16 novembre 2009
Mumbai (Inde)
*LE DISCOURS PRONONCÉ FAIT FOI
« Bonjour Mesdames et Messieurs.
« Merci Stockwell pour votre aimable introduction. À titre de ministre du Commerce international, Stockwell est l’une des figures marquantes de l’effort sans précédent déployé par notre gouvernement pour insuffler un nouveau dynamisme dans les relations Canada-Inde.
« J’aimerais remercier le Conseil de commerce Canada-Inde, la Confédération des industries indiennes, la Indian Merchants’ Chamber, la Fédération indienne des chambres de commerce et de l'industrie et la Commission canadienne du tourisme d’avoir aidé à organiser la rencontre d’aujourd’hui.
« Vous êtes venus en très grand nombre, et je vous en remercie.
« Permettez-moi d’abord de dire que c’est un honneur et un grand privilège d’être ici avec vous aujourd’hui.
« L’Inde est un pays dont la beauté naturelle et le riche héritage culturel n’ont d’égal que la générosité de sa population.
« Laureen et moi avons été très touchés par l’accueil chaleureux que nous avons reçu.
« Cela me rappelle les paroles qui avaient accueilli un autre premier ministre canadien il y a cinquante-et-un an. En souhaitant la bienvenue à son homologue à l’aéroport de Delhi, le premier ministre Nehru avait dit à John Diefenbaker que le Canada était peut-être « à l’autre bout du monde », mais qu’il trouverait ici que le monde n’est pas très différent. Quand des amis se rencontrent, avait-il dit, le monde ne change pas. Cela est tout à fait vrai.
« Malgré leurs différends occasionnels, le Canada et l’Inde ont toujours été amis. Notre pays a vite reconnu le rôle important qu’une Inde en voie d’accéder à l’indépendance pouvait jouer dans la période d’après-guerre. C’est pourquoi, en dépit de notre influence limitée de l’époque, le Canada a choisi l’Inde pour l’un de ses premiers postes diplomatiques en Asie.
« Même si notre amitié s’est poursuivie depuis la déclaration du premier ministre Nehru, beaucoup de choses ont changé.
« Et l’amitié entre nos deux pays aussi doit changer.
« Mesdames et Messieurs, je crois que le temps est venu de nourrir et d’enrichir nos relations, de franchir ensemble de nouvelles étapes, d’entrevoir l’avenir non seulement en tant qu’amis, mais aussi en tant que partenaires déterminés à unir leurs efforts pour défendre le bien dans le monde.
« Parce qu’il est vrai que le monde d’aujourd’hui est différent. Et nulle part ailleurs cette réalité est-elle plus évidente qu’ici même en Inde.
« L’accroissement du poids économique et politique de votre pays est indéniable. Votre économie est parmi celles dont l’importance et la rapidité de croissance sont les plus grandes au monde. Vous êtes un chef de file mondial en sciences et en technologie, avec des géants internationaux comme Infosys, Tata et Reliance.
« Mesdames, Messieurs, le tigre de l’Asie du Sud s’est réveillé, et il nous laisse bouche bée.
« Votre réussite témoigne de bonnes politiques, de votre persévérance et de votre ingéniosité.
« Les réformes économiques que le premier ministre Singh a mis en place comme ministre des Finances au début des années 1990 ont porté fruit. Mais un changement aussi rapide et transformationnel n’est jamais simple. Il ne peut s’effectuer du jour au lendemain.
« Certains secteurs progressent parfois plus rapidement que d’autres. Je songe en particulier à cette photo célèbre des années 1970 montrant un satellite ultramoderne fabriqué en Inde et transporté par une charrue et un bœuf. Oui, cela semblait pour le moins bizarre, et c’est exactement pourquoi l’image est devenue aussi célèbre. Elle symbolisait l’ambition dévorante de l’Inde, et sa détermination farouche de réussir.
« Aujourd’hui, l’Inde est un pays engagé dans des activités spatiales, mais je ne crois pas qu’on trouve beaucoup de bœufs et de charrues aux installations spatiales de Bengaluru. Mais dans ce temps-là, elle parvenait toute de même à ses fins. Et cela, Mesdames et Messieurs, c’est ce qui importe le plus.
