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Le premier ministre Justin Trudeau

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Allocution du premier ministre Justin Trudeau à la 72e session de l’Assemblée générale des Nations Unies

Allocution du premier ministre Justin Trudeau à la 72<sup>e</sup> session de l’Assemblée générale des Nations Unies

LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI

Bonjour.

Monsieur le Président, chers collègues, amis.

Avant de commencer, je tiens à offrir les condoléances du Canada aux familles et amis en deuil à la suite du séisme qui a secoué le Mexique mardi.

Nous souhaitons un prompt rétablissement à tous les blessés et nous remercions tous les premiers intervenants qui travaillent sans relâche à assurer la protection des gens.

Nos pensées vont également à nos amis dans les Caraïbes qui continuent de souffrir des effets d’ouragans dévastateurs.

La générosité et la résilience dont des millions de personnes ont fait preuve devant ces catastrophes naturelles sont une inspiration pour le monde entier, et le Canada se tient prêt à venir en aide de toutes les façons possibles.

C’est un honneur d’être de retour ici aujourd’hui, devant vous, et d’avoir l’occasion de vous parler au sujet du thème de cette année : « Priorité à l’être humain : paix et vie décente pour tous sur une planète préservée ».

Les gens. La paix. Une bonne qualité de vie et un environnement dont nous prenons soin.

L’équité pour tous, peu importe l’endroit.

C’est ce qui compte aux yeux des Canadiens.

Tout au long de notre histoire, nous avons travaillé d’arrache-pied pour réaliser nos ambitions.

Chez nous et ailleurs dans le monde.

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler des leçons difficiles que le Canada a tirées en cours de route.

Le Canada n’est pas un pays des merveilles où les difficultés que vous connaissez n’existent pas.

On vit les mêmes défis que vous.

Le Canada est un projet en perpétuelle évolution.

J’aimerais vous parler de l’expérience canadienne parce que, malgré toutes les erreurs que nous avons commises, nous gardons espoir.

L’espoir que nous pouvons faire mieux, et être meilleurs, et que nous pouvons traiter l’autre avec le respect et la dignité auxquels chaque être humain a droit.

J’aimerais vous raconter notre histoire parce que je sais que les défis auxquels nous avons fait face, et ceux que nous relevons encore aujourd'hui, ne sont pas uniques au monde.

Et les solutions non plus.

Une approche qui valorise la dignité humaine, qui mise sur l’égalité et de réelles chances pour tous – c’est une approche qui a sa place au Canada et dans tous les pays.

C’est une approche qui ne sert pas uniquement à répondre aux besoins que nous avons chez nous, mais qui fait du monde un endroit meilleur, plus pacifique et plus prospère pour tous.

Cette année, en 2017, le Canada célèbre le 150e anniversaire de la Confédération. C’est notre 150e anniversaire, si je peux m’exprimer ainsi.

Mais le Canada est beaucoup plus vieux que cela.

Des descendants de colons et d’immigrants y vivent depuis des centaines d’années, et les peuples autochtones depuis des millénaires.

Notre pays s’est bâti en rassemblant des cultures, des religions et des langues différentes.

Cette diversité est devenue notre grande force.

Mais cela n’a pas toujours été le cas, et ça ne l’est pas encore pour tous ceux qui habitent notre pays.

Le Canada a été fondé sur le territoire ancestral des peuples autochtones, mais malheureusement il l’a été sans la participation réelle et significative de ceux qui y vivaient déjà.

Et même lorsque des traités avaient été signés pour jeter les bases de bonnes relations, ces traités n’ont pas été pleinement respectés ou appliqués.

Pour les Premières Nations, la Nation métisse et les Inuits au Canada, ces relations coloniales n’avaient rien à voir avec la force qu’apporte la diversité ou avec la célébration des différences.

Pour les peuples autochtones au Canada, l’expérience en a plutôt été une d’humiliation, de négligence et d’abus.

Ils ont été victimes d’un gouvernement qui ne respectait ni leurs traditions, ni leurs atouts, ni leur gouvernance, ni leurs lois, et qui a choisi de nier et de miner leurs droits et leur dignité.

Ils ont été victimes d’un gouvernement qui a cherché à réécrire leur histoire distincte, à éradiquer leurs langues et leurs cultures en imposant plutôt des traditions et des modes de vie coloniaux.

Ils ont été victimes d’un gouvernement qui a rejeté la protection du territoire et des eaux préconisée par les Autochtones : le principe de penser toujours aux sept prochaines générations.

Au fond, nous avons, dans le passé, rejeté l’idée même que des générations entières d’Autochtones puissent se définir et vivre dans la dignité et la fierté qui leur est due.

Et nous avons ainsi privé le Canada des contributions significatives que ces générations auraient pu offrir pour faire avancer notre grand pays.

L’incapacité des gouvernements canadiens successifs à respecter les droits des Autochtones au Canada nous fait grandement honte.

Et pour beaucoup trop d’Autochtones, ce non-respect des droits persiste encore à ce jour.

Il y a encore aujourd’hui des enfants vivant dans des réserves au Canada qui ne peuvent pas utiliser l’eau du robinet pour boire, se laver ou même jouer dans l’eau en toute sécurité.

