La bataille de la rivière Lacolle
Le 20 novembre 1812, une attaque nocturne a été lancée contre les positions canadiennes le long de la rivière Lacolle par une force d’invasion formée de quelque 5 000 soldats réguliers et miliciens des États-Unis, sous le commandement du Major général Henry Dearborn. L’objectif des Américains consistait à prendre un poste de garde et un campement autochtone défendant l’accès à Montréal (situés à l’emplacement actuel de Lacolle, au Québec), de même qu’une scierie se trouvant à proximité, plus à l’est, en aval de la rivière.
Le Lieutenant-colonel Charles-Michel de Salaberry était commandant des troupes de la région, qui comprenaient les Voltigeurs canadiens, le 1er Bataillon de la Milice d’élite et incorporée (sous le commandement du Major Pierre Laforce), les Voyageurs canadiens et les guerriers de Kahnawake. Avertis de l’attaque quelques minutes avant qu’elle ne débute, les soldats canadiens et les guerriers autochtones ont tiré profit de l’obscurité et de la neige qui tombait afin de se mettre en meilleure position pour repousser la force américaine. Les Américains, confus quant à la position exacte de leurs ennemis, ont ouvert le feu sur leurs propres compatriotes. Les 40 guerriers autochtones présents ont intensifié le chaos en criant et en tirant dans les airs, ce qui donna aux Américains l’impression d’être assaillis de toute part par une force canadienne supérieure en nombre et les poussa à regagner leur pays dans une retraite précipitée.
Estimant que cette attaque américaine n’était que le prélude d’une invasion majeure du reste de l’armée américaine dans sa province, de Salaberry a pris des mesures désespérées. Sachant que les Américains ne transportaient ni tentes, ni provisions et qu’ils avaient l’intention de se nourrir à même les produits des paysans à mesure qu’ils avançaient dans le Bas-Canada, de Salaberry a fait évacuer la région de Lacolle et détruire les fermes et les maisons que les Américains comptaient utiliser. Ébranlé par l’échec de son attaque nocturne et privé de tout moyen de nourrir et d’abriter son armée, Dearborn abandonna son projet d’invasion. Le gouvernement se hâta d’indemniser les résidents de Lacolle pour leurs biens perdus. Grâce aux sacrifices des paysans et à la détermination d’une petite troupe de soldats du Bas-Canada et de leurs alliés autochtones, la province était sauvée.
La deuxième bataille de Lacolle
Le 30 mars 1814, 4 000 soldats réguliers des États-Unis, menés par le Major général James Wilkinson, ont envahi le Bas-Canada (Québec). Le premier objectif des Américains consistait à prendre un moulin à farine où étaient cantonnés 80 soldats britanniques et qui était situé près de la rencontre des rivières Lacolle et Richelieu. L’Infanterie légère de la frontière des Cantons de l’Est, appuyée par une poignée de guerriers de Kahnawake et sous le commandement de Joseph St-Valier Mailloux, a été la première unité à contrer l’avancée des troupes américaines dans la province. Durant l’échange de coups de feu qui a eu lieu un peu au nord d’Odelltown, l’armée américaine a malencontreusement emprunté la mauvaise route. Pendant qu’ils tentaient de corriger cette erreur, les Américains ont subi une attaque menée par une compagnie des Voltigeurs canadiens et des Grenadiers du Canadian Fencible Regiment. Inférieurs en nombre par vingt contre un, les Canadiens ont reculé vers le nord après avoir ralenti l’avance des Américains et leur avoir infligé des pertes.
En début d’après-midi, les Américains étaient enfin parvenus à atteindre le moulin par l’est et à l’encercler. Les tactiques utilisées par les Canadiens et les autochtones pour retarder l’ennemi avaient procuré aux Britanniques un temps précieux pour dépêcher des renforts. Néanmoins, seuls quelque 400 soldats réguliers et membres de l’Infanterie légère de la frontière étaient présents pour défendre le moulin et un blockhaus en bois rond qui se trouvait à proximité. Les Américains ont fait appel à leur artillerie pour tenter de fracasser les murs épais du moulin en pierres. Dans un geste dramatique, les hommes du 13e Régiment de fantassins britannique ont chargé la position de l’artillerie américaine, avant d’être repoussés. En entendant le bruit des coups de feu, les Voltigeurs canadiens et les Canadian Fencible Grenadiers ayant combattu les Américains plus tôt au cours de la journée ont accouru pour aider à défendre le moulin. En se rendant compte de la menace posée par l’artillerie américaine, les 150 Canadiens fraîchement arrivés ont bravement chargé le canon de l’ennemi et, pendant un instant, sont presque parvenus à le neutraliser, avant d’être forcés à reculer par une infanterie américaine beaucoup plus nombreuse. Entre-temps, une force de relève navale britannique venue de l’Île aux-Noix était arrivée à l’embouchure de la rivière Lacolle et a commencé à bombarder les positions américaines. Incapables de percer les murs du moulin et confrontés à un ennemi revigoré, les Américains ont dû abandonner leur projet d’invasion de la province et repasser la frontière.
Les régiments de l’Armée canadienne qui perpétuent les unités de 1812 ayant participé aux batailles victorieuses menées le long de la rivière Lacolle se verront décerner la décoration d’opération « DÉFENSE DU CANADA - 1812-1815 - DEFENCE OF CANADA », dont ils pourront orner leurs couleurs régimentaires. Ces unités sont :
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Unité historique |
Unité actuelle |
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Canadian Regiment of Fencible Infantry |
Le Royal 22e Régiment |
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Provincial Corps of Light Infantry (Voltigeurs canadiens) |
Les Voltigeurs de Québec |
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Infanterie légère de la frontière |
Le Sherbrooke Hussars |
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1er Bataillon, Milice d’élite et incorporée |
Le Régiment de la Chaudière |
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Corps des Voyageurs canadiens |
Le Canadian Grenadier Guards |