Sommet du G-7 à Bruxelles

Bruxelles (Belgique)
5 juin 2014

Les dirigeants du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Japon, du Royaume-Uni et des États-Unis, le président du Conseil européen et le président de la Commission européenne se sont rencontrés à Bruxelles, en Belgique, les 4 et 5 juin 2014 pour le sommet du G-7.

Lors de la réunion de cette année, les membres du G-7 ont eu l’occasion d’envisager des mesures concertées sur l’économie mondiale, la sécurité énergétique et le développement international.

Ils ont aussi discuté de moyens de préserver et de promouvoir un monde libre, démocratique et pacifique. Pour ce faire, ils ont notamment mis l’accent sur les façons de régler la situation de l’occupation illégale russe en Crimée. En outre, les dirigeants ont discuté d’autres défis en matière de politique et de sécurité, y compris en lien avec la Syrie, l’Iran et la Corée du Nord.

Économie mondiale

Le Canada se réjouit de l’occasion offerte par le sommet tenu à Bruxelles pour discuter d’approches qui permettront de stimuler la croissance et de rendre l’économie mondiale plus résiliente. Il est aussi important de signaler l’engagement collectif du G-7 à l’égard des marchés libres et ouverts et d’un système commercial solide et fondé sur les règles.

Les dirigeants se sont rencontrés à un moment où les perspectives économiques sont positives. On s’attend à ce que les économies des pays membres du G-7 connaissent une croissance cette année. Cependant, bien que la reprise économique porte ses fruits, certains défis persistent. Dans de nombreux pays, la croissance et l’inflation demeurent trop bas, et le taux de chômage, trop élevé. Au Canada, l’économie s’est bien remise de la récession mondiale, mieux que celle de nombreux des autres pays du G-7. Plus d’un million de Canadiens travaillent aujourd'hui alors qu’ils ne travaillaient pas lors de la pire période de la crise économique. En outre, comme c’est annoncé dans le Plan d'action économique de 2014, le Canada rétablira l’équilibre budgétaire en 2015. Cela témoigne de l’engagement indéfectible du Canada à l’égard de la responsabilité fiscale et de la saine gestion économique, principes qui orienteront l’approche du Canada lors des discussions du G-7.

Défis internationaux en matière de politique et de sécurité

Le contrôle illégal de la Crimée par la Russie et les actes d’agression militaire que ce pays continue de perpétrer contre l’Ukraine contreviennent aux principes et aux valeurs sur lesquels se fonde le G-7, y compris à son engagement commun envers la liberté, la démocratie, les droits de la personne et la primauté du droit. Depuis le début de la crise, le Canada et les pays du G-7 dénoncent vivement les actes agressifs de la Russie en Ukraine. Ils ont notamment imposé des sanctions économiques coordonnées et des interdictions de voyager contre des représentants et des entités clés de la Russie et de l’Ukraine qui portent une part de la responsabilité en lien avec l’atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

De son côté, le Canada a imposé des sanctions contre plus de 100 représentants et entités de Russie et d’Ukraine qui sont en partie responsables de la crise. Il a envoyé des centaines d’observateurs canadiens pour faciliter la tenue d’élections libres, équitables et démocratiques en Ukraine. De plus, il verse 240 millions de dollars pour aider l’Ukraine à mettre en œuvre les réformes économiques nécessaires et à promouvoir le développement démocratique et social.

Les discussions tenues lors du sommet de cette année ont mis l’accent sur le soutien accordé au Président ukrainien nouvellement élu et sur les autres mesures qu’il serait possible de prendre pour dissuader la Russie de continuer à occuper illégalement la Crimée et de poursuivre son agression militaire persistante dans l’est de l’Ukraine.

Au-delà de l’Ukraine, les dirigeants ont aussi discuté des moyens de faire face aux défis qui persistent en Syrie, en Iran et en Corée du Nord. Ils ont notamment parlé de la possibilité de mettre fin à la guerre civile en Syrie et des questions en suspens concernant, d’une part, l’engagement de la Syrie à détruire ses armes chimiques et, d’autre part, la situation humanitaire qui s’aggrave dans ce pays et dans la région. En ce qui concerne l’Iran, les dirigeants ont examiné la mise en œuvre du plan d’action commun et ont établi la meilleure façon de contraindre le régime à respecter ses obligations internationales de mettre fin de façon vérifiable à son programme d’armes nucléaires et de mettre un frein aux violations constantes des droits de la personne. Les dirigeants se sont également penchés sur les mesures prises pour contraindre la Corée du Nord à abandonner ses programmes de missiles nucléaires et balistiques et à faire cesser les violations flagrantes et systématiques des droits de la personne dans le pays.

