Déclaration des dirigeants du G-7 concernant l’Ukraine

Ottawa (Ontario)
25 avril 2014

Nous, dirigeants de l’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de la France, de l’Italie, du Japon et du Royaume-Uni, Président du Conseil de l’Union européenne et Président de la Commission européenne, exprimons nos vives inquiétudes concernant les efforts continus perpétrés par les séparatistes, lesquels sont soutenus par la Russie, en vue de déstabiliser l’est de l’Ukraine. Nous réaffirmons également notre engagement à prendre d’autres mesures afin d’assurer un environnement paisible et stable dans le cadre des élections présidentielles du 25 mai.

Nous saluons les mesures positives prises par l’Ukraine en vue de respecter ses engagements pris en vertu de l’Accord de Genève, signé le 17 avril par l’Ukraine, la Russie, l’Union européenne et les États-Unis. Ces mesures comprennent la concentration d’efforts visant la réforme constitutionnelle et la décentralisation, la proposition d’une loi d’amnistie pour les personnes qui quittent pacifiquement les bâtiments saisis dans l’est de l’Ukraine ainsi que l’appui des activités de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Nous soulignons aussi la retenue avec laquelle le gouvernement de l’Ukraine a agi pour ce qui est des groupes armés qui occupent illégalement des immeubles gouvernementaux et mettent en place des points de contrôle illégaux.

La Russie, au contraire, n’a pris aucune mesure concrète venant à l’appui de l’Accord de Genève. Elle n’a pas annoncé publiquement son appui à l’Accord, ni condamné les actes des séparatistes qui cherchent à déstabiliser l’Ukraine, ni demandé aux militants armés de baisser leurs armes et de quitter pacifiquement les immeubles gouvernementaux qu’ils occupent. Elle a plutôt continué de faire monter les tensions en effectuant en permanence des manœuvres militaires rhétoriques et menaçantes de plus en plus préoccupantes à la frontière de l’Ukraine.

Nous réaffirmons notre ferme condamnation de la tentative illégale de la Russie visant à annexer la Crimée et Sébastopol; nous n’en reconnaissons pas la légitimité. Nous donnerons maintenant suite à l’ensemble des conséquences légales et pratiques de cette annexion illégale. Celles-ci visent entre autres les secteurs économique, commercial et financier.

Nous avons décidé d’agir rapidement afin d’imposer des sanctions supplémentaires à la Russie. Étant donné le caractère urgent d’assurer un vote démocratique positif et pacifique dans le cadre des élections présidentielles ukrainiennes du mois prochain, nous nous engageons à intervenir dans les plus brefs délais en vue d’alourdir les sanctions ciblées et les mesures visant à ce que la Russie paie davantage pour ses actions.

Les gestes commis en Ukraine par la Russie ainsi que les interventions effectuées par la communauté internationale ont déjà entraîné des coûts considérables sur son économie. Alors que nous continuons de nous préparer à infliger des sanctions coordonnées plus sévères, dont des mesures sectorielles si les circonstances le justifient, nous soulignons de nouveau que, comme nous l’avons décidé à La Haye le 24 mars, il est toujours possible de résoudre cette crise de façon diplomatique, conformément à l’Accord de Genève. Nous demandons instamment à la Russie de se joindre à nous et de suivre cette voie.