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Le Premier ministre s'adresse au Conseil des affaires canadiennes-américaines et à l'Association canadienne de New York

17 septembre 2009
New York, New York
LE DISCOURS PRONONCÉ FAIT FOI

Bonsoir, Mesdames et Messieurs. Je tiens tout d’abord à remercier Marie-Josée Kravis pour cette aimable présentation. Je salue l’ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis, Gordon Giffin, et le consul général du Canada présent ici à New York, Dan Sullivan.

Je salue également Kelly Johnston, président du Conseil des affaires canadiennes-américaines, et John Moore, président de la Canadian Association of New York. Je tiens à vous remercier tous les deux, ainsi que les membres distingués de vos organismes respectifs, de m’accueillir ici ce soir. Je tiens tout particulièrement à souligner votre apport à la consolidation des relations entre le Canada et les États-Unis.

Non seulement s’agit-il du partenariat commercial bilatéral le plus important de l’histoire de l’humanité, et de l’une des alliances les plus durables, mais c’est aussi une profonde amitié qu’on ne retrouve nulle part ailleurs dans le monde. Il s’agit d’une relation très étroite, quasiment familiale. Or, comme toute relation, la nôtre exige une attention constante, et repose sur le dialogue et la bonne entente. Je félicite donc vos deux organismes des efforts continus déployés pour renforcer les liens qui nous unissent.

Je me réjouis d’avoir l’occasion de m’adresser à vous en cette période des plus exceptionnelles de notre histoire économique. Étant diplômé en économie, j’ai passé ma jeunesse à étudier les puissantes forces économiques qui façonnent nos vies et notre destin. La première récession mondiale du 21e siècle nous aura appris quelques nouvelles leçons ou, comme je suis porté à le dire en tant qu’économiste, nous aura rappelé d’anciennes leçons concernant ces forces. Partout dans le monde, les gouvernements, les décideurs et les dirigeants d’entreprise font le point sur ces leçons, et tirent les conclusions qui orienteront nos actions futures. À l’heure du bilan, j’aimerais attirer votre attention sur l’expérience du Canada. Permettez-moi de résumer la situation.

Aucune des origines de la récession n’est attribuable au Canada. Le Canada, malgré les importantes répercussions subies, sort de la récession mondiale en position de force. Malgré la turbulence des derniers mois, la situation des banques canadiennes est stable. Nos activités commerciales sont en croissance. Nos mesures de relance donnent des résultats. Les impôts sont en baisse. Notre situation financière à long terme est assurée. Et nos actifs économiques globaux demeurent intacts. Si nous maintenons le cap, l’avenir du Canada sera plus prospère que jamais.

Mesdames et Messieurs, notre solide position se fonde sur de sains principes économiques. Le gouvernement conservateur est résolu à promouvoir l’ouverture des frontières et le libre marché, tout en sachant qu’un tel marché requiert une réglementation prudente et transparente ainsi que des mesures de surveillance. Au fil du temps, le libre marché se traduit par un engagement à l’égard d’une meilleure cohésion sociale et l’atteinte d’objectifs en matière de responsabilité sociale. Toutefois, cela nécessite une discipline budgétaire à long terme, basée sur des taux d’imposition faibles et prévisibles. C’est cette approche qui oriente nos actions depuis notre arrivée au pouvoir, il y a près de quatre ans. Certes, d’abord et avant tout, le Canada a toujours un rôle à jouer dans l’économie internationale. Ainsi, permettez-moi simplement de faire quelques observations sur la situation à l’échelle mondiale.

