Les deux navires perdus, NSM Erebus et NSM Terror, sont ensemble désignés lieu historique national du Canada – seul lieu historique national encore « non découvert ». L’emplacement de ces épaves, et de leur contenu, constitue une source sans précédent d’information sur la recherche du passage du Nord-Ouest, l’exploration du Nord canadien et le sort de Sir John Franklin.
Le NSM Erebus, le NSM Terror et leurs équipages témoignent aussi de l’histoire commune du Canada et de la Grande-Bretagne. Le NSM Erebus et le NSM Terror ont par ailleurs une importance historique et culturelle pour les Inuits locaux dont la tradition orale mentionne ces navires. On pense que l’histoire de la tradition orale inuite et les recherches pourraient être la clé de la découverte des navires perdus.
Il reste très difficile de découvrir l’emplacement du NSM Erebus et du NSM Terror en raison de l’immensité de l’Arctique canadien et des rudes conditions qui règnent souvent dans les eaux nordiques. Ces recherches sont aussi rendues plus complexes par les différents récits du sort des navires de Franklin conservés dans le savoir traditionnel inuit et par les nombreuses interprétations qui sont données à ces récits au sujet de l’emplacement possible des épaves. Un certain nombre de tentatives visant à découvrir l’emplacement du NSM Erebus et du NSM Terror ont échoué jusqu’à maintenant, mais l’étendue du fond marin systématiquement éliminée est de plus en plus vaste, ce qui réduit le champ des recherches.
L’Expédition 2012
L’Expédition Franklin 2012 est dirigée par Parcs Canada, sous la Direction des lieux historiques nationaux et dans le cadre du programme du Service d’archéologie subaquatique. On prévoit que l’expédition prendra 4 à 6 semaines, qu’elle coûtera environ 275 000 $. L’occasion de travailler en partenariat avec un si grand nombre d’organisations permet au gouvernement du Canada de mener des opérations à un coût minime.
L’Expédition 2012 s’inscrit dans le prolongement des levés du Service d’archéologie subaquatique effectués en 2008, en 2010 et en 2011.
Si les conditions climatiques et l’état des glaces le permettent, les recherches s’étendront à la région de l’île O’Reilly, à l’ouest de la presqu’île Adelaide et où la tradition orale inuite situe l’une des épaves, ainsi que plus au nord, dans le détroit de Victoria et dans le détroit d’Alexandra, où l’autre navire serait situé.
L’Expédition Franklin 2012 fait appel à la participation d’un nouveau partenaire du secteur privé – l’Arctic Research Foundation – ainsi qu’au soutien continu du gouvernement du Nunavut, du Service hydrographique du Canada de Pêches et Océans Canada et de la Garde côtière canadienne, du Service canadien des glaces et de la Direction des sciences de la faune et du paysage d’Environnement Canada, de l’Agence spatiale canadienne et du laboratoire de technologie des océans de l’Université de Victoria. Parcs Canada travaille aussi en partenariat avec la Canadian Broadcasting Corporation pour présenter au public cet important chapitre de l’histoire canadienne.
Les principales techniques utilisées au cours de l’Expédition sont le sonar latéral et l’analyse bathymétrique multifaisceaux, auxquelles on a aussi eu recours pour cartographier une grande partie de l’archipel arctique canadien au cours des dernières missions canadiennes, notamment dans l’espoir de découvrir les épaves de l’expédition Franklin. Ces recherches se feront aussi au moyen du LiDAR, une technologie aérienne qui sert à obtenir des données bathymétriques dans des eaux peu profondes, de l’imagerie par satellite et d’un véhicule sous-marin autonome, muni d’équipement analogue de télédétection, fourni par l’Université de Victoria.
Le gouvernement du Canada est le fier intendant du lieu historique national du Canada NSM Erebus et NSM Terror, et il travaille avec le gouvernement du Nunavut et l’association inuite Qikiqtani en vue de la création d’une aire marine de conservation à Lancaster Sound, à l’embouchure est du passage du Nord-Ouest.
Ce document est aussi disponible en inuktitut, à l’adresse :
http://pm.gc.ca/grfx/docs/20120823_BG.pdf