3 mars 2011
Toronto (Ontario)
Je remercie la ministre Diane Finley pour sa présentation et pour le travail qu’elle exécute à titre de ministre des Ressources humaines, en particulier relativement à la question qui nous intéresse aujourd’hui.
Je remercie également le sénateur Don Meredith – c’est un plaisir d’avoir un membre du caucus qui comprend ces programmes et qui comprend les communautés auxquelles ils sont destinés.
Je tiens aussi à saluer mes collègues, Dean Allison et Terence Young, ainsi que toutes les personnes qui représentent le programme Passeport pour ma réussite.
C’est un plaisir d’être ici avec vous tous aujourd’hui.
Je suis venu à Toronto aujourd’hui pour faire une importante annonce au sujet d’un programme qui a été lancé près d’ici, à Regent Park, et qui commence maintenant à être offert dans de plus en plus de communautés partout au Canada.
En 1949, au moment de leur construction, les logements sociaux de Regent Park étaient considérés comme un modèle avant-gardiste d’ingénierie sociale. Ce qu’ils ont toutefois démontré, c’est que le gouvernement ne doit pas décider à la place des gens, et d’après moi, il ne devrait même pas songer à le faire.
Pour diverses raisons, ce projet qui s’annonçait prometteur est devenu un quartier défavorisé et il l’est demeuré pendant la plus grande partie du 20e siècle.
Il s’agit malheureusement d’un exemple tragique du fait que, malgré les meilleures intentions du monde, une intervention gouvernementale peut parfois rendre la vie difficile aux gens qu’elle vise précisément à aider.
Comme d’habitude, ce sont les jeunes qui en souffrent. À mesure que les conditions sociales empiraient, les gangs de rue ont envahi le secteur. Alors, en plus de tous les autres problèmes auxquels ils avaient à faire face, les jeunes pouvaient trouver de la drogue à tous les coins de rue.
Il n’était pas facile de garder espoir. Dans le secteur, plus de la moitié des élèves des écoles secondaires abandonnaient leurs études. Ce qui manquait surtout aux jeunes, c’était des modèles de réussite pour les inspirer. Ce qu’il fallait pour briser le cycle de la pauvreté, c’était une voie de sortie vers un avenir meilleur.
Je m’arrête ici pour faire une observation : les problèmes gouvernementaux sont rarement réglés par le gouvernement. Tout ce travail revient habituellement à des bénévoles dévoués, comme c’est arrivé ici à Regent Park.
En 2001, le centre de santé communautaire Regent a lancé Passeport pour ma réussite, un nouveau programme innovateur qui allait bientôt changer d’innombrables vies.
Il s’agissait du premier jalon de la restauration de Regent Park, une mesure soutenue par notre gouvernement dans le cadre du Plan d’action économique du Canada. Nous remplaçons la piscine intérieure Lord Dufferin, nous réparons le centre récréatif Regent Park North, nous remettons en état le centre de la jeunesse Cabbagetown et nous améliorons le terrain de jeu Moss Park.
Ce programme s’ajoute naturellement au soutien que nous accordons à la construction de nouveaux logements modernes et abordables, ce qui améliore le quartier.
Toutefois, dans un quartier défavorisé, le campus d’une université ou d’un collège peut sembler inaccessible, et ce, même si les bâtiments ne se trouvent en fait qu’à quelques coins de rue. Or, le programme Passeport pour ma réussite vise justement à remédier à ce problème qui touche les jeunes, d’abord en réduisant le taux de décrochage scolaire. Puis, au fur et à mesure que le programme s’est développé, en soutenant les élèves pour les aider à franchir l’étape suivante pour fréquenter le campus d’un établissement d’études postsecondaires.
Le programme offre de l’aide pratique, sous forme de tutorat, de mentorat et même d’aide financière. Par exemple, même si c’est difficile à imaginer pour beaucoup de gens, certains jeunes manquent l’école simplement parce qu’ils n’ont pas d’argent pour acheter des billets d’autobus.
