Le PM prononce une allocution à Guangzhou, en Chine

Guangzhou (Chine)
10 février 2012

Bonsoir mesdames et messieurs. Merci Gouverneur Zhu pour vos salutations et merci ministre Ed Fast pour ces bons mots chaleureux. Gouverneur Zhu, lieutenant-gouverneur Lee, Mme Lee, ambassadeur Zhang, ambassadeur Mulroney, collègues du Parlement du Canada, mesdames et messieurs. D’abord, je voudrais remercier nos amis ici du Conseil commercial Canada-Chine, de la Chambre de commerce du Canada de Shanghai et de la Chambre de commerce du Canada de Hong Kong d’avoir travaillé avec le gouvernement du Canada à l’organisation de ce superbe événement. C’est un grand honneur de prendre la parole devant un groupe aussi impressionnant. Les organisateurs méritent toutes nos félicitations!

Je suis très heureux d’être ici dans la ville historique de Guangzhou, l’une des plus grandes villes de Chine, dont l’histoire est riche de milliers d’années de civilisation, une ville qui possède aujourd’hui une population dynamique et énergique, et dont l’industrie rayonne littéralement dans le monde entier. En fait, toute la province du Guangdong revêt une importance toute particulière pour le Canada. Comme vous êtes nombreux à le savoir, un grand nombre de citoyens canadiens ont des liens familiaux avec cette région. Qui plus est, aucune autre région de la Chine n’a vu autant de ses enfants immigrer au Canada que cette province.

Le Canada a profité énormément de l’énergie et de l’esprit d’entreprise des gens qui sont venus de cette région, et en leur nom, je suis fier de vous transmettre leurs salutations. Permettez-moi simplement de vous présenter mes amis et collègues du Cabinet qui m’accompagnent, les ministres John Baird, Ed Fast, Gerry Ritz, Joe Oliver et Alice Wong. Peut-être devrais-je dire « vous les présenter de nouveau », parce qu’ils sont tous venus dans votre pays auparavant, et certains plus d’une fois. En fait, la ministre Wong, tout comme le lieutenant-gouverneur Lee, est originaire de Hong Kong, une autre grande ville chinoise, d’où sont parties de nombreuses personnes pour venir s’établir au Canada et réaliser de grandes choses.

Et je m’en voudrais de ne pas saluer tout spécialement notre maître de cérémonie, le seul et unique Mark Rowswell ou, comme vous l’appelez si bien, Dashan. Dashan est un remarquable ambassadeur de bonne volonté entre le Canada et la Chine, à qui je suis reconnaissant d’avoir écourté ses vacances pour passer quelques jours en notre compagnie. Je vous assure que nous vous donnerons plus que du bambou au cours des 10 prochaines années. Il y a également une autre personne qui n’en est pas à sa première visite chez vous et que je n’ai vraiment pas intérêt à oublier. Il s’agit de mon épouse Laureen. Laureen et moi avons visité Beijing et Shanghai il y a un peu plus de deux ans.

Vous avez été des hôtes merveilleux lors de nos deux visites ici. Aujourd’hui, nous avons partagé quelques moments avec le secrétaire du parti Wang. Nous avons eu une conversation cordiale et constructive qui contribuera à atteindre notre objectif d’élargir le partenariat économique stratégique que nous partageons avec la Chine.

Depuis notre dernière visite, des progrès considérables ont été accomplis. Nous les avons accomplis parce que, malgré nos énormes différences, nous avons d’importantes similitudes. Nous sommes deux pays tournés vers l’avenir, convaincus que le nouveau siècle nous appartiendra. Nous sommes tous les deux ambitieux, ouverts sur le monde, axés sur le commerce, désireux de renforcer notre partenariat, en fait, de faire passer ce partenariat à un niveau supérieur, parce que le Canada s’est bâti sur le commerce. Et maintenant, plus que jamais, les Canadiens cherchent à diversifier leurs relations commerciales et approfondir leur collaboration ici-même et dans toute cette région. J’y reviendrai tout à l’heure.

