahanni au Nunavut, du Labrador à l’île de Vancouver, j’ai rencontré des Canadiens qui travaillent, s’amusent et vivent dans leur coin de pays.
J’ai toujours pensé que la campagne était le cœur de notre pays, et mes voyages ont renforcé cette opinion. Les valeurs intemporelles de la vie rurale – la force des liens familiaux, l’interdépendance communautaire, la relation étroite avec l’environnement – là sont les caractéristiques fondamentales de notre pays. Et les attributs qui ont soutenu la paix et la prospérité du Canada jusqu’à présent.
Avec la technologie et l’urbanisation de la société moderne, nous sommes trop nombreux à nous éloigner de la terre, de notre histoire et de nos traditions. Cette réalité nous empêche parfois de reconnaître le rôle que jouent les pêcheurs et les chasseurs dans la préservation et la protection de la faune et de son habitat.
L’un des premiers et des plus grands défenseurs de la nature que le Canada ait connus s’appelle Jack Miner, de Kingsville, près de l’extrémité ouest du lac Érié. Au début du XXe siècle, Miner a fait œuvre de pionnier en lançant le baguage des oiseaux, afin de connaître leurs habitudes migratoires. Il a aussi créé l’un des premiers sanctuaires d’oiseaux en Amérique du Nord.
Il a acquis une renommée mondiale à titre d’auteur, de conférencier et de protecteur de la nature. Ce qui est moins connu, c’est que Miner a été chasseur tout au long de sa vie, un très bon chasseur.
Il avait compris une vérité toute simple : sans la conservation, il ne peut y avoir de chasse. Ni de pêche, ni d’exploitation forestière, ni d’activité agricole, ni aucune activité basée sur des ressources renouvelables.
Miner avait même la certitude que ces passe-temps feraient de nous de meilleurs citoyens.
Ils nous apprennent à être ingénieux, autosuffisants et à avoir l’esprit pratique – des qualités qui permettent aux gens de réussir, de faire vivre leur famille et de rendre un peu de ce qu’ils ont reçu à leur communauté.
Et bien sûr, ils nous permettent de contempler et d’apprécier la beauté et la diversité incroyables de notre pays, et aussi d’en profiter.
Rare sont les citoyens qui aiment ou défendent autant nos grands espaces canadiens que les membres des organismes comme le vôtre.
Et nous ne parlons pas uniquement de la conservation de la faune et du milieu sauvage.
Nous parlons aussi de la préservation des traditions, des valeurs et de l’amour pour le pays qui constituent la solide fondation sur laquelle la société canadienne est bâtie.
De plus, comme je vous l’ai mentionné il y a quatre ans, ce n’est pas par hasard que les mots « conservation » et « conservateur » ont la même étymologie : un conservateur est un conservation-niste.
Nous souhaitons conserver l’équilibre entre la protection de l’environnement et la croissance économique. Nous souhaitons conserver des familles fortes au sein de collectivités en santé, sûres et autosuffisantes, et bien entendu, nous croyons fondamentalement que nous avons l’obligation de rendre le Canada meilleur en préservant et en améliorant ce que nos ancêtres ont bâti pour nous.
L’obligation de bâtir une économie qui offre des possibilités pour tous et pour toutes, l’obligation de gérer les finances publiques d’une façon qui nous permet de réagir en temps de crise sans devoir imposer à nos enfants et à nos petits-enfants une dette ingérable ou hausser les taxes, l’obligation d’assurer la sécurité de nos rues et de notre pays, l’obligation de défendre nos intérêts et d’affirmer nos valeurs sur la scène internationale.
À cet égard, notre gouvernement a notamment entrepris la reconstruction des Forces canadiennes, en leur donnant le matériel dont ils ont besoin et le respect qu’ils méritent. Nous exigeons beaucoup d’eux. Des gouvernements successifs leur ont demandé de jouer un rôle important et dangereux au sein de la mission sanctionnée par les Nations Unies en Afghanistan.