Le programme Passeport pour ma réussite a permis de surmonter ce problème grâce à la distribution de billets d’autobus gratuits – conditionnelle bien sûr à la présence en classe. Le tutorat et le mentorat ont aidé les élèves à relever les défis auxquels ils étaient confrontés, que ce soit en classe ou dans la vie en dehors des classes.
Pour de nombreux nouveaux Canadiens, avoir un endroit où aller pour faire leurs devoirs scolaires, et compter sur l’aide d’un bénévole possédant de solides compétences linguistiques, fait une grande différence. Et des bourses d’études postsecondaires aident encore plus de jeunes à se préparer pour mener la carrière de leurs rêves.
Le programme Passeport pour ma réussite donne des résultats. Ce programme réussit là où d’autres ont échoué parce que son exécution ne se fait pas de manière descendante. Il requiert plutôt la participation de la communauté. Le programme a été créé à partir d’une vision. Au lieu de reposer sur une structure bureaucratique, il est soutenu par des bénévoles.
En rendant l’aide financière conditionnelle à la présence en classe, le programme donne aux jeunes le sens des responsabilités. On a ainsi réduit de moitié le taux d’absentéisme.
À Regent Park, le taux de décrochage, qui était d’un élève sur deux, est tombé à un sur dix. Ce n’est pas une statistique, mais plutôt un exemple de réussite, basé sur de nombreuses réussites personnelles.
Beaucoup de diplômés ayant participé au programme ont maintenant terminé leurs études universitaires et redonnent à leur communauté. Ils sont la preuve vivante que le programme fonctionne. En fait, plus de 700 élèves ont suivi le programme.
Parmi eux, citons Kadijo Afrah et Humayun Khan. Humayun a récemment obtenu son diplôme de l’école de commerce Ted Rogers, à Ryerson.
Il a aussi terminé un stage chez Ernst & Young. En reconnaissance de ce qu’il a reçu de la communauté, il s’implique au sein de nombreux groupes dont la Fondation Art de Vivre,
Lead-2-Peace et
Students in Free Enterprise.
Kadijo est arrivée au Canada après avoir quitté la ville de Mogadiscio déchirée par la guerre. Grâce au programme Passeport pour ma réussite, elle a reçu le soutien scolaire dont elle avait besoin ce qui a stimulé son intérêt pour Shakespeare.
Elle en est maintenant à sa quatrième année d’étude à l’Université de Toronto, où elle fait une double majeure en neuro-sciences et en études de la santé. Je suis stupéfait de voir qu’elle trouve tout de même le temps pour faire un peu de théâtre.
Notre gouvernement croit au programme Passeport pour ma réussite et à sa méthode innovatrice consistant à utiliser des bénévoles comme mentors et modèles.
Aujourd'hui je suis fier d’annoncer que le gouvernement fournit un nouveau financement qui permettra au programme Passeport pour ma réussite d’aider un plus grand nombre d’élèves.
Les fonds améliorent le programme aux endroits où il existe depuis longtemps et ils facilitent son expansion de façon à ce qu’il soit offert à 11 communautés en tout, notamment à Verdun, pendant l’année scolaire en cours.
Le programme Passeport pour ma réussite est un bel exemple de la manière dont les initiatives personnelles et le bénévolat local peuvent amener les jeunes à exploiter leur potentiel.
Aujourd’hui, j’ai visité une classe inscrite au programme Passeport pour ma réussite. J’avais tellement entendu parler du programme et de sa réussite à augmenter le taux d’obtention de diplômes que je voulais constater ce succès de mes propres yeux.
Je suis très content de l’avoir fait et d’avoir eu l’occasion de rencontrer de si nombreux jeunes qui vont se dévouer pour améliorer notre pays et pour nos communautés dans l’avenir.
Merci.
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