Notre rencontre d’aujourd’hui revitalise notre partenariat stratégique. Les liens entre nos pays ont été tissés, en temps de paix et de guerre, notamment pendant deux guerres mondiales et au cours de presque tous les grands conflits depuis plus d’un siècle, y compris en Afghanistan et en Libye. Ensemble, forts devant l’adversité et les défis, nos pays ont combattu côte à côte contre la tyrannie et pour défendre la liberté.
Notre histoire partagée, notre tradition de démocratie parlementaire, nos valeurs communes et notre partenariat dans les dossiers internationaux sont autant d’éléments qui nous rapprochent. Nous avons l’un et l’autre contribué à faire de nos pays des nations prospères et démocratiques, et ensemble, nous sommes les deux seuls pays à être à la fois membres de l’OTAN, du G8, du G20 et du Commonwealth.
Aujourd’hui, nous nous retrouvons devant deux grands défis : confronter l’incertitude et l’instabilité de l’économie mondiale; appuyer les peuples du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord qui cherchent à bâtir des sociétés inclusives et stables, fondées sur une gouvernance démocratique, le respect des droits de la personne et la primauté du droit.
Alors que nous nous attaquons à ces défis et à bien d’autres encore, nous nous engageons à renouveler notre relation bilatérale. À cette fin, au cours des prochains mois, nous concentrerons notre attention sur la prospérité, la sécurité et la coopération pour le développement.
Favoriser la croissance économique, le commerce et l’innovation
Nous travaillerons ensemble et en collaboration avec le G20 afin de protéger la prospérité de nos deux pays. Nous allons promouvoir rigoureusement les efforts mondiaux en faveur d’une forte croissance à la fois durable et équilibrée, d’une saine gestion financière, de secteurs financiers et de systèmes de réglementation en santé, de marchés ouverts et de réformes structurelles favorables à la productivité. Notre objectif est d’améliorer les conditions économiques mondiales de sorte que le commerce et l’investissement internationaux puissent fleurir.
Nous dirigerons une grande partie de nos efforts vers l’obtention de résultats ambitieux et mutuellement avantageux dans la négociation de l’Accord économique et commercial global Canada–Royaume-Uni. Voilà qui favorisera la croissance économique des deux pays, en stimulant la concurrence, en accroissant les échanges, en élargissant les marchés et en faisant la promotion de l’innovation et des investissements conjoints.
Nous nous réjouissons à la perspective de produire un énoncé commun en matière d’innovation, lequel nous permettra de miser sur les ressources existantes afin de faciliter la collaboration dans le domaine de la recherche appliquée, de stimuler les partenariats de commercialisation et de nourrir la communauté entrepreneuriale de nos deux pays, tout cela en vue de renforcer la croissance économique et de relever les défis mondiaux.
Le cyberespace a le pouvoir de renforcer la croissance économique mondiale. Afin d’en profiter pleinement, nous poursuivrons une approche commune en matière de cybersécurité de manière à élaborer des politiques et des interventions qui soient pleinement compatibles et qui se renforcent mutuellement.
Le Canada et le Royaume-Uni étant des leaders mondiaux en recherche sur la santé, notamment dans le domaine de la médecine régénératrice et en thérapie cellulaire, nous nous appuierons sur les initiatives et mécanismes existants pour stimuler la collaboration, afin de traduire nos connaissances poussées en thérapies salutaires dont pourront profiter les malades ainsi que les établissements et entreprises du secteur de la santé.
Nous encouragerons la création des technologies nécessaires pour produire, à l’échelle industrielle, de l’électricité à partir de l’énergie de la mer. Nous comptons être les premiers pays à passer des projets pilotes de génération d’énergie au moyen des vagues et des marées à l’étude de grandes stations de production d’énergie rattachées à nos réseaux d’électricité.