Il y a des parents autochtones qui souhaitent bonne nuit à leur enfant le soir, et, ensuite, qui se croisent les doigts dans l’espoir que leur enfant ne fuguera pas ou qu’il ne s’enlèvera pas la vie.

Les jeunes Autochtones au Canada ont du mal à obtenir une bonne éducation.

Et bien que les pensionnats autochtones soient désormais heureusement une chose du passé, trop de jeunes Autochtones doivent encore partir loin de leur famille, simplement pour obtenir l’éducation de base que la plupart des Canadiens prennent pour acquise.

Et pour beaucoup trop de femmes Autochtones, la vie au Canada est synonyme de menaces de violence d’une gravité et d’une fréquence telles qu’Amnistie internationale considère qu’il s’agit d’une « crise des droits de la personne ».

C’est ce qui constitue l’héritage du colonialisme au Canada.

D’une Loi sur les Indiens paternaliste.

Du déplacement forcé de communautés inuites et de Premières Nations, et d’un mépris systématique des droits et de l’histoire des Métis.

Des pensionnats autochtones qui séparaient, dès l’âge de cinq ans, des enfants de leur famille, qui les punissaient quand ils parlaient leur langue maternelle et qui cherchaient à totalement faire disparaître les cultures autochtones.

La bonne nouvelle, c’est que les Canadiens comprennent. Ils voient les inégalités. Ils n’en peuvent plus des excuses.

Et cette impatience nous offre une rare et précieuse occasion d’agir.

Nous avons maintenant l’occasion de parvenir à une véritable réconciliation entre le Canada et les Premières Nations, la Nation métisse et les Inuits, une réconciliation substantielle et durable.

Au moment où nous entreprenons la réconciliation, nous nous servirons, pour nous guider, des normes de base adoptées dans cette salle, il y a dix ans ce mois-ci.

Je sais que par le passé, l’attitude du Canada à l’égard de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a été décevante.

On a activement fait campagne et voté contre, pour ensuite l’accepter, sans grand enthousiasme, en disant qu’il s’agissait d’un document « d’aspirations ».

Ce ne sont pas des aspirations. La Déclaration est très concrète pour les Autochtones et ceux qui ont travaillé si fort, pendant si longtemps, pour faire de ce document une réalité.

Pour utiliser les mots de la Commission de vérité et de réconciliation du Canada, la Déclaration contient les principes, les normes et les standards nécessaires pour faire rayonner la réconciliation dans le Canada du XXIe siècle.

Ce n’est pas une aspiration. C’est une voie à suivre.

L’an dernier, lors d’une rencontre de l’Instance permanente des Nations Unies sur les questions autochtones, la ministre de ce qui était alors le ministère des Affaires autochtones et du Nord du Canada a enfin corrigé la position du Canada par rapport à la Déclaration et a annoncé que le Canada appuyait sans réserve la Déclaration.

En partenariat avec les peuples autochtones, nous effectuons un examen approfondi des lois, politiques et pratiques opérationnelles du gouvernement fédéral pour mettre de l’ordre dans nos affaires.

Pour s’assurer que le gouvernement respecte ses obligations, notamment les obligations internationales prévues dans la Déclaration.

Nous le savons que le monde entier s’attend à ce que le Canada adhère scrupuleusement aux normes internationales en matière de droits de la personne – y compris à la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones – et c’est aussi ce que nous exigeons de nous-mêmes.

Nous travaillons de près avec les peuples autochtones au Canada pour mieux répondre à leurs priorités, mieux comprendre ce que l’autodétermination signifie pour eux et soutenir leurs efforts pour rebâtir leurs nations.

De concert avec nos partenaires autochtones, nous élaborons ensemble des programmes visant à assurer la préservation, la protection et la revitalisation des langues métisses, inuites et des langues des Premières Nations.

En résumé, nous travaillons sans relâche, en partenariat avec d’autres ordres de gouvernement et avec les dirigeants autochtones au Canada, pour réparer les injustices du passé et offrir une meilleure qualité de vie aux peuples autochtones au Canada.

Laissez-moi vous donner quelques exemples.

Je crois que certains exemples vous sembleront familiers, parce qu’ils correspondent aux Objectifs de développement durable des Nations Unies – des objectifs qui s’appliquent à tous nos pays, sans exception.

Entre autres, nous faisons des investissements pour que toutes les communautés autochtones aient accès à de l’eau potable – ce qui va dans le sens de l’Objectif de développement durable no 6 des Nations Unies : eau propre et assainissement .

Jusqu’ici, plus d’une vingtaine d’avis à long terme concernant la qualité de l’eau potable ont été retirés dans des communautés autochtones, et nous prévoyons mettre fin aux avis d’ébullition qui subsistent.

Nos efforts se traduisent aussi par de nouveaux investissements afin d’éliminer les écarts en matière d’éducation dans les communautés des Premières Nations.

Ces nouveaux accords reconnaissent le pouvoir et l’autorité des Premières Nations d’élaborer et de contrôler des systèmes d’éducation – des systèmes dirigés dans les communautés, par les communautés, pour les communautés.

