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Le PM désigne le 4 mai jour du Centenaire de la Marine canadienne

4 mai 2010
Ottawa (Ontario)
LE DISCOURS PRONONCÉ FAIT FOI

Monsieur le Président Kinsella, monsieur le Président Milliken, monsieur le Ministre MacKay, honorables sénateurs et députés, Vice-amiral McFadden, Contre-amiral Greenwood, membres des Forces canadiennes, Mesdames et Messieurs.

C’est pour moi un immense plaisir d’être ici à la Chambre haute avec nos invités d’honneur ainsi que les membres de l’ancienne Marine royale du Canada et de l’actuel Commandement maritime des Forces canadiennes à l’occasion du centenaire de la Marine canadienne.

En ce jour en 1910 et ici même dans la Chambre haute, le Gouverneur général Earl Grey donnait la sanction royale à la Loi du service naval du Canada. Plus tard, nous soulignerons l’occasion en dévoilant la cloche du centenaire.

Mais d’abord, il faut souligner que la fondation de la Marine royale du Canada a été une véritable réalisation pour notre pays, surtout qu’il a fallu des années pour bien en saisir toute l’importance.
 
Après coup, cela allait de soi, bien entendu. Au siècle dernier, la souveraineté et la sécurité maritime du Canada étaient assurées par la plus grande puissance militaire maritime de l’histoire. La Grande Bretagne régnait sur les mers, y compris les nôtres. Mais à son déclin, et face à la menace grandissante à ses portes, la construction d’une marine hauturière canadienne était devenue essentielle, voire inévitable.

Les Canadiens sont des marins. Nous avons des intérêts dans le monde entier. Nous les avions il y a cent ans, et nous les avons toujours aujourd’hui.

Des intérêts commerciaux qui nous poussent à unir nos efforts à ceux des autres pays en vue de lutter contre la piraterie au large des côtes de la Somalie.

Des intérêts humanitaires qui nous ont amenés à aider Haïti dévasté par un séisme.

Et surtout, des intérêts en matière de sécurité.

Les trois quarts de la population mondiale vivent à moins de 200 milles marins d’une côte. Nous n’avons peut-être aucune ambition territoriale, mais comme nous l’avons appris, ce qui se passe dans ces parties du monde peut nous toucher directement.

Le Vice-amiral McFadden, commandant du Commandement maritime, résume bien la situation : " les océans ne protègent plus le Canada des événements qui se produisent à l’autre bout de la planète. Ils créent plutôt de vastes et complexes réseaux politiques, économiques, financiers et sociaux qui font de toutes les populations nos voisins ".

Je sais qu’au cours du siècle de service de la Marine, plus de six cents navires de guerre ont quitté nos ports, portant tous fièrement le préfixe N-C-S-M, pour Navire canadien de Sa Majesté. Au nom du Canada, les hommes et les femmes qui ont navigué à leur bord se sont forgés sur tous les océans une réputation de courage, d’excellence et de professionnalisme.

Au cours de la Première Guerre mondiale, ils ont défendu nos côtes.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, lors de la bataille de l’Atlantique, ils ont mené un combat féroce contre les sous marins allemands. Malgré le lourd tribut qu’ils y ont payé, ils ont pu garder les lignes de navigation ouvertes pour les convois de soldats et d’approvisionnement qui ont contribué ultimement à la chute des nazis. Dans la Manche, ils ont participé aux opérations de déminage et de destruction des destroyers allemands. Le jour J, ils étaient présents. Dans l’océan Pacifique, aussi. En fait, le dernier Canadien à avoir été décoré de la Croix de Victoria fut le pilote Robert Hampton Gray, tué au moment de couler un destroyer japonais tout juste avant la fin de la guerre.

Mesdames et Messieurs, entre 1939 et 1945, la Marine royale du Canada a perdu en tout plus de 2 000 hommes au nom de la liberté. Elle a également perdu 24 navires de toutes tailles, d’un petit yacht armé baptisé Raccoon, torpillé dans le fleuve Saint-Laurent en 1942, jusqu’au gros destroyer Athabaskan, coulé dans la Manche en 1944.

Malgré tout, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, notre Marine était la troisième du monde.

Ses membres ont servi pendant la guerre de Corée, lors de missions de maintien de la paix partout sur la planète, dans le golfe Persique lors de la mission en Afghanistan.

Ils ont également servi dans l’Arctique et dans les Caraïbes. Bref, chaque fois qu’il faut répondre à un appel.

Quant à moi, j’ai à de nombreuses occasions eu le bonheur d’être témoin de l’hospitalité légendaire de la Marine.

Mesdames et Messieurs, en un petit siècle, nos marins ont établi une imposante tradition de service et d’héroïsme. Une tradition à nulle autre pareille,  parmi des marines beaucoup plus anciennes et, dans certains cas, beaucoup plus imposantes.

Et les Canadiens et les Canadiennes réalisent maintenant que notre mode de vie, notre commerce, notre sécurité et notre capacité à influencer les événements dépendent en grande partie des hommes et des femmes de la Marine canadienne, et des navires sur lesquels ils naviguent.

Il en va ainsi depuis 100 ans et il devrait en être ainsi de mon vivant.

Dernière chose, nous reconnaissons et apprécions les immenses sacrifices, y compris l’ultime sacrifice, que consentent, au plan personnel et familial, nos marins de tous grades. Je me joins à vous tous pour pleurer la perte du Maître de 2e classe Craig Blake qui a perdu la vie à des centaines de kilomètres de la mer en servant son pays en Afghanistan.

Nous saisissons donc l'occasion offerte par ce centenaire pour leur témoigner notre respect de trois façons uniques.

Nous allons créer un insigne pour reconnaître officiellement le long service en mer.

Et nous rétablissons la boucle d’officier pour redonner aux officiers le sentiment d’identité perdu lors de l’unification des trois services aux termes de la Loi sur la Défense nationale de 1968.

Finalement, j’ai l’immense plaisir d’annoncer que le gouvernement du Canada a désigné, par une Proclamation royale, que ce jour, le 4 mai, marquera le Centenaire de la Marine canadienne.

En cette grande occasion, je tiens à féliciter chaleureusement les anciens combattants de la Marine canadienne et les membres actuels du Commandement maritime.

On me dit que deux mots suffisent : bravo zulu.

Beau travail.

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