11 septembre 2009
Ottawa (Ontario)
LE DISCOURS PRONONCÉ FAIT FOI
Bonjour Mesdames et Messieurs. Merci, Christie Blatchford, d’inaugurer la cérémonie. Je tiens par ailleurs à souligner l’excellente chronique que vous avez faite des terribles événements du 11 septembre 2001 et de la mission des hommes et des femmes des Forces canadiennes en Afghanistan. Vous avez en effet transmis à vos compatriotes, avec empathie et honnêteté, la réalité brutale de ces histoires de courage et de sacrifice.
Salutations aux membres du Comité de la commémoration du 11 septembre et à la Fondation du cimetière Beechwood. Merci d'organiser les cérémonies tenues aujourd'hui en souvenir des victimes canadiennes du 11 septembre et des sacrifices de nos militaires dans la lutte contre le terrorisme. Je tiens à remercier tous ceux et celles qui sont ici présents, notamment le chargé d’affaires des États-Unis Terry Breese et nos autres amis américains, de même que tous mes collègues parlementaires, dont la sénatrice Wallin, le ministre Van Loan, Royal Galipeau et le chef de l’opposition Ignatieff. C'est vraiment un honneur de passer cette journée avec vous dans cet endroit spécial, le nouveau Cimetière national du Canada.
Depuis huit ans, la mémoire de ce magnifique matin d’automne qui a viré subitement au cauchemar est toujours aussi vive, tout comme l’horreur et le chagrin que l’on a ressentis alors que deux immenses tours laissaient subitement place au vide. Nous pleurons encore les hommes, les femmes et les enfants innocents qui étaient à bord de ces avions condamnés, de même que les milliers de ceux et celles qui ont péri dans la chute des tours jumelles et les incendies du Pentagone. Nous admirons toujours le courage de ceux qui se sont battus à bord du vol 93 et des sauveteurs qui ont risqué leur vie à New York et à Washington. Et aujourd’hui encore, nous devons affronter le mal qui a inspiré les terribles événements de cette journée. Bien d’autres innocents en ont été victimes à Londres, Madrid, Bali, Mumbai et ailleurs.
Les attaques à New York et à Washington ont révélé une vérité que nous avions tous ressentie mais que nous ne voulions pas admettre, que le terrorisme n'est pas quelque chose qui arrive ailleurs à d'autres, comme en témoignent les 24 Canadiens tués le 11 septembre. Après le 11 septembre, nous savions avec certitude que ça pourrait arriver ici à nous. Nous avons donc travaillé avec les Nations Unies et nos alliés pour prévenir le terrorisme là où il subsiste et grandit.
Le symbole le plus manifeste de ces efforts a été la mission en Afghanistan de nos meilleurs citoyens, les hommes et les femmes des Forces canadiennes, secondés par nos diplomates et nos travailleurs humanitaires. En 2011, alors que prendra fin cette mission militaire, les soldats canadiens auront servi au front pendant une décennie, plus longtemps que pendant chacune des deux Guerres mondiales. Or pendant toute leur affectation, les hommes et les femmes des Forces canadiennes se seront montrés les dignes héritiers de la fière tradition et de la fière réputation militaire du Canada, démontrant la valeur, les compétences et la détermination qui caractérise nos soldats, marins et aviateurs canadiens depuis l'aube de notre histoire.
Beaucoup de ceux et celles qui se sont battus et ont donné leur vie pour notre pays reposent ici dans le cimetière Beechwood, désigné Cimetière national du Canada par loi du Parlement adoptée cette année par tous les partis.
Il est donc approprié que nous soyons réunis ici aujourd'hui pour honorer non seulement la mémoire de ces Canadiens qui ont péri le 11 septembre, mais aussi pour souligner les immenses sacrifices faits par ceux qui sont déterminés à empêcher qu'une telle journée noire se produise de nouveau. Aujourd'hui, nos cœurs sont avec ceux qui ont perdu des êtres chers. Nous savons que leurs souffrances dépassent ce que la plupart d’entre nous pouvons imaginer.
Le poète canadien Archibald Lampman a écrit à propos des âmes qui reposent ici, et je le cite : « Ils ne connaissent d’autre saison que la fin du temps. » Mais nous qui vivons, nous savons que pour toute chose, il y a une saison. Le 11 septembre a été un jour de haine. Aujourd’hui, nous pleurons, nous portons le deuil et nous nous recueillons. Prions pour que nous guérissions, pour que nous sortions de cette terrible saison, pour que nos soldats rentrent chez eux sains et saufs, et pour que nos enfants chérissent comme un trésor la paix et la liberté pour lesquelles ceux et celles qui reposent ici ont donné leur vie.
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