21 février 2011
Coquitlam (Colombie-Britannique)
Bonsoir Mesdames et Messieurs.
J’aimerais d’abord souhaiter la bienvenue à son Excellence le consul général de la Corée du Sud Choi et, bien entendu, à mes collègues du Parlement du Canada.
Par ailleurs, je souhaiterais remercier en particulier, le ministre Kenney, pour sa présentation. Je crois qu’il convient de souligner le travail incroyable qu’il accomplit pour aider toutes les communautés ethnoculturelles du Canada, et pas seulement la communauté coréenne. En général, les nouveaux Canadiens se sentent chez eux.
Je vous remercie tous de m’avoir invité au lancement de la Fondation Canada-Corée. C’est un grand moment, car je pense sincèrement que cette fondation ne peut que faire progresser la relation entre le Canada et la Corée.
Permettez-moi également de rendre hommage aux anciens combattants coréens et canadiens de la guerre de Corée qui sont avec nous aujourd’hui. Leur présence témoigne de la profonde amitié entre nos deux pays et, plus fondamentalement encore, de notre alliance de longue date pour la défense de la liberté, de la démocratie et de la justice.
Nous avons le ferme espoir qu’un jour la Corée du Nord s’affranchira de la tyrannie. Les citoyens des deux Corées pourront alors vivre en paix et dans la prospérité.
Messieurs, je vous remercie de tout ce que vous avez fait il y a 60 ans.
Je voudrais saluer tout particulièrement deux de mes collègues parlementaires qui ont apporté une contribution exceptionnelle aux relations canado-coréennes.
D’abord le vice-président adjoint de la Chambre des communes, Barry Devolin, qui a passé des années en Corée du Sud comme enseignant. En sa qualité de coprésident de l’Association interparlementaire Canada-Corée, il est un des intermédiaires les plus importants du Parlement auprès de la Corée du Sud.
Puis, mon amie et collègue, la sénatrice Yonah Kim-Martin, qui a joué un rôle déterminant dans l’établissement de la fondation. La sénatrice Kim-Martin est la première Canadienne d’origine coréenne à servir à notre Parlement. Et je suis très fier de vous dire qu’elle le fait en tant que membre de notre gouvernement.
Mesdames et Messieurs, l’établissement de la Fondation Canada-Corée ne pouvait pas arriver à un meilleur moment. Quelque 200 000 Canadiens
ont pour ancêtres des gens venus de la péninsule coréenne. Par leur ardeur au travail et leur persévérance, bon nombre d’entre eux ont connu un grand succès et se sont distingués dans les domaines des affaires, des sciences, de la médecine, des arts et des sports ainsi qu’au gouvernement.
Et les directeurs fondateurs de la Fondation Canada-Corée sont une preuve éloquente de cette réussite.
Premièrement John Park. John est président et directeur général de RCI Capital Group, le plus important gestionnaire de capital fourni par des investisseurs immigrants au Canada. Par son leadership, et grâce à son partenariat avec la Banque coréenne de développement, RCI tient lieu d’intermédiaire pour les investissements coréens dans les ressources naturelles et les produits énergétiques du Canada.
Vous savez peut-être que, lors de ma visite en Corée du Sud en 2009, j’ai été le premier premier ministre du Canada à prendre la parole devant l’Assemblée nationale de Corée (Corée du Sud). J’admets que John m’a beaucoup aidé grâce à ses bons conseils et ses connaissances sur le milieu local, il a ainsi largement contribué au succès de ma visite.
Deuxièmement Charles Kim. Charles est président de Trans-Pacific Fibre Inc. et, comme je l’ai été, étudiant de la science lugubre que constitue l’économie. Il ouvre des marchés en Asie pour les produits forestiers canadiens.
Charles a fait ses premiers pas en affaires en vendant du bois d’œuvre à des scieries au Québec et au Nouveau-Brunswick. Les succès qu’il a remportés dans la vente de bois sur le marché de l’Asie-Pacifique lui ont d’ailleurs valu l’un des prestigieux prix Ernst & Young’s de l’Entrepreneur de l’année 2010.