La perte hier de quatre jeunes soldats nous rappelle encore une fois les sacrifices que font nos militaires, de même que ceux consentis par les hommes et les femmes de nos forces armées au fil des époques pour nous donner ce que nous avons aujourd’hui.
Nous offrons à leurs familles et à leurs camarades nos plus sincères condoléances; nous leur serons éternellement reconnaissants de leur dévouement envers leur prochain et notre pays.
En tant que conservateurs, nous croyons également que nous avons le devoir de protéger l’environnement naturel du Canada au profit des générations futures.
Voilà pourquoi notre gouvernement accorde depuis plus de trois ans une telle priorité à la conservation. Par exemple, nous avons élargi les frontières du spectaculaire parc Nahanni dans les Territoires du Nord-Ouest.
Nous avons créé l’aire marine nationale de conservation du lac Supérieur, la plus grande aire marine protégée en eau douce au monde.
Nous avons investi des sommes considérables pour préserver la forêt ombrophile de Great Bear dans la belle province la Colombie-Britannique, et nous avons conclu des partenariats avec Conservation de la nature Canada et des organisations comme Canards Illimités pour protéger un demi-million d’acres de terres écosensibles dans l’ensemble du pays.
Permettez-moi d’ajouter que les responsables de Canards Illimités méritent toutes nos félicitations pour le travail exceptionnel accompli depuis des décennies afin de préserver et d’améliorer l’habitat du gibier d’eau. Leur travail prouve concrètement aux Canadiens et aux Canadiennes que la chasse et la conservation vont de pair.
Récemment, notre gouvernement a versé une aide financière substantielle au Fonds d’assainissement du lac Simcoe pour le financement de deux projets menés par cette fédération visant à lutter contre les espèces envahissantes et à améliorer les courants.
Ce mois-ci, nous avons déposé au Parlement le projet de loi sur l’application des lois environnementales. Nous renforcerons en effet leur application et nous sanctionnerons comme il convient les entreprises responsables de pollutions et de destructions graves de l’environnement.
Nous avons en outre annoncé la réfection de la voie d’eau Trent-Severn et l’appui que notre gouvernement apportera à la désignation de la rivière Ottawa comme patrimoine.
Vous remarquerez peut être que toutes ces initiatives ont un point commun. Elles visent à encourager les Canadiennes et la Canadiens à profiter des grands espaces. Nos prédécesseurs au gouvernement avaient l’habitude de faire exactement le contraire. Leur approche consistait souvent à nous empêcher d’accéder à ces grands espaces, à limiter notre activité dans les parcs et à décourager la chasse et la pêche.
Cette stratégie vise en quelque sorte à protéger la nature de nous et non pas pour nous.
C’est là où la philosophie conservatrice diffère : la nature ne doit pas être protégée des gens qui aiment le plein air, elle doit être protégée pour qu’ils puissent en profiter.
Les mesures prises par nos prédécesseurs traduisaient leur philosophie. À titre d’exemple, ils ont fait adopter des versions de la Loi sur les espèces en péril et de la Loi sur la cruauté envers les animaux élaborées par des théoriciens dans leur tour d’ivoire qui tiennent peu compte, voire pas du tout, de la contribution des chasseurs et des pêcheurs à la préservation de l’environnement, ou même de la vie en milieu rural en général.
Notre gouvernement est convaincu que les gens qui dépendent de nos terres et de nos ressources naturelles
pour gagner leur vie ou se divertir devraient être reconnus
pour leur contribution à notre environnement.
Les mesures législatives proposées par la fédération visant à reconnaître la valeur du patrimoine récréatif canadien en matière de chasse et pêche, et à consacrer les droits et les responsabilités des chasseurs et des pêcheurs, est un excellent pas dans cette direction et nous les examinons avec soin.
