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Le Premier ministre Harper reçoit le prix Saul-Hayes des droits de la personne

31 mai 2009
Toronto (Ontario)
LE DISCOURS PRONONCÉ FAIT FOI

Bon matin Mesdames et Messieurs.

Je tiens à saluer tous les membres du Congrès juif canadien et leurs distingués invités des gouvernements d’Israël, de la Pologne et des États-Unis, ainsi que mes collègues du Parlement du Canada et des autres échelons de gouvernement au pays. 

Je remercie également Elizabeth Wolfe de son aimable et généreuse présentation.

C’est avec humilité que je reçois le prix Saul-Hayes.

J’en suis vraiment très honoré.

Saul Hayes a consacré sa vie à la promotion des droits de la personne au pays et à l’étranger. Il a contribué à l’élaboration de mécanismes légaux officiels pour protéger les droits de la personne après la guerre, une période fortement marquée par l’espoir que le monde ne connaîtrait jamais plus de  tragédie comme celle de l’holocauste.

Saul Hayes était l’un des piliers de la communauté juive au Canada et l’un des innombrables juifs et juives qui ont tant fait pour notre pays.

Le légendaire homme d’affaires et mécène Sam Bronfman était également du nombre. « M. Sam » a dirigé cette organisation, le CJC, pendant et après la guerre, et il a aidé de nombreux juifs à trouver refuge au Canada. Il était la source d’inspiration du personnage fictif de Solomon Gursky, l’un des personnages les plus mémorables de la littérature canadienne, créé par Mordecai Richler, autre pilier de la communauté juive canadienne.

Saul Hayes était un bâtisseur de communauté; peu de gens ont oeuvré autant que lui pour faire du Canada un pays accueillant pour les juifs.

Sam Bronfman était un bâtisseur d’entreprise, le fondateur de l’une des plus grandes dynasties commerciales au pays.

Et Mordecai Richler était un bâtisseur de culture; ses histoires ont plu aux Canadiens et Canadiennes de toutes les régions du pays et de tous les horizons – même à ceux que ses satires ont piqués au vif. Que nous soyons protestants de race blanche et d'origine anglo-saxonne, juifs, séparatistes canadiens-français, nationalistes anglo-canadiens, il nous avait tous dans sa mire. 

Peu de gens savent que j’ai rencontré une fois Mordecai Richler. C’est en fait le soir du référendum de 1995 à Montréal. Nous avons pris une bière au Peel Pub, et, malgré sa réputation, il était non seulement sympathique mais également très optimiste à propos de tout ce qui se passait autour de nous ce soir-là.

Il me manque souvent, mais je dois avouer que je me réveille parfois la nuit en sueur à l’idée qu’il est de retour derrière sa machine à écrire et qu’il prend pour cible le premier ministre actuel.

Nous l’aimions parce qu’il nous révélait nos folles vanités, se moquait de nos chicanes de clocher et nous rappelait le privilège que nous avons de vivre dans un pays pacifique et prospère comme le nôtre.

Richler portait les protestations indignées de ses victimes comme des médailles d’honneur. On le qualifiait de « caustique, controversé et grossier ». « Un écrivain provocateur », disait-on.

On me dit qu’un séparatiste à l’épiderme très sensible avait même demandé qu’un de ses livres soit banni, une demande qui avait heureusement échoué, car l’un des droits de la personne que nous chérissons le plus au Canada est celui de la liberté d’expression.

Sans lui, il ne peut y avoir ni démocratie, ni liberté d’expression, ni libre entreprise, ni polémiste provocateur comme Mordecai Richler, ni libre échange des idées, soit le moteur universel du progrès humain.

Saul Hayes l’avait bien compris. Dans les années 1960, il a été l’un des piliers du comité Cohen, dont les travaux ont servi de base à l’élaboration des premières dispositions contre la propagande haineuse du Code criminel.  Ces dispositions sont devenues une arme très efficace pour contrer les incitations ouvertes à la haine, sans compromettre le droit fondamental à la liberté d’expression, un équilibre délicat que nous devons très franchement nous employer à maintenir avec plus de vigueur dans ce pays.

C’est donc un honneur spécial de recevoir le prix Saul-Hayes, un honneur spécial également de rencontrer les membres de sa famille, et un privilège d’être le premier premier ministre en fonction à le recevoir.

Je sais que l’une des raisons qui vous a amenés à me conférer cet honneur est la position plus équilibrée, constante et basée sur des principes que nous avons adoptée sur des questions de politique étrangère cruciales comme le Moyen-Orient, depuis notre entrée en fonction il y a plus de trois ans maintenant.

Comme vous le savez, notre gouvernement n’est pas toujours d’accord avec le gouvernement d’Israël sur les questions du Moyen-Orient. Mais, chers amis, je trouve très troublant de constater à quel point dans certains cercles, l’opposition au gouvernement d’Israël sert de couverture intellectuellement respectable à un discours antisémite.

Et trop souvent, sur la question du droit d’Israël de se défendre, ces politiciens ont juré, devant des auditoires comme le vôtre, leur attachement absolu à ce principe.

Mais devant d’autres auditoires, ils ont accusé Israël de commettre des crimes de guerre.

Mesdames et Messieurs, je vous promets que vous n’entendrez jamais
ce genre de double langage de la part de notre gouvernement – jamais.

Nous entendons trop souvent de nos jours des politiciens proclamer qu’ils appuient Israël et le peuple juif dans des forums comme ceux-ci et, lorsque Israël est attaqué pour la énième fois parce que ses ennemis lui refusent obstinément le droit d’exister, s’empresser de le condamner, de l’accuser de crimes de guerre, et lui demande de renoncer unilatéralement au droit de se défendre.