Cependant, j’aimerais parler tout d’abord des résultats du travail que nous avons accompli ces dernières années. Au cours de ma visite de 2009, le Canada et la Chine ont signé des accords portant sur plusieurs domaines, notamment le tourisme, les échanges culturels, les changements climatiques, la conservation de l’énergie, les technologies vertes et l’éducation, qui revêt une importance particulière. Après nos engagements de 2009, il y a eu une augmentation remarquable du nombre d’étudiants chinois au Canada. Il n’y a pas meilleur endroit que le Canada pour faire des études. C’est pourquoi plus de 60 000 étudiants chinois fréquentent actuellement les collèges et les universités de calibre mondial du Canada, une augmentation de 35 p. 100 en seulement quatre ans, et leur nombre augmente.

Un autre domaine dans lequel nous avons fait de rapides progrès depuis 2009, c’est le tourisme. Ce secteur a reçu une impulsion toute particulière lors de ma dernière visite lorsque la Chine a accordé au Canada le Statut de destination approuvée. Il y a eu une croissance formidable des voyages. Du mois de janvier au mois d’octobre 2011, le Canada a accueilli plus de deux cent mille visiteurs provenant de Chine, soit une augmentation de presque 25 p. 100 en l’espace d’un an seulement, et nous prévoyons accueillir encore davantage de visiteurs chinois au cours des années à venir. Mais nous ne nous sommes pas arrêtés là. Mercredi, nous avons assisté à la signature de plusieurs ententes de gouvernement à gouvernement. Des ententes portaient sur les transports aériens, l’agriculture, la double imposition. Nous avons renouvelé un protocole d’entente antérieur sur la coopération en matière d’énergie, et nous avons convenu de financer conjointement la science et la technologie, la recherche sur les vaccins humains, ainsi que le transport propre. Et jeudi, nous avons assisté à la signature d’un grand nombre de contrats commerciaux d’une valeur de près de 3 milliards de dollars.

De nombreuses très grandes entreprises canadiennes s’intéressent vivement à la Chine, et à Guangzhou en particulier. Par exemple, la Banque Scotia, l’une des plus grandes banques du Canada, a une présence grandissante en Asie depuis des années. Maintenant, la Banque Scotia vient de conclure un partenariat avec la Banque de Guangzhou. Bombardier, une autre entreprise canadienne très connue, a fourni des voitures et des systèmes de train léger pour les métros de Guangzhou et de Shenzhen. Je pourrais continuer encore, parce que d’autres grandes entreprises canadiennes sont actives dans le Sud de la Chine – le manutentionnaire de grains Viterra dans la province du Guangxi, et Husky Oil, de Calgary, qui a établi un partenariat avec la China National Offshore Oil Corporation, mettant à contribution son expertise de calibre mondial pour explorer et exploiter les gisements pétroliers et gaziers en eau profonde dans la mer de Chine méridionale. En d’autres mots, le potentiel de partenariats en Chine, et particulièrement dans la province du Guangdong, est véritablement au centre de nos visées.

Alors, mesdames et messieurs, lorsque nous disons que nous voulons faire passer le partenariat économique stratégique Canada-Chine au niveau supérieur, cela signifie que nous reconnaissons les grandes synergies potentielles de nos économies et que nous voulons travailler ensemble à réaliser les avantages qu’elles offrent, et, mes amis, laissez-moi vous rappeler les forces fondamentales que le Canada a à mettre sur la table. Les forces du Canada en tant que partenaire sont considérables. Le Canada est une économie développée et un pays avancé sur le plan technologique, et dans le contexte de la crise économique mondiale, il a prouvé qu’il repose sur des assises économiques beaucoup plus solides que la plupart de ses pairs. Par exemple, pour la quatrième année consécutive, le Forum économique mondial affirme que les banques canadiennes sont les plus solides du monde. Parmi les pays du G-7, le Canada maintient le plus faible taux d’imposition global sur les nouveaux investissements d’entreprise et affiche l’un des rapports dette nette-PIB les plus bas, et de loin. Il n’est donc pas étonnant que le magazine Forbes classe le Canada comme le meilleur endroit au monde pour la croissance des entreprises et la création d’emplois. Rien d’étonnant non plus à ce que l’OCDE et le FMI prévoient que notre économie sera encore une fois parmi les meilleures des pays industrialisés au cours des deux prochaines années. Et, bien sûr, le Canada regorge d’abondantes ressources naturelles. Ces ressources naturelles sont des choses essentielles dont la Chine a besoin, et dont elle aura besoin demain pour alimenter la croissance industrielle qu’elle connaît – des minéraux, des denrées alimentaires, du bois d’œuvre, de l’expertise avancée dans un large éventail d’activités et, bien sûr, l’énergie dont dispose le Canada. 

