Le PM annonce une entente de principe avec Irving Shipbuilding Inc.

Halifax (Nouvelle-Écosse)
12 janvier 2012

Merci beaucoup à tous. Merci, monsieur le Ministre, Peter MacKay, de cette aimable présentation et de l’excellent travail que vous faites pour les Forces armées canadiennes. Je tiens aussi à profiter de l’occasion pour vous offrir publiquement tous mes vœux à l’occasion de votre récent mariage.

Je salue également tous mes collègues qui sont ici aujourd’hui; premièrement, accueillons en provenance du Nouveau-Brunswick, le ministre responsable de l’Agence de promotion économique du Canada atlantique, l’honorable Bernard Valcourt, et nos députés, le député de Nova-Ouest, Greg Kerr, le député de South Shore-St. Margaret’s, Gerald Keddy, et le député de Cumberland-Colchester, Scott Armstrong. J’adresse aussi mes remerciements à nos hôtes, Jim Irving, Steve Durrell, et naturellement, à toute l’équipe d’Irving Shipbuilding.

Nous sommes réunis aujourd’hui dans ces chantiers navals historiques pour marquer le début d’une nouvelle ère dans la vie de cette industrie et pour prolonger une belle tradition – qui remonte à plus de 200 ans, une tradition qui date d’avant la guerre de 1812, que nous commémorons cette année. Évidemment, à cette époque, Halifax était déjà une importante base navale. En fait, la Marine royale était tellement essentielle à l’économie locale qu’en 1815, lorsque la paix est finalement revenue ici en Amérique du Nord, et en Europe, Halifax a goûté pour la première fois au cycle des hauts et des bas de la construction navale. C’est malheureusement un cycle qui s’est beaucoup répété depuis. Je vais maintenant parler du plan de notre gouvernement.

Notre plan assurera trois décennies de stabilité pour les constructeurs navals de partout au pays, ainsi que pour fournir à la prochaine génération du personnel naval canadien de l’équipement essentiel. Mais laissez-moi vous dire clairement pourquoi l’entente cadre est annoncée ici, avec Irving Shipbuilding. C’est parce que cette entreprise a été le soumissionnaire gagnant, sur la base de ses propres mérites, sans aucune intervention politique.

Si vous lisez les journaux, vous savez que certains acteurs de la scène politique, notamment le chef national du NPD, ne voulaient pas d’appel d’offres. Je comprends qu’il est toujours tentant de faire feu de tout bois avec ces grands projets, mais c’est exactement ce genre de manigances politiques avec des achats militaires qui causent les périodes successives d’expansion et de ralentissement que connaissent trop bien l’industrie et la région. Évidemment, c’est aussi ainsi que notre marine se retrouve avec des navires qui ont presque 40 ans, dont certains auraient dû être remplacés il y a des années.

C’est pourquoi notre gouvernement, dans le cadre de sa stratégie nationale d’approvisionnement en matière de construction navale, a élaboré un processus d’évaluation indépendante. En fait, pour ces contrats, nous avons lancé le processus d’appels d’offres le plus ouvert, équitable et transparent jamais tenu jusqu’à ce jour. Nous nous sommes assurés que tout le monde comprenne bien les règles et, en fait, participe à l’élaboration des règles. On a dit aux lobbyistes de se tenir à distance. Des campagnes publicitaires rusées ont été ignorées par les juges, puis les soumissions ont été évaluées sur la base du mérite et seulement du mérite. Comme votre ministre, Peter MacKay, l’a toujours dit, il suffit d’établir une procédure qui soit équitable, au-dessus de la partisannerie, et nous, ici, dans le Canada atlantique, nous réussirons. Je suis fier de pouvoir regarder dans les yeux tous les constructeurs navals et de pouvoir dire que c’est le mérite et le mérite seulement qui a permis à ce chantier naval de remporter le contrat.

Quand la prochaine génération des navires de guerre de la Marine royale canadienne, de la conception et de la capacité les plus récentes, commenceront à sortir de vos cales de lancement, vous pourrez être fiers de ce que vous aurez accompli. Les constructeurs navals de Halifax ont toujours pris l’initiative en technologie maritime. Ils l’ont fait en 1889 lorsque des chantiers ont ouvert pour la première fois, à la cale sèche de Halifax, et lorsque l’âge d’or de la navigation à voile a cédé le passage aux navires à vapeur en fer et en acier. Ils l’ont fait encore une fois pendant la Première Guerre mondiale, quand Halifax a relevé le défi de reconstruire rapidement ces chantiers après l’explosion de 1917. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, pour soulager les chantiers navals britanniques assiégés, les Néo-Écossais ont commencé à produire de grands navires de guerre comme le célèbre destroyer de la classe Tribal, le tout premier entièrement construit au Canada. Puis, dans les années 1950, lorsque le Canada a assumé son rôle à l’OTAN, c’est ici qu’ont été construits deux des destroyers de la classe Saint-Laurent; ils étaient non seulement construits au Canada, mais aussi conçus au Canada. Il s’agissait de remarquables navires pour leur époque, que les marins surnommaient d’ailleurs des Cadillac.

