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Le Canada et la Corée a l'ère de l'Asie-Pacifique : pour un partenariat plus fort, plus étroit

7 décembre 2009
Séoul, Corée
LE DISCOURS PRONONCÉ FAIT FOI

Estimé Président de l’Assemblée nationale, estimés membres de l’Assemblée nationale,  Mesdames et Messieurs. Merci pour cette aimable introduction, Monsieur le Président. 
Je vous suis sincèrement reconnaissant de m’inviter à prendre la parole devant vous aujourd’hui. C’est vraiment pour moi un honneur de m’adresser à cette auguste chambre. Et merci au peuple coréen de la cordiale hospitalité dont il a fait preuve envers Laureen et moi-même à l’occasion de cette première visite dans votre beau pays. 

Permettez-moi de souligner la présence de certains de mes collègues qui sont avec nous aujourd’hui.  D’abord, la sénatrice Yonah Kim Martin.  La sénatrice Kim Martin est la première Canadienne d’origine coréenne à occuper une charge publique fédérale dans notre pays. 

Nous sommes aussi accompagnés de mon ami et collègue du caucus, le député Barry Devolin. Barry et son épouse Ursula ont vécu dans votre pays pendant quelques années. Barry enseignait l’anglais comme langue seconde à la Pusan University of Foreign Studies. Avec la sénatrice Kim-Martin, il a été coprésidé l’Association interparlementaire Canada-Corée, et il est étroitement lié à la communauté coréenne au Canada.

Nous accompagnent en outre aujourd’hui les honorables Stockwell Day, Gerry Ritz et Michael Chong, et Alice Wong, Andrew Saxton, Daryl Kramp, Bob Dechert et John  Weston.

Estimés députés, Mesdames et Messieurs, c’est pour moi un grand honneur d’être le premier Premier ministre canadien à prendre la parole à l’Assemblée nationale de la République de Corée. Cette visite est en fait une occasion historique de célébrer la profonde amitié qui existe entre le Canada et la Corée, une camaraderie enracinée dans nos expériences partagées et notre acceptation commune de principes durables.

Cependant, au cours de l’année à venir, nous ferons plus que parler de notre histoire commune. Car, alors que nous renouvelons les solides relations entre nos pays, nous prévoyons également le rôle de leadership que le Canada et la Corée joueront comme hôtes des Sommets du G20 qui auront lieu l’an prochain. 

Franchement, il serait difficile d’exagérer l’importance de cette tâche. Le monde lutte pour sortir de la pire récession en un demi-siècle. Les économies montrent des signes de stabilisation, mais la reprise est fragile. Des choix mal avisés pourraient vite ralentir la reprise, et même la stopper. La subsistance de familles partout dans le monde pèse dans la balance.

Après le Sommet de Pittsburgh, le monde s’est entendu pour que le G20
serve de forum mondial prééminent de la coopération économique. C’est ce groupe qui collabore afin de minimiser les effets de la récession mondiale. Les décisions prises par ce groupe de pays – responsable de 85 pour cent du PIB mondial – ont donc des conséquences considérables.

Pour le Canada et la Corée, c’est une occasion unique, et une responsabilité tout aussi unique. Nous devons ouvrir la voie. Nous devons tirer profit des travaux réalisés à Washington, à Londres et à Pittsburgh. Nous devons continuer à concentrer notre attention sur l’économie mondiale afin d’assurer une reprise équilibrée et durable.

Nous ne devons pas fléchir dans les efforts que nous déployons pour prendre des mesures de relance efficaces, assurer la réglementation prudente du système financier mondial, réformer les institutions financières internationales, et ouvrir et élargir le commerce mondial. Nous devons respecter les engagements que nous avons pris.  Et nous devons éviter de répéter les erreurs du passé.

Et, ensemble, alors que le président Lee et moi-même accueillerons la prochaine ronde de discussions sur ces questions, nous devons obtenir des leaders un plan crédible pour que les pays du monde puissent se passer des mesures extraordinaires de l’année passée, et pour remettre l’économie mondiale sur la voie d’une croissance durable quand la reprise s’imposera.

J’aimerais souligner en passant que le fait de ne pas atteindre cet objectif aurait des conséquences autres qu’économiques. Sans la richesse qui découle de la croissance, les menaces environnementales, les défis pour le développement, et la paix et la sécurité dans le monde seront beaucoup plus complexes.

Mon gouvernement et moi-même voulons continuer de collaborer étroitement avec nos collègues coréens alors que nous nous préparons à l’année très importante qui nous attend. Heureusement, nos deux pays sont bien placés pour relever les défis auxquels fait face le G20, tout en améliorant notre coopération bilatérale.

Nous sommes des partenaires idéaux. Parlons du miracle coréen, des racines d’une bonne et vieille amitié, et de ce que le Canada et la Corée peuvent s’offrir mutuellement.