Nous apprécions également le travail fantastique que vous effectuez dans le cadre du programme de réintroduction du saumon atlantique dans le lac Ontario. Je suis donc heureux de vous informer que notre gouvernement a signé hier une entente avec la Fédération qui renforcera et élargira notre partenariat dans cette noble entreprise.
Le fait que nous collaborions dans des dossiers comme ceux-ci témoigne des valeurs que nous avons en commun et qui diffèrent considérablement de la philosophie mal avisée de nos prédécesseurs. Leur stratégie en matière de justice pénale en est un exemple éloquent.
Plutôt que de s’en prendre aux criminels qui utilisent des armes à feu, y compris des armes de poing et illégales, pour commettre des actes violents, ils utilisent les ressources du gouvernement pour s’en prendre aux citoyens respectueux de la loi qui possèdent des armes d’épaule à des fins professionnelles ou récréatives.
Leur stratégie dans ce domaine est la même que pour l’environnement : ils savent mieux que personne ce qu’il faut faire et on ne peut pas faire confiance aux Canadiens ordinaires.
Aussi, au lieu de s’attaquer au crime, nos prédécesseurs ont créé le registre fédéral des armes d’épaule, qui est devenu un véritable cauchemar bureaucratique pour les chasseurs, les agriculteurs et les Canadiens vivant dans les zones rurales.
Ce registre a coûté quelque 2 milliards de dollars aux contribuables et n’a aucunement permis de réduire le nombre de crimes commis avec des armes à feu.
Comme vous le savez, notre gouvernement s’efforce depuis son entrée en fonctions de poursuivre en justice les criminels et non pas les chasseurs qui respectent la loi.
Nous avons déployé des efforts considérables pour rallier les Canadiens et Canadiennes sur la question du contrôle des armes à feu. Nos prédécesseurs avaient semé la discorde sans raison dans ce dossier, en diabolisant notamment les chasseurs et les agriculteurs.
On considérait injustement la question comme un conflit entre ruraux et citadins. Et on considérait injustement l’enregistrement des armes que possèdent les chasseurs et les agriculteurs respectueux de la loi comme une solution pour lutter contre la criminalité dans les villes.
Quatorze ans d’expérience nous ont appris que ce n’est absolument pas le cas.
Beaucoup d’autres mesures peuvent et doivent être mises en place pour lutter contre les crimes commis avec armes à feu au Canada. Le registre des armes d’épaule ne nous aide en rien à atteindre cet objectif.
En attendant de nettoyer le gâchis de nos prédécesseurs, nous avons prolongé la période d’amnistie pour les propriétaires d’armes d’épaule qui n’ont pas encore enregistré leurs armes. Et nous espérons rallier la majorité des députés à l’idée d’abroger le registre de ces armes.
Les chefs des partis d’opposition continuent de s’y opposer. Mais tous ces partis comptent des députés qui savent comme nous que les chasseurs et les agriculteurs respectueux de la loi ne sont pas des criminels et qu’ils doivent être respectés et non pas diabolisés.
Je vous encourage donc à exercer des pressions sur ces députés pour qu’ils écoutent leur conscience et fassent ce qu’ils savent être bien, c’est-à-dire voter en faveur de l’abolition du registre des armes d’épaule et lutter plutôt contre la criminalité.
Mesdames et Messieurs, je m’en voudrais de vous quitter sans vous parler brièvement de la grande préoccupation de l’heure pour les Canadiens et notre gouvernement. Il s’agit bien sûr de l’économie. J’aimerais prendre quelques minutes pour parler de notre approche face à la récession économique mondiale :
- comment nous réagissons,
- comment nous aidons les familles, les entreprises et les communautés canadiennes.
Comme vous le savez, le système financier mondial est encore en très mauvaise posture. Bien que le système financier canadien soit le plus solide au monde, la récession mondiale a entraîné des baisses importantes de la croissance et de l’emploi dans le monde, y compris ici au Canada.
