Ottawa (Ontario)
8 décembre 2016

Une catastrophe humanitaire se déroule devant nos yeux. Dans l’est d’Alep, quelque 200 000 civils, dont de nombreux enfants, n’ont plus accès à aucune nourriture ni équipement médical. Chaque jour, Alep est la cible de bombardements et de tirs d’artillerie de la part du régime syrien, qui profite de l’appui de la Russie et de l’Iran. Les hôpitaux et les écoles n’ont pas été épargnés, mais semblent au contraire avoir été visés lors des attaques dans le but de démoraliser la population. Les images d’enfants mourants sont déchirantes. Nous condamnons les actions du régime syrien et de ses partenaires étrangers, particulièrement la Russie, qui empêchent l’acheminement de l’aide humanitaire vers la région. Nous condamnons également fortement les attaques menées par le régime syrien qui ont eu un effet dévastateur sur les civiles et les installations médicales, de même que l’utilisation de barils explosifs et d’armes chimiques.

La nécessité la plus urgente consiste maintenant à établir un cessez-le-feu immédiat pour permettre aux Nations Unies d’acheminer l’aide humanitaire jusqu’aux habitants de l’est d’Alep et d’apporter des secours humanitaires à ceux qui ont fui le secteur. L’opposition a accepté le plan en quatre points de l’ONU en ce qui a trait à Alep. Le régime doit maintenant l’accepter aussi. Nous demandons au régime syrien de le faire de façon urgente afin de remédier à la situation alarmante qui sévit à Alep, et nous demandons à la Russie et à l’Iran d’utiliser leur influence pour l’en persuader.

Nous demandons à toutes les parties en Syrie d’agir conformément au droit humanitaire international, y compris aux Conventions de Genève. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a parlé des crimes de guerre commis en Syrie. Les responsables ne doivent pas rester impunis. Nous demandons à l’ONU de faire enquête sur les différents rapports et de recueillir les preuves nécessaires pour que les auteurs de ces crimes de guerre soient tenus responsables de leurs actes. Nous sommes prêts à examiner l’adoption de mesures restrictives supplémentaires à l’égard des individus et des entités qui agissent pour le régime syrien, ou en son nom. En même temps, la Russie empêche le Conseil de sécurité de l’ONU de faire son travail et de mettre fin aux atrocités. Le refus du régime de s’engager dans un processus politique sérieux témoigne également du manque de volonté de la Russie et de l’Iran à trouver une solution politique, même s’ils affirment le contraire. Nous soutenons les efforts de l’envoyé spécial des Nations Unies, (Staffan) de Mistura, en vue de rétablir le processus politique au moyen de négociations. Seul un règlement politique peut apporter la paix à la population de la Syrie.