Mesdames et Messieurs, estimés députés, nous sommes impressionnés par ce que la Corée a réalisé en moins de six décennies. Au cours du dernier mois, j’ai visité l’Inde, la Chine et Singapour. Tous ces pays ont réalisé des progrès économiques et sociaux extraordinaires après la guerre. Or peu d’entre eux ont été aussi loin que la Corée.

De pays dévasté par des décennies d’occupation, puis ruiné et divisé par la guerre, la Corée est devenue la quinzième plus grosse économie du monde, un véritable moteur en matière de technologie et de fabrication, un partenaire à part entière des grands Conseils du monde, un important contributeur à la sécurité et à la prospérité internationales, et un exemple positif pour les pays en développement du vingt-et-unième siècle.

On appelle votre succès exceptionnel « le miracle de la rivière Han ». Mais ce n’est pas un miracle. Il s’agit de la résilience, de l’énergie et de la détermination de la population coréenne, et de la valeur fondamentale des principes que vous chérissez.  La liberté. La démocratie. Le libre échange. Des marchés ouverts.

Et aujourd’hui, la Corée est l’un des pays d’Asie les plus engagés au palier international.  L’une des mesures de ce succès est qu’aujourd’hui, la Corée coprésidera le G20 en 2010. Comme l’a dit le Président Lee, vous aspirez à être et je cite, « une
Corée mondiale ».

J’ai parlé de vieilles amitiés et de valeurs partagées. Elles remontent à l’époque lointaine où missionnaires et éducateurs canadiens découvraient votre pays à la fin du dix-neuvième siècle.  Des visionnaires comme James Scarth Gale, qui a ouvert la voie à une plus grande compréhension en créant le premier dictionnaire anglais-coréen et en produisant la première traduction de la Bible en langue coréenne.

Il a été suivi par un autre pionnier, le physicien et éducateur Oliver Avison, l’un des fondateurs de l’Hôpital Severance et de l’Université Yonsei. Et, bien sûr, le grand docteur Frank Schofield, qui s’est rendu en Corée comme biologiste vétérinaire. Il est devenu une voix puissante pour la liberté, la démocratie et les droits de la personne en Corée pendant l’occupation japonaise. En fait, il a embrassé la cause de l’indépendance avec une telle passion qu’il est le seul occidental inhumé dans la section des patriotes de votre cimetière national. Je me rendrai sur sa tombe plus tard aujourd’hui.

Mais notre expérience commune la plus intense a commencé il y a près de soixante ans, lors de ce que nous appelons la Guerre de Corée, et que vous nommez la 6-25 War.  Le même totalitarisme brutal qui a emprisonné l’Europe de l’Est derrière le Rideau de fer et qui a plongé votre pays dans une autre guerre dévastatrice.  Les Coréens étaient montés les uns contre les autres.

Seul le courage du gouvernement et de la population de la libre République de Corée, soutenus par une force multinationale sanctionnée par les Nations Unies, dont le Canada faisait partie, a sauvé toute la péninsule coréenne de l’asservissement. Près de vingt-sept mille canadiens ont participé à ce conflit. Plus de cinq cents furent tués. Et à ce jour, la Bataille de Kap’yong, qui visait à libérer Séoul, est reconnue au Canada comme l’un des moments les plus illustres de notre histoire militaire. 

Depuis, le Canada et la Corée sont de fidèles alliés dans la défense de la liberté et de la démocratie. Nous ne sommes pas un peuple guerrier, mais lorsque la cause est juste et nécessaire, les Canadiens ont toujours répondu à l’appel. Il ne fait aucun doute que la cause de la liberté de la Corée était juste et nécessaire. Et la force des idéaux pour lesquels nous nous sommes battus se manifeste sans l’ombre d’un doute par votre prospérité, alors que le Nord communiste chancèle.

Votre succès en tant que nation rend honneur aux sacrifices des Canadiens qui se sont battus et qui sont morts ici, et justifie l’aide au développement apportée par les Canadiens à la reconstruction de la Corée. Ce qui nous amène à aujourd’hui.

Au cours des décennies qui ont suivi la guerre, le Canada et la Corée sont devenus encore plus proches. Des dizaines de milliers de Coréens ont immigré dans notre pays, ont trouvé des débouchés économiques et ont énormément contribué aux communautés qu’ils ont adoptées. Les quelque deux cent mille Canadiens d’origine coréenne sont très éduqués, et ils réussissent comme gestionnaires et entrepreneurs.

On les retrouve aussi dans le monde du spectacle et du sport. Par exemple, Sandra Oh, fille d’immigrants coréens, a grandi à Ottawa et est devenue l’une de nos actrices de cinéma et de télévision internationales les plus célèbres. Le joueur de hockey canadien Jim Paek fut le premier Coréen à jouer dans la Ligue nationale de hockey, où il a remporté deux championnats de la Coupe Stanley.

Au même moment, le tourisme entre nos deux pays est en plein essor, tout comme la tradition des échanges étudiants. Environ trente mille Coréens étudient à temps plein au Canada, et quelque dix mille Canadiens vivent aujourd’hui en Corée, la grande majorité enseignant l’anglais comme langue seconde.

