11 mars 2011
Waterloo (Ontario)
Bon après-midi, mesdames et messieurs.
Merci à Stephen Woodworth et à Peter Braid d’avoir inauguré l’événement d’aujourd’hui. Je tiens aussi à rendre hommage à mes collègues, Harold Albrecht et Gary Goodyear. Ces quatre représentants sont des députés remarquables, mais il faut dire aussi qu’ils forment une bonne équipe, une équipe dont la valeur est encore plus grande que la somme de ses éléments. Ils apportent une contribution au caucus et particulièrement à cette région, alors merci à tous, à vous tous, chers collègues, pour ce que vous faites pour nous et pour les gens d’ici.
Je tiens aussi à remercier nos amis de l’industrie aérospatiale de l’ensemble de la région. Ils font tant, jour après jour, pour que la région, celle de Waterloo, soit une plaque tournante de la technologie de pointe - ce sont des gens comme David Schellenberg de Cascade Aerospace, Jarrad Morden de Nikon Metrology, Jack Curley de Héroux-Devtek et Rob Micoli du groupe Schaeffler. Nous avons aussi ici avec nous des représentants d’organisations à vocation plus générale, qui offrent quantité d’emplois en haute technologie dans la région - de Communitech, Steve Farlow, du Ontario Aerospace Council, Rob Jones et de l’association canadienne de l’industrie aérospatiale, Claude Lajeunesse.
Je tiens aussi, évidemment à remercier Hal Osthus et toute l’équipe présente, nos hôtes chez Virtek Vision. C’est gentil d’interrompre votre travail et de prendre le temps de nous faire visiter vos installations. Quel rassemblement Hal, vos collègues et vos employés ont déployé toute une mise en scène !
Cette technique de traçage de gabarits au laser est tout à fait remarquable. Il s’agit d’une capacité incroyable pour le Canada. Le type de connaissances fondamentales sur lesquelles elle repose, et qui sont tellement concentrées au cœur de ce triangle de la technologie, est très important pour nous au Canada.
Certains diront même qu’il s’agit d’un atout stratégique. Vous savez, quand on parle d’atouts stratégiques, on a tendance à imaginer des biens matériels – réserves pétrolières, flotte de navires, infrastructure sous toutes ses formes, ce genre de choses. Mais quand les autres les ont aussi, ce qui nous distingue – ce qui peut nous donner l’avantage – c’est un savoir pointu, et c’est ce qui m’amène à ce pourquoi nous sommes ici.
J’ai récemment rendu visite à plusieurs entrepreneurs du secteur canadien de l’aérospatiale dans différentes régions du Canada, ce qui m’a ouvert les yeux. J’ai vu que nous possédons ici au Canada des connaissances et une technologie très pointues. Je dois vous dire qu’à titre de Canadien, je suis fier de voir ce dont vous et les autres membres de cette industrie sont capables.
Vous faites partie d’une filière qui donne des produits de haute qualité, construits avec précision, qui doivent non seulement fonctionner, mais fonctionner avec une fiabilité absolue, dans les environnements les plus exigeants.
Permettez-moi de vous poser une question. Si une pièce d’équipement doit fonctionner de manière infaillible, prévisible, fiable, à très haute altitude, à pression très élevée et à des températures plus froides que celles de l’Arctique ou près du point de fusion du plomb, quel genre de personne faut-il pour la fabriquer ?
Il faut des gens qui possèdent des compétences exceptionnelles et qui font preuve d’un engagement exceptionnel. Comme les gens qui sont ici dans cette salle. Donc, en fait, ce sont les gens présents ici dans cette salle qui constituent les atouts stratégiques.
Nous avons maintenant pour vous, mesdames et messieurs, une tâche à la hauteur de vos compétences. Il s’agit de donner à notre gouvernement les outils dont il a besoin pour s’acquitter du devoir premier de tout gouvernement – celui de défendre notre souveraineté.
Il s’agit évidemment du rôle de l’entreprise et de l’industrie dans la construction de l’avion de combat interarmées F-35 Lightning 2. Vous faites partie d’une histoire qui a commencé il y a déjà un bon moment, il y a si longtemps que d’après moi, nos amis de l’opposition – qui formaient le gouvernement à l’époque – l’ont oubliée.
En 1997, le Canada a adhéré à un consortium international en vue du développement du Lightning. Il l’a fait après – je le dis bien, après – avoir examiné à fond les solutions de rechange au remplacement du CF-18, à la fin de la décennie.
Nos prédécesseurs ont choisi le Lightning parce qu’ils le considéraient comme le meilleur avion pour le Canada. Nous avons soutenu cette mesure parce que c’était ce qu’il fallait faire. Malheureusement, nous entendons maintenant au Parlement des hésitations s’exprimer à l’égard de l’achat du F-35. Certains parlent même ouvertement de l’annuler si l’occasion leur en est donnée.