Selon moi, bien que nous constations tous des signes encourageants, la reprise mondiale demeure précaire. Pour l’instant, elle n’est pas entièrement assurée pour aucun d’entre nous. Cependant, il y a de la lumière au bout du tunnel, si nous établissons clairement la voie à suivre et maintenons le cap. Nous devons donc continuer d’axer nos efforts sur l’économie. C’est le message que j’ai livré à Washington cette semaine, et celui qu’adressera le Canada aux représentants du G-20, à Pittsburgh, la semaine prochaine. Les pays du G-20 doivent poursuivre leurs efforts pour redresser le secteur financier. Des actifs toxiques demeurent présents au sein du système financier international et doivent être éliminés. Là où le système a révélé des failles, de meilleurs systèmes de surveillance nationaux doivent être mis en place, et il importe d’établir un processus d’examen par les pairs à l’échelle internationale pour évaluer les réglementations nationales. Nous ne pouvons pas nous permettre de répéter les erreurs qui ont failli créer un effondrement financier mondial il y a un an. Voilà ce qu’a affirmé le président Obama ici même à New York il y a quelques jours, et je partage son point de vue. Nous devons poursuivre nos efforts concertés pour contrer les tendances protectionnistes et favoriser la croissance des échanges commerciaux. Et nous devons également continuer de mettre en œuvre des mesures de relance, jusqu’à ce que nous observions une hausse appréciable des investissements privés. Parallèlement, des plans doivent être mis en place pour réduire la dette et le déficit élevés du gouvernement, afin que l’investissement de capitaux dans le secteur privé ne soit pas supplanté.

J’ai mentionné que le Canada, même s’il a été grandement touché par la récession mondiale, demeure en assez solide position. Comme Marie-Josée l’a mentionné, parmi les principaux pays industrialisés, le Canada a été le dernier entraîné dans la récession mondiale. Jusqu’à la fin de l’été dernier, notre économie était en croissance : notre taux de chômage était faible, l’emploi était à la hausse en chiffres nets et le gouvernement enregistrait des excédents. Notre économie était forte, mais nous avions évité les effets de certains excès, soit les « bulles spéculatives » dans les secteurs du logement, de la consommation et des finances. Vers la fin de l’automne dernier et au début de cette année, le Canada subissait les répercussions de la récession mondiale, surtout dans le secteur des exportations.

Or déjà, au deuxième trimestre de cette année, nous avons constaté des gains importants sur le plan des investissements en immobilier et des dépenses de consommation, particulièrement en ce qui touche les ventes d’automobiles. En juin, selon les plus récentes données, l’économie du Canada avait augmenté légèrement, permettant ainsi au pays de renouer avec une croissance positive. On prévoit que cette tendance se maintiendra d’ici la fin de cette année et au cours de l’année prochaine. En août, contre toute attente, le Canada a enregistré une augmentation nette du nombre d’emplois, grâce à la création de près de 50 000 nouveaux emplois dans le secteur privé. Les mises en chantier d’habitations au Canada ont également surpassé les prévisions en affichant une hausse de 12 % en août.

Maintenant, comme je l’ai dit, ces signes encourageants ne sont que la manifestation d’une reprise précaire. Un trop grand nombre de Canadiens et de Canadiennes sont toujours sans emploi et connaissent de dures épreuves. Toutefois, proportionnellement, nos pertes d’emplois ont été inférieures à la moitié du nombre d’emplois perdus aux États-Unis au cours des 18 derniers mois. Le taux de chômage au Canada est maintenant inférieur d’un point de pourcentage à celui des États-Unis, pour la première fois depuis plus de 30 ans. En fait, toutes proportions gardées, les effets de la récession ont été moins importants au Canada que dans la plupart des pays développés. Cette situation repose sur de nombreux facteurs complexes. Elle résulte certainement des forces fondamentales du Canada. Pour paraphraser Warren Buffet, c’est à marée basse que la crise a révélé ceux qui se baignaient nus. Et il s’est avéré que non seulement le Canada ne nageait pas à découvert, mais qu’il était le meilleur nageur.

Tout d’abord, les institutions financières du Canada, les banques canadiennes en particulier, sont solides. Grâce à leur saine gestion et à notre système de réglementation financière prudente et relativement souple, les banques canadiennes n’ont presque pas touché aux prêts hypothécaires à risque ni aux titres hypothécaires. Elles sont restées bien capitalisées, stables et sûres. Aucune n’a eu besoin d’un plan de sauvetage. Quand les banques canadiennes ont ressenti les effets du resserrement du crédit à l’échelle planétaire, notre gouvernement a travaillé avec elles à accroître les liquidités et à assurer l’accès au crédit pour les consommateurs et les entreprises canadiennes. Mais sachez clairement que notre gouvernement n’est propriétaire d’aucune banque commerciale. Le secteur bancaire est entièrement privé. En fait, trois des dix premières banques en Amérique du Nord sont aujourd’hui canadiennes. Notre part du secteur des services financiers internationaux s’accroît, de même que notre réputation mondiale pour la réglementation prudente de notre système financier. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous coprésidons le Groupe de travail du G20 sur le renforcement d'une saine réglementation et de la transparence, dans le cadre duquel le Canada joue un rôle de chef de file mondial.

