24 avril 2010
Toronto (Ontario)
LE DISCOURS PRONONCÉ FAIT FOI
Bonsoir, Mesdames et Messieurs. Merci, Madame la Présidente Pauline Christian, de votre aimable présentation.
Et merci aux membres de la Black Business and Professional Association de m’inviter à participer aux célébrations de ce soir à l’occasion de la remise des prix Harry Jerome 2010.
Avant de commencer, j’aimerais accueillir le lieutenant-gouverneur de l’Ontario, M. David Onley, le juge en chef Warren Winkler, l’honorable Jason Kenney, ministre de la Citoyenneté, de l’Immigration et du Multiculturalisme, mes collègues du Parlement et, bien entendu, le maire David Miller.
Mesdames et Messieurs, c’est pour moi un immense honneur d’être avec vous ce soir. La liste des lauréats actuels et passés est incroyable; il s’agit presque d’un bottin mondain. Ces Canadiens ont, malgré leurs différences, deux choses en commun : d’abord, un lien plus ou moins éloigné avec le continent africain; ensuite, de l’ambition et de l’énergie. Voilà l’héritage et les qualités que nous célébrons ce soir.
Créés il y a vingt-sept ans au nom de l’un des plus grands athlètes canadiens de tous les temps, les prix Harry Jerome reconnaissent aujourd'hui les réalisations non seulement dans le monde de l’athlétisme, mais dans tous les domaines, comme les arts, les affaires et le service communautaire.
En d’autres mots, les Canadiens d’origine africaine s’imposent depuis plus de 100 ans dans tous les secteurs de l’activité humaine.
Je pense par exemple à l’ancien combattant de la guerre civile américaine, Anderson Ruffin Abbott, qui a été le premier médecin noir du Canada et un membre éminent de la communauté du Sud de l’Ontario, où il a lutté contre la ségrégation scolaire.
Je pense également au cowboy John Ware, une légende dans ma province d’attache, l’Alberta, où il a joué un rôle clé dans la création de l’industrie de l’élevage à la fin des années 1800.
Et qui n’aime pas le grand compositeur de musique jazz et pop du début du XXe siècle, Shelton Brooks, dont la chanson Darktown Strutters Ball fait encore partie du patrimoine musical populaire du Canada?
Ce qui nous amène à notre époque, avec Harry Jerome. Né à Prince Albert et élevé à Vancouver, Harry Jerome a été au cœur de l’athlétisme canadien dans les années 1960. Il a fracassé de nombreux records comme sprinter et a contribué comme administrateur à établir le premier ministère du Sport du Canada. Toutes ses réalisations lui ont valu l’Ordre du Canada. Il est très approprié que son nom soit associé à ces prix. Ainsi, ses réalisations distinguées pourront inspirer les générations qui le suivront.
Vous savez, la liste des réalisations des Canadiens d’origine africaine est longue. Mentionnons la regrettée Miss Lou, Louise Bennett Coverley, surnommée la poète sage et spirituelle, qui, comme je l’ai découvert lors de ma visite en Jamaïque l’année dernière, était aussi aimée dans son pays natal qu’elle ne l’était dans son pays d’adoption, à Toronto.
Mentionnons aussi K’naan, ce musicien canadien d’origine somalienne qui vient tout juste de remporter un prix Juno dans la catégorie artiste et auteur compositeur de l’année. Si vous êtes un amateur de soccer, vous entendrez parler davantage de lui prochainement, puisque sa chanson Wavin’ Flag sera l’hymne de la Coupe du monde de cette année.
Il y a aussi Michael Lee-Chin, brillant homme d’affaires canadien d’origine jamaïcaine et philanthrope reconnu.
Du côté politique, n’oublions jamais Lincoln Alexander, premier député noir du Parlement canadien, ministre du Cabinet fédéral et lieutenant-gouverneur de l’Ontario.
Il y a aussi Don Oliver, un des grands hommes de notre caucus sénatorial, dont nous apprécions la sagesse et les conseils.
Et, bien sûr, n’oublions pas la gouverneure générale du Canada, Son Excellence Michaëlle Jean.
Il y a aussi le Caporal Ainsworth Dyer. Son histoire, quelque peu différente, est aussi triste que noble. Le Caporal Dyer était un jeune et courageux parachutiste. Il a servi notre pays en Bosnie. Le 18 avril 2002, ce jeune homme exceptionnel originaire de Regent Park, qui se trouvait alors en Afghanistan, a fait l’ultime sacrifice. Nous avons parlé ce soir de la contribution de la communauté noire à notre pays. On ne peut donner plus que le Caporal Dyer. C’est un véritable héros canadien.
Comme ce petit échantillon de remarquables Canadiens le suggère, ce que nous appelons de façon générale la communauté noire du Canada tire son existence de plusieurs époques, pays et cultures.
Et c’est à notre avantage. En effet, le Canada a considérablement bénéficié de ce vaste éventail de traditions ethnoculturelles. Chaque communauté contribue à la diversité culturelle du Canada, l’une de ses plus grandes forces dans notre univers mondialisé.
Et chaque communauté culturelle jouit des libertés et des possibilités qui, depuis des siècles, font du Canada un phare d’espoir pour les pauvres et les opprimés du monde entier. Or, il ne faut pas en déduire qu’au cours des quarante dernières années, l’intégration des immigrants noirs d’origine africaine ou caraïbe s’est faite sans heurts. Chaque vague d’immigrants a eu ses difficultés d’adaptation. Vous auriez certainement des histoires à raconter à ce sujet. Cependant, notre gouvernement a lancé une série d’initiatives conçues pour aider les immigrants à s’épanouir au rythme de la vie canadienne. Les réfugiés de pays aussi éloignés que le Soudan et Haïti vous le diront : notre gouvernement les aide tout d’abord à venir ici.
Selon nous – et je sais que la BBPA est du même avis –, la sensibilisation est la clé du succès, d’une intégration réussie et de l’utilisation de tout le potentiel qu’offre la citoyenneté.
C’est pourquoi nous offrons un soutien financier considérable au programme Passeport pour ma réussite qui est extrêmement efficace et qui a été fondé ici même à Toronto. Exécutés en collaboration avec les gouvernements, le milieu des affaires et les groupes communautaires, les programmes de ce genre sont très efficaces pour sortir les gens de la pauvreté, aider les immigrants à s’adapter à leur nouveau pays et offrir de meilleures possibilités pour les jeunes à risque que celles offertes par les grandes approches bureaucratiques et dirigées par l’État employées dans le passé.
Si les gens de toutes origines et cultures peuvent améliorer leur sort, c’est essentiellement pour une raison : au Canada, la valeur personnelle et les actes comptent plus que les gens que l’on connaît ou les origines.
Nous reconnaissons le potentiel de chaque être humain. Tous ceux qui partagent nos valeurs fondamentales, soit la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit, tous ceux qui respectent ces valeurs et qui y aspirent ont ce qu’il faut pour devenir citoyen canadien. Voilà pourquoi, Mesdames et Messieurs, ce pays est le meilleur du monde et mérite notre loyauté absolue.
Je souhaite terminer en félicitant, au nom du gouvernement du Canada et de tous les Canadiens et toutes les Canadiennes, les personnes choisies pour recevoir les prix Harry Jerome 2010. Je tiens également à remercier une fois de plus la BBPA de m’avoir invité à cette célébration des réalisations et de l’excellence.
Et je souhaite vous rendre hommage pour ces prix, pour votre fonds national de bourses d’études et pour la contribution formidable que fait votre organisme à notre grand pays.
Merci beaucoup. Que Dieu bénisse le Canada!
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