16 février 2011
Ottawa (Ontario)
J’adresse mes salutations au Président Peter Milliken, à la Sénatrice Marjory LeBreton, au Sénateur Meighen et à la famille Meighen, à M. Arthur Milnes, ainsi qu’à tous les parlementaires, des deux chambres, qui sont ici; je salue aussi particulièrement le très honorable Joe Clark.
Mesdames et messieurs,
Les portraits qui se trouvent ici forment une mosaïque de l'histoire canadienne.
Chaque jour, lorsque nous traversons les corridors de l'édifice du Centre, les portraits des anciens premiers ministres nous inspirent le respect et nous rappellent les riches traditions parlementaires qui sont transmises à tous les députés au nom de la population canadienne.
L'histoire de cette merveilleuse galerie remonte à plus de cent-vingt ans.
Le premier portrait, comme il se doit, celui de l’ancien chef, Sir John A. Macdonald, a été dévoilé le jour de son 75e anniversaire. Au fur et à mesure que la collection s’est agrandie, ces merveilleuses œuvres d’art ont littéralement mis notre histoire à portée de la main.
Les cérémonies soulignant chaque nouvelle « pose » sont aussi devenues un important rituel démocratique. Ces célébrations qui ont réuni amis, partisans ou adversaires, ont permis de rendre hommage à la fonction publique et à la continuité de l’une des plus importantes institutions de notre gouvernement national.
Malheureusement, comme l’ont montré les recherches diligentes de M. Milnes, le très honorable Arthur Meighen n’a jamais eu l’occasion d’y participer. Or, lui plus que tout autre aurait aimé y participer, car sa vie publique a touché tant de domaines.
Comme John Diefenbaker l’a dit un jour, Meighen a été le seul Canadien à avoir occupé les quatre les grandes fonctions parlementaires, celles de Premier ministre et de chef de l’opposition à la Chambre des communes et celles de leader du gouvernement et de leader de l’opposition au Sénat.
Le Premier ministre Diefenbaker a aussi été le tout premier d’une longue liste de parlementaires qui ont témoigné de la puissance oratoire d’Arthur Meighen et qui ont qualifié ses allocutions d’inoubliables.
Lester B. Pearson a déclaré un jour que peu de Canadiens avaient surpassé sa vivacité intellectuelle et son bagage intellectuel, ses compétences dans le domaine des travaux parlementaires et par-dessus tout, dans les débats parlementaires.
J’ai essayé de trouver ce que le très honorable Mackenzie King avait dit en hommage à Arthur Meighen, mais tout ce que j’ai pu découvrir, c’est à quel point il redoutait de l’affronter dans le cadre d’un débat.
Quand il est arrivé ici, en 1908, pour représenter Portage-la-Prairie, son potentiel est tout de suite devenu évident.
Sir Wilfrid Laurier savait ce qui s’en venait lorsqu’il a dit, « Borden a enfin trouvé un homme.»
Meighen a été nommé solliciteur général en 1913 et il a assumé la responsabilité de plusieurs importants portefeuilles du Cabinet pendant la Grande guerre. En temps de paix, il a donné suite à la promesse la plus importante de son gouvernement – un programme pour offrir de l’aide aux anciens combattants qui se tournaient vers l’agriculture.
Le 10 juillet 1920, il est devenu le neuvième Premier ministre du Canada et le premier qui venait de l’ouest du Canada. Il n’est pas resté longtemps en poste. Il a perdu aux élections l’année suivante.
Ironiquement, il est resté encore moins longtemps en poste après avoir remporté les élections en 1925 – législature connue pour une série de débats constitutionnels.
Son mandat a été bref, mais son héritage est toujours vivant. Au moment où le Canada cherchait à se tailler une place dans le monde, Meighen a connu une série de succès diplomatiques. Son gouvernement est parvenu à conclure deux traités commerciaux importants avec la France et les Antilles.
Comme Premier ministre, Meighen a donné à notre pays une voix forte sur la scène mondiale. Il a représenté le Canada à la Conférence impériale de 1921.
Il a montré comment la diplomatie canadienne pourrait avoir une influence dans le cadre de sommets mondiaux. Son travail en coulisses a permis de rallier la Grande Bretagne et l’Empire à la position qu’il avait prise au nom du Canada, ce qui a donné lieu à une nouvelle ère de coopération transatlantique.
Au cours de ce voyage, il s’est également rendu en France et a dévoilé la Croix du Sacrifice sur la crête de Vimy.
Sur la crête de Vimy Ride, devant ce monument, il a parlé en termes élogieux des Canadiens qui se sont sacrifiés pour leur Roi et leur pays, en signalant que des érables du Canada étaient plantés un peu partout dans l’espoir de leur donner un meilleur repos sous des arbres qu’ils connaissaient si bien.
L’amour de la langue de Meighen ne se faisait pas seulement sentir dans les discours politiques. Il pouvait citer Shakespeare et d’autres poètes dans le texte. Il était aussi avocat et homme d’affaires, mais c’est le service public qui lui plaisait le plus.
Arthur Meighen a son portrait accroché dans ces couloirs depuis des décennies. Aujourd’hui, il reçoit finalement un hommage tardif qui lui était dû depuis trop longtemps.
Merci.
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