Pourquoi ?

Parce que c’était les meilleurs. Et les Canadiens avaient raison d’en être fiers.

Et donc, au fil des décennies, les chantiers navals de Halifax se sont modernisés plusieurs fois pour suivre les progrès. Malheureusement, les gouvernements n’ont pas suivi. Depuis la construction des navires de la classe Kingston dans les années 1990, cette communauté et de nombreuses autres communautés reposant sur la construction navale au Canada ont connu le pire du cycle des expansions et des ralentissements. À cause de l’irrégularité des commandes, les chantiers étaient occupés pendant un certain temps, ils devenaient très efficients, pour ensuite réduire leurs opérations ou fermer tout simplement à cause de l’absence de travail. Tout le monde souffre de cette situation. Le Canada perd un atout stratégique vital. Des hommes et des femmes qualifiés perdent du travail bien rémunéré. Ceux qui le peuvent déménagent. Une fois que ces compétences ont disparu, c’est souvent pour de bon. Les communautés qui se vident ainsi peuvent mettre des années à se rétablir. C’est dommage; c’est dommage pour tous, pour les communautés et pour l’industrie, c’est dommage pour la marine, c’est dommage pour le Canada.

C’est pourquoi cette fois-ci, notre gouvernement a lancé sa stratégie à long terme d’approvisionnement en matière de construction navale. Grâce à l’entente cadre que nous annonçons aujourd’hui, la société Irving Shipyards est devenue partenaire du gouvernement du Canada en vue de la construction de navires destinés à la Marine royale canadienne au cours de 30 prochaines années. Cette entente vise à la fois les navires de patrouille hauturière pour l’Arctique que les forces navales de surface. Aujourd’hui à Vancouver, nous allons annoncer une entente analogue avec Seaspan, grâce à laquelle sept navires non combattants seront construits, notamment un brise-glace massif, le John G. Diefenbaker. Mais ce n’est pas tout.

116 autres petits navires seront construits. Les autres constructeurs navals canadiens auront l’occasion de soumissionner pour ces contrats. Et en temps et lieu, il y aura des appels d’offre pour la maintenance, l’extension de la durée de vie, le radoub et la réparation de ces navires. Notre stratégie nationale pour la construction navale est le plus grand investissement dans le matériel jamais entrepris par le gouvernement du Canada.

Quelle est son ampleur ?

La stratégie de notre gouvernement créera environ 75 millions d’heures-personnes de travail partout au Canada pendant 30 ans. La part de ce vaste exercice de construction navale qui sera réalisée dans les Provinces maritimes correspondra, lorsque la production aura atteint son maximum, à quelque onze mille cinq cents emplois directs, des emplois qui se traduiront par une prospérité de l’économie en Nouvelle-Écosse, et par une croissance dans toutes les provinces de l’Atlantique, pendant trois décennies.

Cette prospérité permettra-t-elle d’empêcher les jeunes de quitter le Canada atlantique ?

Oui, elle le permettra.

La porte sera-t-elle ouverte à ceux qui sont déjà partis et qui souhaitent revenir ?

Oui, elle le sera puisqu’il y aura d’autres projets, comme celui du Bas-Churchill. Nous comprenons le potentiel de la région. Il y a une occasion unique d’engendrer une croissance économique à long terme ici, au Canada atlantique. Notre gouvernement y travaille fort.

Maintenant, permettez-moi de conclure en disant que je suis confiant que vous construirez les meilleurs navires de combat jamais vus dans notre pays. Vous les construirez avec fierté, comme l’ont fait vos prédécesseurs. Vous porterez l’innovation et l’excellence en construction navale vers de nouveaux sommets, avec des conceptions canadiennes, et vous équiperez le personnel de la marine avec les navires de grande qualité dont ils ont besoin partout où nous battons pavillon, que ce soit dans l’Arctique ou sous les tropiques – qu’il s’agisse d’offrir de l’aide ou de défendre ce qui est juste. C’est un grand jour, non seulement pour Irving Shipyards, mais aussi pour la Marine royale canadienne et, évidemment, pour le Canada.

Encore une fois, félicitations, à tous. 

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