La deuxième explication est notre engagement inébranlable à l’égard du libre-échange et de l’ouverture des marchés. D’ailleurs, ce soir à Montréal nous célébrons le 25e anniversaire de l’élection du gouvernement conservateur de Brian Mulroney qui a conclu le premier accord de libre-échange moderne entre nos deux pays, devenu l’ALENA par la suite. Ces accords ont enfin mis un terme à l’ambivalence que le Canada avait témoignée à l’égard du libre-échange durant une grande partie de son histoire. Ainsi, devant la crise économique, ses effets sur le commerce et la montée des pressions protectionnistes, nous avons redoublé d’efforts pour promouvoir les échanges. Nous avons beaucoup insisté sur ce point à l’échelle internationale. Nos mesures de relance nationales ne touchent pas aux approvisionnements nationaux. En fait, elles réduisent de façon unilatérale les droits canadiens. Nous avons aussi cherché activement à conclure de nouveaux accords de libre-échange. Le Canada a conclu huit nouveaux accords commerciaux depuis l’arrivée au pouvoir de notre gouvernement. Et nous avons entamé de nombreux pourparlers, y compris des négociations avec l’Union européenne en vue d’un accord économique historique. Et, cela va soi, nous travaillons assidûment avec la Maison-Blanche et le Congrès afin de préserver le flux des échanges entre le Canada et les États-Unis et de rehausser la sécurité et l’efficacité de nos passages frontaliers.

La troisième raison qui explique que l’économie canadienne ait assez bien résisté est la mise en place efficace de mesures de relance. La première année de la crise – en fait, à l’automne 2007 –, nous avons réduit considérablement les impôts, tout en maintenant l’équilibre budgétaire. Cette mesure a aidé à retarder pendant un certain temps l’entrée en récession de notre économie. Quand la situation s’est aggravée, dans le secteur des exportations notamment, comme je l’ai déjà mentionné, nous avons réagi en engageant des dépenses massives. Nous avons accéléré l’approbation et la réalisation de projets de concert avec les provinces et les municipalités. Notre Plan d’action économique mobilise plus de 4 % du PIB du Canada, ce qui en fait l’un des programme de relance les plus massifs du G-7.

Notre Plan a été mis en place en mars. En juin, 80 % des fonds avaient été versés dans des projets. Notre Plan crée des emplois et préserve ceux qui existent déjà. Il aide les travailleurs et les collectivités les plus durement touchés en prolongeant la durée des prestations d’assurance-emploi et en offrant davantage de programmes d’acquisition de compétences. De plus, il soutient le crédit afin que les consommateurs et les entreprises du Canada aient accès à un financement abordable. Je veux insister sur un point : si les effets de ces mesures se font sentir dans l’immédiat, il reste que les fonds de relance sont consacrés en très grande partie à des investissements pour le long terme. Autoroutes, ports, ponts, postes frontaliers, universités et collèges, recherche-développement scientifique et technique : nous investissons dans l’architecture économique essentielle à la future prospérité du Canada.

Je tiens également à vous assurer que nous avons prévu une stratégie de sortie claire aux fins de ces mesures budgétaires. Premièrement, comme je l’ai mentionné plus tôt, le budget du Canada était excédentaire au début de cette récession, ce qui constituera un avantage énorme au moment d’en sortir. Deuxièmement, comme nous avons mis l’accent sur des projets qui pouvaient être réalisés immédiatement, les dépenses ont été limitées dans le temps. Les fonds de relance prendront fin la deuxième année, au moment où une reprise vigoureuse devrait s’être amorcée.