Nous collaborons avec les autres grandes économies mondiales au sein du G-20 pour juguler cette crise. Et nous prenons cinq types de mesures pour stimuler l’économie et protéger les Canadiens et Canadiens grâce à notre Plan d’action économique.
Premièrement, nous prenons des mesures pour aider les travailleurs et les contribuables, et stimuler la consommation. Ainsi, les particuliers qui gagnent moins de 80 000 $ paieront beaucoup moins d’impôt à partir de cette année. Ces réductions d’impôt se concrétiseront sur les chèques de paie à partir du mois d’avril.
Les prestations d’assurance-emploi seront en outre bonifiées tout comme les montants consacrés aux programmes de recyclage des chômeurs.
Deuxièmement, nous prenons des mesures pour stimuler la construction et la rénovation domiciliaire. Nous avons notamment instauré un nouveau crédit d’impôt pour aider les acheteurs d’une première maison à acquitter les frais de clôture de la transaction. Les propriétaires actuels peuvent quant à eux profiter cette année d’un crédit d’impôt à la rénovation.
Ce dernier peut s’appliquer à la résidence principale ou secondaire et varier entre 1000 et 10 000 dollars.
Troisièmement, nous prenons des mesures pour créer des emplois et permettre aux travailleurs de conserver le leur en construisant de nouvelles infrastructures comme des routes, des ponts, des réseaux de transport en commun, des systèmes d’aqueduc et des installations de recherche.
Nous investissons notamment un demi-milliard de dollars pour rénover les patinoires et autres installations communautaires vétustes.
Le Plan d’action économique prévoit également des investissements importants dans notre réseau national de sentiers dont profitent les amateurs de plein air.
Quatrièmement, nous prenons des mesures pour aider les entreprises et les collectivités qui sont les plus durement touchées par la récession. Nous appuyons notamment l’industrie touristique en finançant des campagnes de publicité pour favoriser le tourisme au Canada.
Nous procédons également à de nouveaux investissements dans les parcs nationaux. Nous mettons en outre sur pied un organisme de développement économique – et c’est là une première – pour promouvoir la création d’emplois et le développement des entreprises dans le sud de l’Ontario.
Cinquièmement, notre Plan d’action économique contient d’importantes mesures pour veiller à ce que les entreprises canadiennes, et en particulier les petites entreprises, puissent bénéficier d’un accès raisonnable et abordable au financement dont elles ont besoin.
Mesdames et Messieurs, notre Plan d’action économique est à l’image de nos initiatives en matière de conservation : il est réaliste, pratique et conçu pour répondre aux besoins réels des Canadiens et Canadiennes.
Les partis d’opposition multiplient les critiques mais n’ont aucun plan pour stimuler l’économie, si ce n’est celui d’imposer une nouvelle taxe sur le carbone et d’augmenter la TPS.
Leur stratégie s’apparente à celle qu’ils ont à l’égard des pêcheurs et des chasseurs : elle est fantaisiste et irréalisable; elle vise à montrer aux Canadiens et Canadiennes ordinaires comment gérer leur vie et au secteur privé, comment gérer leurs affaires. La différence ne saurait être plus grande.
Mesdames et Messieurs,
Tout comme les chasseurs et les pêcheurs sont les gardiens prudents et responsables de notre environnement naturel, notre gouvernement sera, lui aussi, le gardien prudent et responsable de notre économie en cette période de récession mondiale.
Tout comme vous, nous sommes déterminés à bonifier l’héritage que nous avons reçu. Nous sommes déterminés à prendre des mesures qui amélioreront de manière tangible le sort des Canadiens et Canadiennes aujourd’hui, qui accroîtront les acquis pour les générations futures et qui permettront aux gens ordinaires de vivre leur vie en respectant leurs traditions.
Je tiens à vous remercier encore une fois de m’avoir invité à prendre la parole aujourd’hui. Je vous souhaite à tous une excellence conférence et une excellence saison.
Merci beaucoup.
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