« Qu’elle construise des satellites, réduise de moitié les taux de pauvreté et d’analphabétisme, ou affiche des niveaux stupéfiants de croissance économique, même durant la pire récession mondiale à survenir depuis un quart de siècle, l’Inde d’aujourd’hui obtient des résultats.
« À mesure que l’Inde occupe la place qui lui revient, elle peut compter sur l’amitié fidèle et indéfectible du Canada.
« Tant de liens historiques, culturels et sociaux se sont forgés entre nos deux pays. Ces liens sont de solides assises sur lesquelles nous pouvons établir une amitié encore plus forte et productive.
« Nous sommes deux nations qui ont édifié des sociétés cohésives et pluralistes en présence de populations diversifiées sur le plan ethnique, spirituel et linguistique. Nous sommes deux démocraties qui permettent aux citoyens de choisir leur gouvernement et qui, par le fait même, placent l’individu et non l’État au cœur de la société.
« Nous avons tous les deux hérité des traditions plus que centenaires d’un système parlementaire qui a fait ses preuves et que nous avons adapté à un fédéralisme ingénieux pour tenir compte de nos grandes différences régionales.
« Nous sommes deux sociétés libres dans lesquelles toutes les opinions peuvent s’exprimer par la voix d’une presse dynamique.
« Et malheureusement, nos pays ont connu tous les deux les affres du terrorisme et en sont restés marqués.
« Il y a vingt-quatre ans, nous étions unis dans la douleur après l’attentat insensé ayant causé la mort de 329 passagers, la plupart Canadiens, à bord du vol 182 d’Air India, la pire attaque terroriste de notre histoire.
« Et nous avons partagé votre souffrance après ces terribles jours de novembre l’an dernier, lorsque d’innocents citoyens de cette ville ont été la cible d’actes terroristes scandaleux qui ont choqué le monde.
« Ces actes ignobles nous motivent à contribuer à l’effort international en Afghanistan. Ce sont des actes vivement dénoncés par tous les peuples civilisés.
« Et n’oublions pas nos liens très forts sur le plan humain.
« Plus d’un million de Canadiens et Canadiennes ont leurs racines dans ce pays. Dans tout le Canada, les filles et fils de l’Inde font partie intégrante de notre société.
« Ils et elles travaillent fort, élèvent des familles, et ont beaucoup à offrir à leurs communautés et à leur nouveau pays.
« Ce sont des gens d’affaires, comme Prem Watsa, fondateur et président du conseil de Fairfax Financial. Ce sont des artistes bien connus, comme Russell Peters. Et ce sont des membres influents de la classe politique, comme Deepak Obhrai, Tim Uppal, Devinder Shory, et Nina Grewal qui, avec son époux, le député Gurmant Grewal, maintenant à la retraite, ont été le tout premier couple à siéger à la Chambre des communes.
« Dans tous les domaines et de toutes les façons possibles et imaginables, les Indo-Canadiens, par leur contribution, ont enrichi et continuent d’enrichir énormément le Canada.
« L’Inde et le Canada ont aussi en commun des atouts économiques majeurs.
« Nous sommes parmi les pays s'en tirent le mieux face à la récession mondiale. Et dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas par accident. C’est le résultat d’une saine politique financière, d’une réglementation prudente et d’une gestion économique bien ciblée.
« Comme l’Inde, le Canada est résolu à se doter d’institutions financières solides.
« Grâce à leur gestion responsable, et grâce à notre système de réglementation financière prudente, les banques canadiennes sont stables, sûres et bien capitalisées. Aucune n’a eu besoin d’un plan de sauvetage. Et j’aimerais souligner qu’aucune de ces banques n’appartient au gouvernement.
« Quand les banques canadiennes ont ressenti les effets du resserrement du crédit à l’échelle planétaire, notre gouvernement a travaillé avec elles à accroître les liquidités et à assurer l’accès au crédit pour les consommateurs et les entreprises canadiennes. En fait, trois des dix plus grandes banques de l’Amérique du Nord sont aujourd’hui canadiennes.