Et enfin le Dr Doo Ho Shin. Le Dr Shin pratique la médecine en Colombie-Britannique depuis 30 ans, tant comme partenaire de B.C. Bio Medical Laboratories Ltd. que comme pathologiste général à l’autorité sanitaire Fraser.
Au-delà de son travail dans le domaine de la santé – et lorsqu’il n’est pas occupé à enseigner le ski ou escalader le mont Kilimandjaro – le Dr Shin s’investit dans sa communauté. Mentionnons notamment qu’il siège au Conseil national des aînés du gouvernement.
Ces hommes accomplis ont déjà énormément contribué à leur communauté et à leur pays, mais ils comptent en faire encore plus grâce à la Fondation Canada-Corée.
Vous avez de grands rêves, et vous avez bien raison d’en avoir. Nous vous souhaitons tous bonne chance dans les efforts que vous déployez pour bâtir et renforcer les relations entre le Canada et la Corée du Sud et pour aider notre gouvernement à écarter tous les obstacles pouvant empêcher le Canada et la Corée du Sud de tirer le maximum de leur amitié, de leur alliance et de leur partenariat commercial.
Pas de doute, nous en avons fait du chemin. Voici quelques faits encourageants.
La Corée du Sud est notre septième marché d’exportation en importance et notre septième fournisseur d’importation en importance.
Le commerce bilatéral entre les deux pays a totalisé 9,8 milliards de dollars en 2010 et a remarquablement bien résisté à la récession mondiale.
Les ressources naturelles ont dominé nos exportations vers la Corée du Sud, et nos exportations de services sont en croissance. Entre-temps, la Corée du Sud nous envoie davantage de produits manufacturés haut de gamme. Ses investissements directs au Canada, qui ne s’élevaient qu’à 400 millions de dollars en 2005, ont explosé pour atteindre 2,7 milliards de dollars en 2009.
Les flux touristiques entre les deux pays sont en forte hausse, au même titre que les échanges pédagogiques. Quelque 26 000 Coréens font des études à temps plein au Canada, tandis qu’environ 10 000 Canadiens vivent actuellement en Corée, où la vaste majorité d’entre eux enseignent l’anglais langue seconde.
Nous avons donc le vent dans les voiles.
La tâche de notre gouvernement, et celle que votre fondation s’est engagée à réaliser, consiste à développer et à améliorer les initiatives que nous avons déjà prises. C’est ce que nous allons faire.
Par exemple, la fondation a élaboré une stratégie de marketing visant à attirer davantage d’étudiants coréens dans les universités canadiennes. Notre gouvernement a investi massivement dans l’infrastructure du savoir, et nous espérons que ces investissements rendront nos universités et nos collèges plus attrayants pour les étudiants internationaux, y compris les étudiants coréens. Nous y voyons d’énormes avantages. Comme l’a judicieusement signalé la fondation, l’augmentation du nombre d’étudiants coréens au Canada ne peut que renforcer les liens sociaux et économiques entre nos deux pays.
Vous plaidez aussi en faveur d’une stratégie énergétique Canada-Corée, ce qui constitue aussi un objectif louable, pratique et réalisable.
Nos deux pays ont déjà pris un engagement envers le développement des énergies renouvelables, et la Corée du Sud considère le Canada comme une source d’énergie à la fois sûre, stable et fiable pour alimenter sa croissance économique. Parallèlement, la Corée a beaucoup à offrir au Canada dans le domaine des technologies d’énergie renouvelable.
À l’évidence, nous avons du travail à faire pour assurer l’accès de la Corée et d’autres marchés de l’Asie-Pacifique à nos abondantes sources de pétrole et de gaz naturel. Mais, d’importantes considérations en matière d’économie et de sécurité énergétique nous poussent à relever ce défi. De plus, les investissements de plus en plus importants faits par la Corée dans le secteur des ressources naturelles démontrent certainement que nous trouverons des solutions. Il s’agit d’un objectif à long terme qui est important pour notre gouvernement.