Estimés députés, Mesdames et Messieurs, ma visite reflète l’engagement toujours plus grand du Canada envers tous les pays de la région de l’Asie-Pacifique. Alors que la puissance économique et la prospérité humaine s’étendent de l’Occident à l’Orient par la mondialisation, le Canada est dans une position stratégique pour englober les deux hémisphères. Notre économie a été bâtie aux dix-neuvième siècle et au début du vingtième, en grande partie par le commerce transatlantique. Mais il est clair qu’au vingt-et-unième siècle, le commerce transpacifique va de plus en plus stimuler notre croissance économique.

Et alors que ces tendances se maintiennent, il est clair que la Corée devrait être l’un des partenaires les plus importants du Canada dans la région. Le Canada a l’énergie et les minéraux dont la Corée a besoin pour alimenter sa croissance future. La Corée a le génie de la fabrication. Le Canada a un secteur de services financiers de classe mondiale. L’industrie coréenne a besoin d’accès au capital.  Et n’oublions pas que la distance qui sépare les ports de la Porte de l’Asie-Pacifique du Canada des principaux marchés de l’Amérique du Nord et de l’Asie est de quelques jours moindre que celle des ports situés plus au Sud.

Les ports de Vancouver et de Prince Rupert. Le Canada est ouvert aux affaires.

Vraiment, il serait difficile de trouver deux pays mieux assortis comme partenaires commerciaux. Ce qui laisse croire que nous pourrions faire plus, beaucoup plus, ensemble.  Bien sûr, il existe des obstacles particuliers, mais notre devoir, en tant que législateurs démocratiquement élus, est de voir les choses dans leur ensemble. Et de représenter les intérêts de tous nos citoyens.

C’est pour toutes ces raisons, nos avantages commerciaux naturels, notre engagement envers des principes économiques éprouvés et notre vieille et profonde amitié, que nous devrions élargir nos horizons. Nous pouvons être le modèle de l’unification des économies de l’Est et de l’Ouest. En d’autres termes, nous pouvons diriger la quête d’un monde plus équilibré, un monde plus équitable et un monde plus prospère pour tous. Le moment d’agir ne pourrait être mieux choisi.

La main invisible du libre marché indique déjà la direction à prendre.  Votre secteur énergétique investit dans nos sables bitumineux. Notre savoir-faire combiné dans la technologie de capture et de stockage du carbone peuvent réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Vos fabricants d’électronique ont des millions de clients canadiens. Nos producteurs agricoles approvisionnent les Coréens en aliments sûrs et de qualité. Et grâce à notre nouvel accord « Ciel bleu », les compagnies aériennes coréennes et canadiennes ont plus de marge de manœuvre pour offrir d’autres services et commodités aux passagers et transporteurs de fret. 

De par tous ces liens économiques, il n’est que logique que nos deux pays œuvrent en vue de la conclusion des négociations de libre-échange afin d’élargir le commerce et l’investissement réciproque.

Mesdames et Messieurs, quand l’économie mondiale est prête pour une autre période de croissance, nous nous devons d’être prêts à en prendre avantage. En préparation de ce jour, unissons nos forces pour une année de leadership historique et allons de l’avant. J’ai l’assurance que 2010 sera l’année où le Canada et la Corée atteindront un niveau de coopération et d’amitié sans précédent.

Nous sommes déjà des alliés dans le cadre de la mission des Nations Unies visant à sécuriser et à rebâtir l’Afghanistan, et dans la lutte plus vaste contre le terrorisme international. Nous allons aussi continuer à combattre ensemble la dictature communiste anachronique dans le Nord. Les Canadiens ont beaucoup de compassion pour la population de la Corée du Nord, et nous attendons avec impatience le jour de leur libération et de leur réunion avec leurs frères et sœurs du Sud.

En conclusion, j’ai hâte d’accueillir au Canada le Président Lee à l’occasion du Sommet du G20 dont nos deux pays seront l’hôte en juin prochain à Toronto. Et j’ai aussi hâte de revenir dans un an en Corée pour l’autre sommet du G20 qui s’y tiendra. Finalement, nous vous attendons tous et toutes aux Jeux olympiques d’hiver de Vancouver et de Whistler. Les Jeux ont lieu dans moins de trois mois, et l’enthousiasme grandit partout au Canada et dans le reste du monde. Les Canadiens sont très optimistes quant aux médailles qu’ils pourront remporter, mais nous savons que la compétition de l’équipe de la Corée sera dure, en particulier celle de vos patineurs de vitesse exceptionnels et de votre championne de patinage artistique Kim Yu-Na, que nous connaissons très bien car elle s’entraîne à Toronto.

Beaucoup de grandes choses nous attendent. Il ne faut simplement pas oublier qu’on attend beaucoup de ceux qui sont bénis par la chance et la providence. Nous – nos pays – avons un important travail à faire. Merci encore de m’avoir permis de m’adresser à votre Assemblée nationale.

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