Situé à environ 750 kilomètres au nord de Winnipeg, la York Factory a été fondée en 1684 par les Britanniques comme poste de traite des fourrures, à l’embouchure de la rivière Hayes, qui se jette dans la baie d’Hudson. Cet établissement a servi de quartier général à un vaste empire de commerce de la fourrure soutenu par la population autochtone, et de port où des millions de dollars en marchandises arrivaient au Canada ou en partaient. De 1812 jusqu’aux années 1850, il s’agissait aussi du principal port où arrivaient les immigrants à destination du centre et de l’ouest du Canada. La York Factory a été désignée lieu historique national en 1936 et a fermé ses portes en 1957.
Tout au long de son histoire, la York Factory a été importante pour les Autochtones locaux, dont le rôle était crucial pour la réussite du poste de traite, en raison de leur participation à titre de négociants, de pourvoyeurs et d’ouvriers. Les Premières Nations continuent à s’y rassembler tous les deux ans pour célébrer leur histoire, leur culture et leur attachement traditionnel à cet endroit.
Même si jadis 50 bâtiments occupaient le site York Factory, aujourd’hui, seulement quatre constructions ou aménagements restent visibles – le dépôt, la bibliothèque, ce qui reste d’un magasin de poudre et le cimetière. Tous ces éléments sont menacés par l’érosion due aux marées et par l’érosion des sols limoneux sur lesquels l’établissement est construit. L’emplacement repose aussi sur un pergélisol discontinu qui pourrait être en train de fondre. Si l’érosion se poursuit au rythme actuel, on estime que le dépôt—qui est le plus ancien bâtiment construit au Canada—ainsi que la plupart des ressources archéologiques, pourraient être emportés par la rivière Hayes d’ici 50 à 100 ans.
Dans le cadre du projet « Sauvons York Factory », le gouvernement du Canada cherche actuellement à améliorer le drainage superficiel et le drainage souterrain, à enlever les broussailles qui retiennent la neige et l’eau, pour que le site reste le plus sec possible et pour déterminer s’il est possible d’arrêter la dégradation du pergélisol. Une section de la rive a aussi été enrochée et garnie d’un revêtement de protection pour l’empêcher de s’affaisser davantage et pour ralentir la lente érosion causée par la rivière.
Les résultats de cette initiative continuent à être surveillés et un rapport, qui éclairera les futures décisions, est attendu en 2013.