Il y a deux ans, devant le Parlement de la Corée du Sud, j’ai fait valoir que le pouvoir économique et la prospérité humaine s’étendent de l’ouest à l’est du pays et que le Canada est particulièrement bien placé pour servir les deux hémisphères.
Le commerce transpacifique exercera une influence accrue sur la future croissance économique du Canada.
Il serait difficile de trouver deux pays mieux assortis l'un à l'autre comme partenaires commerciaux que le Canada et la Corée du Sud. La Corée devrait être l’un des plus importants partenaires du Canada dans la région de l’Asie-Pacifique.
Le Canada dispose des ressources dont la Corée a besoin. La Corée excelle dans la fabrication de produits. Le secteur des services financiers canadien est de calibre mondial. L’industrie coréenne nécessite des capitaux, et le voyage par mer de l’Asie aux ports de la porte d'entrée du Pacifique du Canada est plus rapide de quelques jours que celui vers les ports situés plus au sud.
Tous les éléments sont en place. Le Canada et la Corée peuvent servir d’exemple et réunir les économies de l’Est et de l’Ouest.
Ensemble, nous pouvons mener la quête d’un monde plus équilibré, plus équitable et plus prospère. Et notre gouvernement est impatient de travailler avec cette nouvelle organisation, la Fondation Canada-Corée, pour atteindre cet objectif.
Avant de quitter ce podium, j’aimerais vous faire part d’un souvenir de ma visite en Corée du Sud en 2009.
C’est en fait l’un des plus beaux souvenirs de toutes les visites que j’ai effectuées dans le monde.
La Corée du Sud est un pays incroyable, l’un des plus extraordinaires exemples de réussite de l’histoire de l’humanité.
Il est difficile d’imaginer qu’au moment où ces anciens combattants se battaient, ce pays résistait non seulement à un terrible assujettissement, mais il était aussi l’un des pays les plus pauvres de la planète.
Le sombre endroit que j’ai visité nous le rappelle : la zone démilitarisée qui sépare la Corée du Nord et la Corée du Sud.
Il y a de ces endroits dans le monde où les idéologies insensées qui oppriment les peuples sont bien présentes. La zone démilitarisée est l’un de ces endroits. En fait, elle est peut-être l’exemple le plus percutant de ces idéologies.
Du côté sud de la zone, les usines sont florissantes. Des travailleurs vaillants et débordants de santé y fabriquent des télévisions, des ordinateurs, des bateaux, des voitures, des appareils électroniques et tant d’autres produits dont la société moderne a non seulement besoin, mais dont elle tire aussi plaisir.
Au petit matin, les gratte-ciel répercutent les rayons du soleil. Il y a des centres commerciaux et des restaurants. Il y a aussi d’innombrables banlieusards et les embouteillages qu’ils provoquent. Les Coréens du Sud ont non seulement un avenir plein d’espoir, mais leurs conditions de vie actuelles sont bonnes.
De l’autre côté de la frontière, pas très loin en fait, on fabrique des armes nucléaires, mais on ne donne pas à manger au peuple.
Il n’y a pas assez de voitures pour créer des embouteillages. Les gens sont mal nourris et chétifs : ils n’ont rien – pas de richesses, pas de droits et pas d’espoir.
Ces deux pays ont une culture identique et ont pris le départ en même temps. Le Sud a choisi la liberté, le Nord a choisi le communisme. L’un est aujourd’hui un gardien de la paix, l’autre fait preuve d’hostilité et brandit la menace d’une guerre sans fin. L’un est riche, l’autre n’arrive même pas à garder les lumières allumées la nuit.
Il est inutile de s’interroger sur les bienfaits de la liberté. Il suffit d’observer. Je me souviens m’être dit : « Quelle chance pour nous que la Corée du Sud ait choisi la liberté et ait décidé d’être notre ami ».
Je vous félicite encore une fois pour le lancement de la fondation et vous remercie de m’y avoir invité. Je vous souhaite beaucoup de succès dans vos projets.
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