« Voilà pourquoi notre part du secteur international des services financiers est en croissance et elle l'est aussi en raison de notre réputation mondiale de prudence en matière de réglementation de notre système financier.
« C'est aussi l'une des raisons pour lesquelles nos deux pays ont présidé Le Groupe de travail du G20 sur le renforcement d'une saine réglementation et de la transparence dans le secteur financier. À ce titre, nos deux pays ont montré au monde la voie à suivre pour régler ces questions à l'échelle internationale.
« Tout comme celle de l'Inde, l'économie du Canada a bien tiré son épingle du jeu comparé au reste du monde grâce aux mesures de stimulation gouvernementales.
« En ce qui nous concerne, durant la première année de crise, en fait, déjà à l'automne 2007, nous avons effectué d'importantes coupures fiscales tout en maintenant l'équilibre budgétaire. Cela a contribué à éviter la récession économique nationale pendant quelque temps.
« Lorsque la situation mondiale s'est aggravée, nous avons réagi en effectuant des dépenses publiques à grande échelle et avons réduit les formalités administratives afin que l'argent soit mis à l'œuvre rapidement. Comme résultat, notre Plan d'action économique mobilise plus de quatre pour cent du PIB national, ce qui en fait l'une des plus grandes mesures de stimulation du monde développé.
« Nos deux pays ont aussi d'importants intérêts commerciaux communs et jouissent d'un grand potentiel d'augmentation des échanges.
« En effet, l'Inde affiche des taux de croissance spectaculaires, des règles relatives au placement de plus en plus libérales et d'impressionnantes capacités en matière de science et de technologie. Le Canada possède l'économie la mieux positionnée parmi celles du G 8, des taux d’imposition à la baisse, et il constitue l'un des environnements d'investissements les plus accueillants dans le monde. De plus, il a les ressources nécessaires pour combler les besoins grandissants d'énergie et d'infrastructures de l'Inde.
« Mesdames et Messieurs, les liens qui nous unissent sont à n'en pas douter solides et abondants. Mais, en même temps, le potentiel inexploité de nos relations est indéniable.
« Faisons le calcul. Entre nous, notre PIB combiné approche allègrement les quatre billions de dollars. Cependant, en ce moment, le montant des transactions entre nos deux pays ne s'élève qu'à cinq milliards par année.
« C'est pourquoi aujourd'hui, nous ne sommes pas encore arrivés au point où nous devrions être. Oui, nous sommes de bons amis et de bons partenaires, mais nous pourrions être de meilleurs amis et de meilleurs partenaires. Nous devrions être de meilleurs amis et de meilleurs partenaires.
« Voilà pourquoi notre gouvernement a déployé le plus vigoureux effort en un demi siècle pour revitaliser les relations du Canada avec l'Inde.
« Depuis le début de notre mandat, en 2006, nous avons effectué onze visites ministérielles. Au cours de l'année écoulée seulement, nous avons ouvert trois nouveaux bureaux commerciaux à Hyderabad, Calcutta et Ahmedabad et étendu notre présence à Delhi et ici, à Mumbai, ce qui fait de l'Inde notre plus important réseau commercial après les États-Unis.
« Récemment, nous avons investi plus d’un milliard de dollars dans l’infrastructure commerciale orientée vers l’Asie sur notre côte du Pacifique.
« Nous accomplissons aussi des progrès sur la base des relations déjà solides qui existent entre nos deux pays dans les domaines de la science et de la technologie. L'été dernier, en partenariat avec le gouvernement de l'Inde, nous avons annoncé le financement d'une série de projets ambitieux de recherche médicale, notamment, deux initiatives portant sur la lutte contre le cancer.
« Pour ce qui est de l'avenir, notre gouvernement travaille main dans la main avec le vôtre pour aider à combler les besoins énergétiques croissants de l'Inde. Nous travaillons en vue d'établir une entente de coopération dans les domaines de l'énergie propre et renouvelable, ainsi qu'en recherche et développement.
