Le premier ministre Trudeau assiste à la publication du rapport final de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, à Ottawa. 15 décembre 2015.

Ottawa (Ontario)
15 décembre 2015

Le premier ministre Justin Trudeau a fait la déclaration suivante après avoir reçu le rapport final de la Commission de vérité et réconciliation :

« Le système scolaire des pensionnats indiens, à l’origine d’un des plus sombres chapitres de l’histoire canadienne, a eu un profond impact, durable et nuisible, sur la culture, le patrimoine et la langue des Autochtones. En tant que père et ancien enseignant, ces événements me bouleversent énormément.

« Il y a sept ans, le gouvernement du Canada a présenté ses excuses pour cet horrible système. Ces excuses restent vraies et tout aussi opportunes aujourd’hui. Le gouvernement du Canada « présente ses excuses les plus sincères aux peuples autochtones du Canada pour avoir si profondément manqué à son devoir envers eux, et leur demande pardon ».

« Aujourd’hui, au nom du gouvernement du Canada, j’ai l’honneur d’accepter le rapport final de la Commission. J’ai le très grand espoir que ce rapport et ses conclusions aideront à apaiser la douleur causée par le système des pensionnats indiens et à rétablir la confiance perdue depuis si longtemps.

« Aux anciens élèves des pensionnats indiens qui nous ont fait part de leurs expériences douloureuses, je dis merci pour votre extraordinaire courage et merci d’avoir bien voulu aider les Canadiens à comprendre ce qui vous était arrivé. Comme le gouvernement précédent l’a exprimé de manière si éloquente dans ses excuses officielles : « Ce courage témoigne de [votre] résilience personnelle et de la force de [votre] culture….Le fardeau de cette expérience pèse sur vos épaules depuis beaucoup trop longtemps. Ce fardeau nous revient directement, en tant que gouvernement et en tant que pays. »

« Désormais, l’un de nos objectifs est d’aider à soulager de ce fardeau vos épaules, celles de vos familles et celles de vos communautés. C’est d’accepter pleinement nos responsabilités – et nos échecs – comme gouvernement et comme pays.

« Le moment est venu d’un changement réel et positif. Nous savons que ce qu’il faut, c’est une transformation totale des relations entre le Canada et les peuples autochtones. Nous avons un plan pour que notre relation de nation à nation repose sur la reconnaissance, les droits, le respect, la coopération et le partenariat, et nous le mettons déjà en œuvre.

« Une enquête nationale sur les femmes et les jeunes filles autochtones assassinées ou disparues est maintenant en cours. Les ministres rencontrent des survivantes, des familles et des proches pour leur demander leur avis sur la meilleure manière de procéder. Nous avons aussi réitéré les engagements que nous avons pris de faire des investissements considérables dans l’éducation des Premières Nations et d’éliminer le plafonnement à deux p. 100 pour ce qui est de l’augmentation du financement des programmes des Premières Nations.

« Nous allons, en partenariat avec les communautés autochtones, les provinces, les territoires et d’autres partenaires essentiels, mettre intégralement en œuvre les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation, en commençant par donner suite à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

« Nous reconnaissons qu’une véritable réconciliation dépasse la portée des recommandations de la Commission. J’annonce par conséquent que nous allons élaborer avec les dirigeants des Premières Nations, des Métis, des Inuits, des provinces et territoires, des parties à la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens et d’autres partenaires clés, une stratégie nationale d’engagement, en vue de l’élaboration et de la mise en œuvre d’un cadre national de réconciliation s’informant des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation.

« Le gouvernement du Canada est déterminé à s’engager sur la voie du partenariat et de l’amitié avec les peuples autochtones. Le rapport final présenté aujourd’hui est un véritable jalon sur ce parcours. Encore une fois, je remercie les survivants, leurs familles et leurs communautés pour cet accomplissement monumental qui nous rapproche de l’apaisement et de la réconciliation. Je remercie aussi le président de la Commission, le juge Murray Sinclair, ainsi que les commissaires, le chef Wilton Littlechild et Marie Wilson, qui ont travaillé sans relâche pour faire la lumière sur les pensionnats au Canada. »

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