Sécurité énergétique

Les récents événements ont montré qu’il fallait s’attaquer aux problèmes de sécurité énergétique. Dans le prolongement de la réunion des ministres de l’Énergie du G-7 tenue à Rome, en Italie, les 5 et 6 mai 2014, les dirigeants ont réitéré que l’énergie ne doit pas servir de moyen de coercition politique, ni de menace à la sécurité. Ils ont discuté de façons d’améliorer la sécurité énergétique à l’échelle nationale, régionale et mondiale, notamment en diversifiant les combustibles, les sources, et en favorisant l’exploitation de sources indigènes d’approvisionnement en énergie. À titre de grand producteur d’énergie, le Canada peut jouer un rôle clé en soutenant ses partenaires qui cherchent à diversifier leur approvisionnement en énergie. Le Canada peut aussi partager son savoir-faire en matière de consommation et d’exploitation responsables de l’énergie par la technologie et l’innovation et avec des mesures pour accroître l’efficacité énergétique. Les dirigeants ont aussi envisagé des moyens de resserrer la collaboration au sein du G-7 pour que les marchés énergétiques soient ouverts et transparents, pour que l’infrastructure énergétique se développe et se modernise, afin d’acheminer l’énergie jusqu’aux marchés, et pour que les sources d’énergie soient exploitées de manière responsable.

Développement international

Le Canada est heureux du fait que les dirigeants ont également eu l’occasion de discuter des défis en matière de développement; de façon plus spécifique, ils ont discuté de moyens d’accélérer les efforts en vue de réduire le taux de mortalité infantile et d’améliorer la santé des mères. En 2010, le Canada a concentré ses efforts sur le lancement de l’Initiative de Muskoka sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants, qui vise à sauver la vie de 1,3 million d’enfants et de 64 000 mères dans le monde. En vue d’accélérer les efforts entrepris dans le cadre de cette initiative, le Canada a tenu un sommet sur la santé des mères, des nouveau-nés et des enfants à Toronto du 28 au 30 mai 2014. Le sommet Sauvons chaque femme, chaque enfant : un objectif à notre portée a permis de rassembler dirigeants, experts, activistes mondiaux et responsables d’élaborations de politiques pour veiller à ce que la santé des mères et des enfants demeure une priorité mondiale et un élément important du programme de développement au-delà de 2015. Dans la foulée de ce sommet, le Canada a encouragé les autres dirigeants du G-7 à accroître leurs efforts relativement aux engagements pris dans le cadre de l’Initiative de Muskoka.

Tabler sur les sommets précédents

Depuis le sommet de 2013 à Lough Erne, le G-7 a réalisé d’importants progrès dans la mise en œuvre du programme de Lough Erne (commerce, transparence et fiscalité). Au sujet du commerce, les membres du G-7 appuyaient vivement la proposition consistant à renouveler l’engagement du G-20 à maintenir le statu quo pour empêcher la mise en place de mesures protectionnistes. Le renouvellement du maintien du statu quo permet de veiller à ce que les plus importantes économies du monde gardent leurs marchés ouverts. Les membres du G-7 ont également contribué activement aux négociations de l’Organisation mondiale du commerce à Bali, desquelles a découlé un accord commercial solide susceptible d’injecter jusqu’à un billion de dollars américains dans le commerce mondial. Le Canada et l’Europe ont également contribué à l’augmentation des échanges commerciaux en concluant une entente de principe sur les principaux éléments de l’accord commercial entre le Canada et l’UE.

En ce qui a trait à la transparence, le Canada a donné suite à son engagement relativement aux données ouvertes en rendant publics plus de 190 000 ensembles de données du gouvernement. Le Canada progresse également dans la réalisation du plan d’action du G-8 sur la transparence des sociétés et des fiducies. En effet, il a lancé des consultations publiques au sujet de la transparence des sociétés et de la propriété effective dans le cadre d’une consultation publique de plus grande envergure sur la Loi canadienne sur les sociétés par actions. Le Canada est également en voie de mettre au point un nouveau cadre d’évaluation des risques liés au blanchiment d’argent et au financement d’activités terroristes d’ici 2014-2015, conformément à son engagement. En outre, le Canada a fait des progrès en vue d’améliorer la transparence dans le secteur de l’extraction. En effet, il a terminé les consultations publiques sur les exigences obligatoires de production de rapports et est en voie de mettre au point un régime de production de rapports conforme aux normes internationales.

En matière d’impôts, le Canada participe aux négociations de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques pour mettre de l’avant des recommandations concrètes visant à contrer les transferts de bénéfices liés à l’évitement fiscal. Par ailleurs, le Canada aide les pays en développement à mettre sur pied leurs capacités de perception de l’impôt.

Le Canada est également heureux de voir le G-7 continuer de se concentrer sur les engagements des sommets précédents, notamment sur la Nouvelle Alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition, qui cherche à réaliser une croissance agricole soutenue et inclusive ainsi qu’à sortir 50 millions de personnes de la pauvreté, et sur le Partenariat de Deauville, un effort international lancé par le G-8 à Deauville en 2011 pour appuyer les pays du monde arabe qui amorcent une transition vers une société libre, démocratique et tolérante.