Vancouver (Colombie-Britannique)
15 novembre 2017

Les conflits violents touchent les femmes et les filles de manière démesurée. Aux mains des groupes armés et des terroristes, les femmes et les filles sont souvent victimes de viol, d’esclavage sexuel, de prostitution forcée et d’autres formes de violence sexuelle. Les survivantes vivent ensuite le reste de leur vie sous le signe de la stigmatisation grave. Elles peuvent se voir ostracisées par leur famille et leur communauté et faire l’objet de représailles.

Les femmes jouent également un rôle crucial dans la défense des droits de la personne et la négociation de la paix. Elles apportent des perspectives et des priorités différentes aux processus de prévention des conflits, de résolution des conflits et de consolidation de la paix. À titre d’exemple, lorsque des femmes prennent part à des pourparlers de paix, elles élargissent la discussion au-delà des intérêts des parties en guerre et militent en faveur d’une paix plus équitable. Pourtant, les femmes ont rarement les moyens de prévenir, de gérer et d’éliminer un conflit.   

Les objectifs sur les femmes, la paix et la sécurité – inclus dans diverses résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies – appellent la communauté internationale à promouvoir la participation significative des femmes à tous les efforts de paix et de sécurité. Ils demandent le respect complet des droits des femmes et des filles, la prévention de la violence sexuelle et fondée sur le sexe dans les conflits, l’atteinte de l’égalité des sexes et l’intégration de perspectives tenant compte des différences entre les sexes dans l’ensemble des activités de paix et de sécurité. À ce jour, 69 pays ont établi des plans d’action nationaux sur les femmes, la paix et la sécurité.

Plan d'action du Canada sur les femmes, la paix et la sécurité

Le Canada sait que la paix durable nécessite la pleine participation des femmes et des filles à la prévention et à la résolution des conflits. Leur participation active présente des occasions uniques de créer des sociétés égalitaires et pacifiques.

Le Canada a lancé son premier plan d’action national en 2010 pour la période s’étalant de 2011 à 2016, et a déposé cinq rapports d’étape annuels au Parlement.

Le Canada a maintenant lancé son deuxième plan d’action sur les femmes, la paix et la sécurité, cette fois-ci pour la période de 2017 à 2022. Il est plus inclusif, transparent et ambitieux que le premier. Il s’attaque plus en profondeur à l’égalité des sexes et aux partenariats au sein du gouvernement, et il prévoit une collaboration accrue avec la société civile. Le plan d’action fait partie intégrante de la politique étrangère féministe du Canada, qui comprend la Politique d’aide internationale féministe du Canada et Protection, Sécurité, Engagement : la politique de défense du Canada.

Le Canada est fier de prendre les devants dans la mise en œuvre du programme sur les femmes, la paix et la sécurité, et il a récemment annoncé l’investissement initial de 17 millions de dollars pour financer de nouveaux projets en vue de l’appuyer. Nous ferons progresser ce programme à l’aide d’efforts diplomatiques et en prenant part à des opérations de paix et à d’autres efforts de paix et de stabilisation, notamment dans le cadre des Nations Unies, de l’OTAN, du G7, du Commonwealth, de la Francophonie et du Comité international de la Croix-Rouge.

Le Plan d’action renouvelé s’appuie sur les réalisations et les efforts accomplis dans le cadre du plan précédent, dont un bon nombre sont encore en cours. En janvier 2016, le Canada est devenu président du Groupe de coordination de la coopération internationale en matière d’égalité des sexes de la Colombie (Mesa de Género) et a fait de l’instauration de la paix l’un de ses domaines prioritaires. En novembre 2016, le Canada a aussi annoncé une contribution de 1,5 million de dollars au Women’s Peace and Humanitarian Fund, un mécanisme de financement visant à accroître la participation des femmes aux activités de paix et de sécurité.

Le Canada est un ardent défenseur de l’adoption d’une démarche sexospécifique dans la réforme du secteur de la sécurité. Nous avons soutenu la police nationale haïtienne en offrant à ses agents supérieurs de la formation et du perfectionnement professionnel qui tenaient compte de la dimension du genre, notamment de la formation sur la violence sexuelle et fondée sur le sexe. En Ukraine, le Canada a entraîné les équipes policières à mieux intervenir en cas de violence fondée sur le sexe et a veillé à ce que les policières ukrainiennes aient accès à la formation du Canada sur les techniques policières modernes. La police canadienne en Irak a offert des cours sur le maintien de l’ordre dans la communauté pour permettre aux agents de police irakiens de servir tous les segments des communautés sans exception, y compris les femmes et les enfants.

De plus, pour aider à mettre fin à l'impunité et soutenir les survivants de violence sexuelle et fondée sur le sexe, le Canada a offert une subvention de 3 millions de dollars étalée de 2015 à 2018 au Bureau du Représentant spécial du Secrétaire général chargé de la question des violences sexuelles commises en période de conflit. Le Bureau effectue des missions en Afrique du Nord et au Moyen-Orient afin de dialoguer avec les autorités nationales et les groupes armés, d'accroître la sensibilisation, de relever les défis liés aux violences sexuelles commises en période de conflit et de lutter contre l'impunité. Le Canada déploie également des enquêteurs dans des tribunaux internationaux afin de combattre l’impunité relative à la violence sexuelle et fondée sur le sexe. De 2015 à 2017, par exemple, il en a envoyé aux chambres extraordinaires des tribunaux cambodgiens (connues sous le nom de Tribunal des Khmers rouges).

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