« Au sujet de l'énergie, j'espère sincèrement que nos deux gouvernements finaliseront bientôt leur entente bilatérale de coopération nucléaire. Lorsque cette entente sera finalisée, elle permettra le développement d'énergie nucléaire à des fins d'utilisation civile dans le plus grand respect de nos engagements internationaux.
« Le Canada attend aussi avec enthousiasme le parachèvement de l'Accord sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE). La conclusion de cet accord indiquera aux investisseurs de nos deux pays que l'investissement direct peut être pratiqué dans un milieu d'affaires prévisible et sécuritaire.
« Depuis le début de son mandat, mon gouvernement a également poursuivi avec dynamisme les négociations sur le libre échange; il a conclu des ententes avec huit pays et entamé des discussions avec beaucoup d'autres. La raison pour cela est simple. Indépendamment de nos difficultés actuelles, la prospérité générée dans le monde dans la dernière partie du 20e siècle et la première du 21e a été sans précédent dans l'histoire.
« L'enlèvement des barrières protectionnistes et l'assouplissement des restrictions au commerce a joué un rôle de premier plan dans l'avènement de cette ère extraordinaire. Dès lors, une libéralisation accrue des échanges est le meilleur antidote qui soit à la crise actuelle. Un remède qui, en temps et lieu, mènera à une nouvelle ère de prospérité.
« La liberté accrue de circulation des produits aidera l'économie mondiale et la liberté accrue de circulation des gens en fera autant. Les secteurs du tourisme et du voyage comptent parmi les secteurs ayant la croissance la plus rapide et ont généré des revenus bien au delà de 900 M$ US l'année passée seulement.
« C'est pourquoi il y a quelques minutes, aux côtés d'une vedette du cinéma international, Akshay Kumar, aussi porteur de flambeau des Jeux d'hiver de 2010 à Vancouver, j'ai eu le plaisir de donner le coup d'envoi d'une nouvelle campagne visant à montrer le Canada comme une destination incontournable pour les touristes indiens.
« Si vous me permettez pendant quelques instants de laisser la modestie de côté pour faire la promotion du pays de mon cœur, j'aimerais paraphraser les paroles que le nouvelliste, Khushwant Singh, a prononcées lors de l'Expo 67 à Montréal, « J'ai parcouru bien des pays, sous bien des climats, vécu parmi des gens de diverses races… [et] je demeure convaincu qu'il n'y a pas de plus beau pays que le Canada ni de gens plus aimables que les Canadiens. »
« Dans le cadre de l'initiative que nous avons annoncée aujourd'hui, notre gouvernement espère inspirer une nouvelle génération de voyageurs indiens qui témoigneront de la beauté majestueuse du Canada et feront l'expérience de la chaleur empreinte de générosité de son peuple.
« En terminant, Mesdames, Messieurs, permettez-moi de citer des paroles célèbres, « Il y a dans les affaires humaines une marée montante ; qu'on la saisisse au passage, elle mène à la fortune ».
« La suite, cependant, est citée moins fréquemment, la voici :« qu'on la manque, tout le voyage de la vie s'épuise dans les bas-fonds et dans les détresses… »
« Le temps est venu, Mesdames et Messieurs, pour les pays qui ont de l'ambition comme l'Inde et le Canada, de prendre leur élan et de jeter le lest dans les bas fonds.
« Le Canada et l'Inde ont tant à s'offrir l'un à l'autre et à offrir au monde. Nous sommes tous deux des États démocratiques débordants de vitalité et des exemples éclatants de pluralisme. Nous sommes deux pays reconnus pour l'ingéniosité et l'ambition de leurs habitants. Et nous sommes deux pays dont les fortunes montantes et les aspirations nationales ont le potentiel nécessaire pour façonner le nouveau siècle.
« Soyons donc déterminés à travailler ensemble, à croître ensemble et à saisir les occasions qui nous aideront à construire un avenir encore plus brillant et plus prospère.
« Merci.
« Namaste. »
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