Protéger nos pays
En collaboration avec nos partenaires afghans et internationaux, nous continuerons à aider à édifier un pays plus viable qui soit mieux gouverné, plus stable et sûr, et qui ne serve plus jamais de refuge pour les terroristes. Grâce à la formation des Forces nationales de sécurité de l’Afghanistan, à la diplomatie régionale et à l’aide au développement, nous voulons que la sécurité en Afghanistan puisse être prise en charge par les Forces nationales d’ici la fin de 2014.
Nous accroîtrons l’interopérabilité entre nos forces de défense et approfondirons la collaboration en matière d’approvisionnement et de moyens, grâce en partie à un protocole d’entente sur la coopération en matière de matériel de défense, aux protocoles d’entente existants et au dialogue « Partenaires pour la défense », qui s’inspire des leçons tirées d’opérations nationales et dirigées par l’OTAN qui ont été menées récemment ou sont en cours.
Nous resserrerons notre collaboration dans la lutte contre le terrorisme, en particulier dans la Corne de l’Afrique, dans le Sahel et en Asie du Sud, y compris nos efforts pour contrer le financement des activités terroristes dans les pays tiers.
Nous poursuivrons des objectifs communs en matière de migration, notamment dans le cadre de la Conférence des cinq pays ainsi que de partenariats d’échange de renseignements biométriques et de prestation de services.
En prenant appui sur l’excellente relation qui s’est établie pendant l’évacuation de nos ressortissants de la Lybie et de l’Égypte cette année, nous améliorerons la collaboration entre nos services consulaires au moyen de plans d’urgence conjoints dans les pays tiers et d’échanges de personnel entre nos centres de crise.
Promouvoir nos valeurs partagées
Nos deux armées ont combattu côte à côte pour protéger la volonté et l’ambition de peuples qui ne pouvaient pas se défendre. Nous avons réussi à appuyer et à défendre le droit des Libyens de choisir leur propre avenir. Nous continuerons à travailler de près avec le Conseil national de transition, que nous reconnaissons comme instance gouvernementale légitime de la Libye, à stabiliser le pays et à instaurer la démocratie.
Ensemble et avec nos partenaires régionaux et internationaux, nous continuerons à appuyer et à encourager les réformes démocratiques amorcées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, lesquelles contribuent à bâtir des sociétés plus stables et inclusives, fondées sur une gouvernance démocratique, le respect des droits de la personne, la liberté de religion, la primauté du droit et des économies à même de répondre aux besoins fondamentaux et aux aspirations de leurs citoyens.
Nous travaillerons à redynamiser le Commonwealth, en nous concentrant principalement sur sa tâche fondamentale qui consiste à promouvoir la démocratie, la bonne gouvernance, les droits de la personne, y compris la liberté de religion, et la primauté du droit. Nous collaborerons en faveur de l’adoption et de la mise en œuvre des recommandations du rapport du Groupe de personnalités éminentes.
Nous protégerons les plus vulnérables en travaillant à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement par la coopération au développement. Nous aurons recours à de l’aide au développement efficace et axée sur les résultats pour résoudre les conflits, améliorer la sécurité alimentaire, favoriser une croissance économique durable, renforcer l’autonomie des femmes et promouvoir la santé des mères et des enfants, notamment grâce à l’Initiative du G8 de Muskoka.
Nous ferons augmenter le nombre de participants à nos programmes de mobilité des jeunes afin de veiller à ce que des liens se tissent entre les prochaines générations de nos deux pays.
Axer notre partenariat sur les résultats
Nous nous engageons, en notre nom et au nom de nos gouvernements, à réaliser les objectifs que nous avons énoncés dans la présente déclaration en matière de collaboration dans les domaines du commerce, de la politique étrangère, de la défense, de la sécurité, du développement et du renseignement.
Nous demandons aux ministres de se réunir chaque année afin de faire le point sur les progrès accomplis et de renouveler les objectifs en vue d’approfondir la relation. Ce document est donc appelé à évoluer en fonction des événements, des défis et des possibilités.
Adopté à Ottawa ce 22e jour de septembre 2011.