Parlons maintenant d’énergie un moment. Le Canada n’est pas seulement un grand pays commerçant, il est aussi en voie de devenir une superpuissance énergétique. Il dispose de réserves abondantes de presque toutes les formes d’énergie. Et vous savez, nous voulons vendre notre énergie aux gens qui veulent acheter notre énergie. C’est aussi simple que ça. Actuellement, 99 p. 100 des exportations énergétiques du Canada sont destinées à un seul pays – les États-Unis. Il est de plus en plus clair qu’il est dans l’intérêt du Canada de diversifier nos marchés de l’énergie. C’est pourquoi notre gouvernement est déterminé à veiller à ce que le Canada dispose de l’infrastructure nécessaire pour acheminer ses ressources énergétiques vers ces marchés diversifiés. Oui, nous allons continuer à exploiter ces ressources d’une manière responsable sur le plan de l’environnement, mais nous allons également assumer notre responsabilité et faire passer les intérêts des Canadiens devant l’argent et les influences de l’étranger qui cherchent à nuire au développement au Canada au profit de l’énergie importée d’autres parties du monde moins stables.

Alors, mes amis, lorsqu’il s’agit de ressources énergétiques, faire passer les choses au niveau supérieur, cela signifie reconnaître que nous sommes des partenaires commerciaux naturels, et que nous avons intérêt à approfondir notre relation. Nous avons aussi annoncé un accord, dans le prolongement de notre coopération de longue date dans le domaine nucléaire, afin d’accroître l’exportation de l’uranium canadien vers la Chine. Mais faire passer les choses au niveau supérieur signifie davantage que de simplement accroître nos ventes d’énergie. Cette semaine, j’ai été véritablement ravi d’annoncer avec le Premier ministre Wen la conclusion des négociations d’un Accord de protection et de promotion de l’investissement étranger entre nos deux pays. Cet accord procurera une plus grande prévisibilité et une plus grande protection aux investisseurs chinois et canadiens, dans un vaste éventail d’entreprises. Il leur permettra de faire des affaires en toute confiance, il se traduira par davantage d’investissements. En définitive, il créera davantage d’emplois et stimulera la croissance pour les Canadiens. C’est pourquoi les gouvernements canadiens sont à la recherche d’un tel accord depuis près de 20 ans. Il s’agit donc d’un pas en avant historique dans notre partenariat économique et nous allons immédiatement commencer à mettre à profit cette réalisation. Nous nous sommes aussi engagés à passer à la prochaine étape en terminant notre étude conjointe de nos complémentarités économiques, et, à partir de cette étude, à entamer des discussions en vue d’approfondir nos relations commerciales et économiques. En d’autres mots, au cours de cette visite, nous avons non seulement assisté à de grands progrès, mais aussi au début de bien d’autres progrès à venir. Tout cela se traitera dans les hautes sphères où évoluent nos vaillants et dévoués fonctionnaires. Qu’est-ce que cela signifie pour les gens, en Chine et au Canada? Cela signifie tout simplement des débouchés; des débouchés qui se traduiront par de la croissance et des emplois. C’est pourquoi le Canada, sous notre gouvernement, a bâti un réseau de onze bureaux commerciaux en République populaire de Chine. C’est pourquoi vous avez observé une accélération des échanges de haut niveau et c’est pourquoi, dans la logique de notre partenariat stratégique, nous sommes ici aujourd’hui.