Je ne me le cache pas, il s’agit évidemment d’opportunisme politique. Mais cela ne signifie pas que nous ne devrions pas prendre cette menace au sérieux, ce ne serait pas la première fois qu’un telle menace se concrétise. En 1993, le remplacement des hélicoptères Sea King, dont le Canada avait grand besoin, a été annulé.
Donc, des années et des milliards en deniers publics plus tard, nous ne faisons que commencer à remplacer ces aéronefs. C’était peut-être une bonne stratégie politique à l’époque, mais je peux vous dire que c’était désastreux pour les militaires et pour notre pays. Des pénalités contractuelles, des aéronefs désuets dont la maintenance est coûteuse, des frais de maintenance qui augmentent sans cesse, des débouchés perdus pour des entreprises et des travailleurs canadiens – en voilà les conséquences dans les 20 années qui ont suivi. Nous avons fini par devoir acheter de nouveaux hélicoptères de toutes façons.
Aujourd’hui, la résiliation du contrat des F-35 serait tout aussi désastreuse pour le Canada. Elle serait désastreuse pour les hommes et les femmes de la Force aérienne du Canada, pour l’industrie aérospatiale du Canada et pour l’industrie de la haute technologie, à laquelle vous appartenez tous.
Encore une fois, il faudrait non seulement des dépenses supplémentaires pour trouver une solution de remplacement – dans le cas présent un deuxième aéronef – aux CF-18, mais il faudrait aussi envisager la perte d’une somme pouvant atteindre 12 milliards de dollars en débouchés pour des entreprises canadiennes.
Depuis 13 ans, sous un gouvernement libéral ou conservateur, le Canada a participé à fond au développement, à la conception et à la production initiale de cet aéronef de calibre mondial. Divers gouvernements, à commencer par nos prédécesseurs, ont déjà engagé 400 millions de dollars des contribuables dans le développement de cet aéronef.
Le prototype vole. Son seul et unique concurrent est maintenant un artéfact immobile exposé dans musée en Floride. Alors, quand des gens ont l’audace de parler d’annuler le contrat, quelle solution de rechange proposent-ils exactement ? Rien ? Ce n’est pas une option. Ce n’est ni une option pour la Force aérienne, ni pour l’industrie canadienne de l’aérospatiale.
Je veux en dire un peu plus au sujet du rôle de cette industrie et de cet appareil. Le programme des F35 est le plus vaste programme de coopération entre les alliés depuis la Deuxième guerre mondiale.
Sa production en série, littéralement à des milliers d’exemplaires, donnera des emplois spécialisés dans ce secteur à une génération, et potentiellement des milliards de dollars au niveau de la production et de la maintenance par la suite. Mais c’est uniquement à la condition d’acheter cet appareil, c’est seulement si nous faisons partie du consortium et si nous travaillons de l’intérieur. De l’extérieur, si les contrats sont résiliés, n’y comptez pas.
Notre Force aérienne a besoin du F35. Chaque fois que nous demandons à la Force aérienne d’intervenir, elle a besoin de ses capacités remarquables. J’ai appris une chose au cours de mes années en politique : peu importe ce que les partis disent des achats militaires, peu importe ce qu’ils disent de nos militaires, les politiques, tous partis confondus, n’hésiteront pas une seconde avant de demander aux hommes et aux femmes qui portent l’uniforme de participer à des missions difficiles et dangereuses chaque fois qu’il le faut. Ils n’hésiteront pas. Lorsque la situation se présentera, nous serons sûrs que ces hommes et ces femmes en uniforme disposeront des appareils modernes dont ils ont besoin.
Donc, nous allons faire notre part. Nous allons protéger les hommes et les femmes de notre Force aérienne. Nous allons aussi vous protéger, vous qui représentez les plus de 80 000 travailleurs hautement qualifiés. Ce sont des emplois haut de gamme pour des travailleurs hautement qualifiés comme vous qui forment le secteur canadien de l’aérospatiale. Nous allons favoriser au Canada le genre de connaissances et de compétences nécessaires pour qu’un pays industriel, moderne, reste compétitif. Nous allons faire notre part et je sais que je peux compter sur vous pour faire la vôtre, pour que les membres de la Force aérienne puissent s’envoler, faire du bon travail et revenir chez eux le plus rapidement et le plus sûrement possible.
Mesdames et messieurs, j’ai beaucoup aimé ma visite chez vous aujourd’hui. J’apprécie toutes ces visites et je tiens à vous dire à tous que nous avons la ferme intention de vous tenir tous occupés. Je veux aussi vous remercier de ce que vous faites pour notre pays.
Merci.
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