Cela signifie qu’en dépit de nos dépenses massives, notre déficit est l’un des moins élevés du monde industrialisé. Le ratio de la dette au PIB chez nous, qui était – de loin – le plus faible du G7 au début de la récession, restera – de loin – le plus faible du G7 à la reprise. En fait, il sera moins de la moitié du ratio moyen du G7. Tandis que d’autres pays devront augmenter les impôts et effectuer d’importantes réductions absolues des dépenses publiques, nos impôts vont continuer de baisser pendant que l’équilibre budgétaire se rétablira graduellement. À titre d’exemple, nous avons réduit et continuerons de réduire le taux d’imposition général des entreprises. Il était de 22 %, en fait plus de 22 %, quand nous avons pris le pouvoir. Il est de 19 % aujourd’hui, et il descendra à 15 % d’ici 2012. D’ici l’an prochain, notre taux d’imposition global des nouveaux investissements commerciaux sera le plus faible du G7. Pour ce qui est de l’impôt des particuliers, la journée d’affranchissement de l’impôt survient maintenant 20 jours plus tôt qu’au moment où le Parti conservateur a commencé à former le gouvernement. En fait, le fardeau fiscal fédéral au Canada tombe à son niveau le plus bas en près de 50 ans.

Cette année, notre rendement a hissé le Canada au 9e rang du classement des économies nationales par le Forum économique mondial, alors qu’il était 13e en 2007. Nous arrivons maintenant devant la Grande-Bretagne, la Corée du Sud, Hong Kong et les Pays-Bas. Ces atouts financiers, économiques et budgétaires comparatifs font du Canada un pôle d’attraction mondial pour les investissements. Je dirais même plus, le tremplin pour faire des affaires en Amérique du Nord pour la génération à venir. Mais ce n’est pas tout.

Le Canada possède d’autres attributs dignes de mention : une main-d’œuvre très instruite et mobile et une société multiculturelle et harmonieuse. Cependant, celui dont je veux vous parler surtout est la richesse de nos ressources naturelles, en particulier cette ressource si vitale qu’est l’énergie.  Le Canada compte de vastes gisements de ressources naturelles qui alimenteront la croissance mondiale à venir. Nous sommes le septième producteur de pétrole brut du monde et nous possédons les deuxièmes plus importantes réserves prouvées. Nous sommes le troisième producteur de gaz naturel.  Le troisième producteur d’hydroélectricité.  Le plus grand producteur d’uranium. Et de loin le plus grand fournisseur de tous ces produits de base aux États-Unis. Nous sommes également – et cela est important, car c’est plus qu’une question de volume – le seul fournisseur d’énergie au marché américain qui soit en croissance, stable et axé sur le marché. En d’autres mots, nous ne jouons pas seulement un rôle essentiel dans votre demande en énergie, mais également dans la sécurité de votre approvisionnement en énergie.

Bref, le Canada est une superpuissance énergétique mondiale. Dans le cadre du Dialogue canado-américain sur l’énergie propre, nous collaborons étroitement avec l’administration Obama en vue des réunions de Copenhague sur les changements climatiques. Nous souhaitons mettre au point des technologies énergétiques vertes ainsi qu’une approche nord-américaine sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre afin de devenir une superpuissance de l’énergie verte également.

Maintenant, Mesdames et Messieurs, j’aimerais conclure en faisant observer que les Canadiens sont traditionnellement perçus comme un peuple poli, tranquille et effacé. À mon avis, l’heure n’est pas à la modestie, ainsi que vous l’avez peut-être remarqué. Il y a quelques mois, The Economist publiait un article sur le Canada dont le titre était « Un pays qui a vu juste ». Nous avons tous souffert de la récession économique mondiale, mais la gestion exemplaire de l’économie et du système financier du Canada est une source de juste fierté et une bonne base pour l’avenir. En d’autres mots, le Canada a vu juste.

Le Canada sort de la récession mondiale en position de force, et notre gouvernement ne compte pas dévier des principes économiques sur lesquels repose cette force. Nous sommes également déterminés à apporter une contribution positive et productive à la résolution des difficultés économiques et autres auxquelles le monde est confronté. D’autre part, aucune relation ne nous tient plus à cœur et ne nous rend plus fiers que notre relation avec le gouvernement et avec le peuple des États-Unis. Sur ce, je vous remercie de nouveau de m’avoir invité ici ce soir dans cette magnifique ville.

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