Y a-t-il des obstacles? Bien sûr qu’il y en a. Le Canada ne dissocie pas et ne peut dissocier notre relation commerciale de ses valeurs nationales fondamentales. Les Canadiens comprennent que nous avons acquis nos richesses et notre prospérité, largement partagées, non seulement en raison de l’abondance de nos ressources et de notre travail acharné, mais par notre engagement à l’égard de la liberté, de la démocratie et de la primauté du droit et des droits de la personne pour tout le monde. Les Canadiens croient, et ont toujours cru que le genre de relation économique mutuellement profitable que nous recherchons est également compatible avec un dialogue franc et honnête sur des principes fondamentaux comme la liberté de parole, la liberté d’association ainsi que la liberté de religion et de culte, et ils demandent que leur gouvernement et leurs entreprises soient à la hauteur de ces idéaux nationaux dans toutes leurs transactions. Les Canadiens exigent aussi que leur gouvernement se comporte en citoyen mondial responsable dans sa manière d’affronter les difficultés liées à la paix et à la sécurité dans le monde. Chaque fois que nous en avons l’occasion, nous pressons les autres gouvernements, y compris les acteurs de la scène mondiale comme la Chine, de faire de même.

Mes chers amis, en exprimant ces convictions, je vous assure que je n’ai pas la prétention de comprendre entièrement les défis uniques que doit affronter une économie gigantesque émergente comme celle-ci qui connaît une croissance fulgurante. Aujourd’hui, le trajet en provenance de l’aéroport nous offre l’image saisissante de millions de personnes qui améliorent leur vie grâce à l’industrie et à l’investissement. Sans aucun doute, c’est leur façon de se libérer. Je n’ignore pas non plus les indéniables différences qui caractérisent la culture et l’histoire chinoises. Cependant, comme Canadiens, notre propre histoire nous a appris que les développements économiques, sociaux et politiques sont, au fil du temps, inséparables, et nous avons l’intime conviction que les gens de toutes les cultures peuvent être canadiens, profiter de notre société démocratique et participer à tous ses aspects, comme le font aujourd’hui les nombreux Canadiens d’origine chinoise. Par conséquent, dans les relations entre le Canada et la Chine, vous devez vous attendre à ce que nous continuions à soulever la question des libertés fondamentales et des droits de la personne et que nous les défendions avec ardeur tout comme nous serons un partenaire efficace dans notre relation économique croissante et mutuellement profitable.

Mesdames et messieurs, en 2010, nous avons eu le plaisir d’accueillir le Président Hu, à l’occasion de sa visite officielle au Canada. Au cours des deux derniers jours, nous avons eu l’occasion de raviver notre relation ainsi que de nous entretenir avec le Premier ministre Wen, le Président du Congrès national du peuple Wu et le Vice-premier ministre Li. Je suis encouragé par nos discussions, encouragé par le fait que, en cette époque de grandes possibilités, mais également de grands risques pour l’économie mondiale, nos deux grands pays peuvent collaborer dans l’intérêt mutuel de nos populations. Certains feront maintenant observer que, malgré tout ce qui a été accompli, il reste beaucoup à faire pour réellement maximiser le potentiel réel de notre relation. C’est vrai, et c’est pourquoi nous sommes ici, mais j’ajouterais ceci : l’avenir est rempli de promesses.

La Chine a montré au monde comment enrichir une population pauvre, en faisant preuve de frugalité et de diligence et, bien sûr, en adoptant l’économie de marché. Ce message est validé par les résultats, une croissance annuelle moyenne de 10 p. 100 sur 30 ans, en sortant un demi-milliard de personnes de la pauvreté et en devenant une puissance économique de premier rang qui, vraisemblablement, redeviendra sous peu ce qu’elle a été pendant la majeure partie de son histoire, c’est-à-dire la plus importante économie du monde. Le monde est plus accueillant pour une Chine qui favorise le libre-échange au détriment du protectionnisme, pour une Chine qui joue le rôle constructif qu’elle a tenu lors du G‑20 de l’an dernier, et pour une Chine dont la population accorde autant de valeur au progrès social et politique qu’à sa croissance économique. C’est une conviction que nous exprimons avec espoir et optimisme, et en toute amitié.

Mesdames et messieurs, vous avez été extrêmement généreux de votre temps et de votre attention. Laureen et moi vous sommes reconnaissants, bien sûr, de votre chaleureuse hospitalité.

Merci beaucoup.

Xie xie.

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