Vous n’entendrez pas notre gouvernement tenir ce double discours, jamais!

C’est pourquoi, sous notre gouvernement, le Canada a été le premier pays à se retirer de la deuxième Conférence d’examen de Durban des Nations Unies lorsque celle-ci est devenue une tribune pour la promotion de la haine.

Lorsque le Hamas a formé le gouvernement en Palestine et refusé d’abandonner son objectif d’éradiquer Israël et son peuple, le Canada a été le premier pays du monde à suspendre ses liens avec lui ainsi que l’aide qu’il lui versait.

Lorsque certains membres de la Francophonie ont essayé d’imposer une résolution biaisée contre Israël, le Canada a été le premier à refuser de signer la déclaration.

Et nous restons bien sûr l’un des critiques qui nous exprimons le plus, non seulement contre le programme nucléaire de l’Iran, mais aussi contre ses déclarations malveillantes à l’endroit d’Israël et des Juifs.

Cela dit, il importe de noter l’appui fantastique que j’ai eu de mon équipe en prenant ces positions. 

Ainsi, lorsque des éléments radicaux des campus ont bassement harcelé des étudiants juifs à Toronto, notre ministre Peter Kent a été l’un des premiers à les condamner.

Lorsque ces mêmes éléments se sont associés à des syndicats qui n’avaient de cesse de mettre de l’huile sur le feu dans leur campagne anti-israélienne, notre ministre Jason Kenney a fermement défendu la liberté d’expression des universités.

Lorsqu’écoles et synagogues faisaient face au vandalisme antisémite, le ministre Stockwell Day a créé le Programme pilote de financement des projets d'infrastructure de sécurité pour les collectivités à risque, afin de protéger des crimes haineux les institutions religieuses et culturelles.

Permettez-moi de mentionner aussi une autre initiative prévue de notre part.

Cette semaine au Parlement,
nous allons déposer
un projet de loi
qui va donner aux victimes du terrorisme
les pouvoirs
dont elles ont besoin
pour obtenir un dédommagement
de ceux qui sont responsables
de leur souffrance.

En modifiant la Loi sur l’immunité des États, le projet de loi permettra aux victimes de traîner devant les tribunaux canadiens les auteurs d’actes terroristes et ceux qui les soutiennent, y compris les États étrangers.

Bien entendu, nos mesures de défense des droits de la personne sont loin de se limiter à la politique étrangère.

Mesdames et Messieurs,
je suis fier de ce que notre gouvernement a fait
pour protéger les droits humains
au cours des trois dernières années.

Nous nous sommes inspirés
des actions de nombreux membres
de la communauté juive du Canada.

Et nous l’avons fait
en respectant les valeurs et la vision
de notre ancien premier ministre conservateur,
John Diefenbaker.

Le père de la première Déclaration canadienne des droits
n’a pas seulement consacré nos droits dans la loi,
il les a aussi mis en pratique.

C’est lui qui a donné au peuple autochtone le droit de voter dans ce pays. C’est lui qui a nommé la première femme au poste de ministre, le premier sénateur autochtone et le premier gouverneur juif de la Banque du Canada, pour ne citer que quelques-uns de ses efforts de pionnier visant à faire tomber les barrières de l’inégalité au Canada.

C’est dans l’esprit de cette tradition conservatrice que nous avons fait de l’avancement de la connaissance de l’histoire de l’antisémitisme et des abus contre les droits de la personne une priorité.

Nous avons, par exemple, prêté notre concours au Groupe de travail pour la coopération internationale en matière de sensibilisation, de commémoration et de recherche au sujet de l’Holocauste.

Nous avons également versé des fonds en vue de reconnaître et de se souvenir des mascarades et des tragédies qu’ont été le S.S. St. Louis, le Komagata Maru et les politiques d’internement pendant la guerre.

Il est arrivé que nous puissions réparer nos torts historiques par la réconciliation; en d’autres mots, avant que toutes les victimes ne meurent. Je fais référence, bien entendu, au dédommagement offert pour la taxe d’entrée imposée aux Chinois et aux excuses présentées pour le système des pensionnats indiens. Mes collègues de tous les partis siégeant au Parlement du Canada ont appuyé ces actions.

Nous ne posons pas tous ces actes pour dénigrer le passé, mais pour en tirer des enseignements et bâtir un avenir meilleur pour nous tous. Voilà pourquoi nous avons enfin, pour la première fois dans l’histoire canadienne, élargi aux Autochtones vivant dans une réserve la portée de la Loi canadienne sur les droits de la personne et tentons d’établir des droits matrimoniaux pour les femmes autochtones d’aujourd’hui.

Une de nos actions les plus durables et concrètes est celle dans laquelle la communauté juive a joué un très grand rôle, en particulier la famille Asper de Winnipeg. Il s’agit bien entendu de la création du Musée canadien des droits de la personne.

Il ne s’agira pas seulement du premier musée national à l’extérieur de la région d’Ottawa-Gatineau, mais aussi du premier musée national financé par les trois ordres de gouvernement et le secteur privé. Je suis impatient de le voir ouvert.

Mesdames et Messieurs, permettez-moi de conclure en faisant observer que les actions que je viens d’énumérer concernant les droits de la personne ont été celles qui m’ont apporté le plus de satisfaction personnelle en ma qualité de premier ministre.

Un premier ministre doit accomplir de nombreuses tâches difficiles, surtout dans la période économique que nous vivons. Ces actions sont en soi une récompense.

Je suis doublement honoré et impressionné par la gentillesse et la générosité avec laquelle vous m’avez aussi décerné le prix Saul-Hayes.

Merci beaucoup.

Shalom

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