Ces éléments importants correspondent à l’objectif de développement durable no 4 : éducation de qualité.

Pour beaucoup d’Autochtones au Canada, ces investissements permettront, entre autres, de préparer le terrain en vue d’atteindre l’objectif de développement durable no 8 : travail décent et croissance économique.

Nous savons que personne ne peut espérer avoir une chance réelle et égale de réussir sans les éléments suivants : une bonne santé; une communauté solide; un bon emploi bien rémunéré; une éducation de qualité et un endroit où vivre qui soit sécuritaire et abordable.

Bien entendu, cela s’applique aussi aux peuples autochtones.

C’est pourquoi nous aidons les communautés autochtones à bâtir et à rénover leurs maisons.

Les travaux de construction de près de 4 000 maisons sont achevés ou en cours, ce qui va dans le sens de l’ODD no 11 : faire en sorte que les villes et les établissements humains soient sécuritaires et durables.

Et, partout au pays, nous mettons en œuvre la Stratégie nationale en matière de logement pour qu’un plus grand nombre de Canadiens aient accès à un logement sécuritaire, adéquat et abordable.

Nous accordons également une importance particulière – dans les communautés autochtones, partout au Canada et à travers le monde – à l’ODD no 5 : mettre fin à la violence fondée sur le sexe et offrir des chances égales de réussir aux femmes et aux filles.

Si nous voulons faire croître nos économies et bâtir des communautés plus fortes, les femmes et les filles doivent réussir.

C’est pourquoi notre gouvernement ira de l’avant bientôt avec des mesures législatives visant à garantir un salaire égal pour un travail de valeur égale.

Les Objectifs de développement durable comptent autant au Canada que partout ailleurs dans le monde. Nous entendons bien les mettre en œuvre au pays tout en poursuivant notre collaboration avec nos partenaires internationaux afin que les objectifs soient atteints aussi dans le monde entier.

C’est important, parce que la pauvreté et la faim ne connaissent pas de frontières. Nous ne pouvons pas prétendre que ces obstacles surmontables ne se dressent qu’en pays lointain.

Accroître l’égalité, avoir un travail décent : ce sont des besoins humains réels et constants. Des besoins que nous ne pouvons pas nous permettre d’ignorer, surtout dans nos propres pays.

Il revient à chacun d’entre nous de faire en sorte que tous les gens, y compris les Autochtones, aient de meilleures opportunités.

Nous avons la responsabilité de nous assurer que la véritable égalité soit sans condition.

L’égalité s’applique à chacun d’entre nous. Peu importe notre genre, nos origines, nos croyances, ou la personne que nous choisissions d’aimer.

Et nous avons la responsabilité de mieux prendre soin de l’environnement, que nous partageons tous … comme je l’ai dit ici à la cérémonie de signature de l’Accord de Paris, « nous sommes tous concernés, dans tous les sens du terme. »

Nous sommes tous responsables, et nos nouvelles façons de faire doivent tenir compte de cette réalité.

Au Canada, cela se traduit par des relations renouvelées entre le gouvernement du Canada et les peuples autochtones – des relations fondées sur la reconnaissance des droits, le respect, la coopération et le partenariat.

Récemment, nous avons fait des changements aux structures de notre propre gouvernement pour aider à assurer la transition vers ces nouvelles relations avec les peuples autochtones.

Nous démantelons les anciennes structures bureaucratiques coloniales pour créer le nouveau ministère des Relations Couronne-Autochtones et des Affaires du Nord, dirigé par la Dre Carolyn Bennett, défenseure expérimentée et active des peuples autochtones au Canada.

Dans son nouveau rôle, elle dirigera les efforts de notre gouvernement en vue de mieux soutenir les peuples autochtones tandis qu’ils renforcent leurs institutions politiques, culturelles, juridiques et économiques et qu’ils prennent en charge la conduite de leurs propres affaires, notamment les efforts de reconnaissance et de mise en œuvre de l'autonomie gouvernementale en tant qu'expression de l'autodétermination.

En même temps, nous sommes conscients qu’au Canada, le gouvernement fédéral a historiquement la responsabilité d’offrir des services aux peuples autochtones, et qu’il a encore un rôle à jouer.

Afin de faire ce travail de la meilleure façon, tout en faisant la promotion de l’autodétermination des peuples autochtones, nous allons créer, en consultation avec eux, un nouveau ministère des Services aux Autochtones, qui sera dirigé par notre ancienne ministre de la Santé, la Dre Jane Philpott.

Au fil du temps, les peuples autochtones fourniront de plus en plus les programmes et services, dans le cadre de leur transition vers une véritable autonomie et de la pleine mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.

Nous croyons que cette séparation est le meilleur moyen pour le Canada de respecter davantage ses objectifs en matière de développement durable, tout en donnant suite au principe de l’autodétermination, qui est au cœur de la Déclaration.

Nous avançons en terrain inconnu.

Personne ne nous a précédés sur cette voie.

Mais nous ne pouvons pas nous permettre d’attendre.

Le moment est venu de faire notre propre chemin – ensemble.

Le moment est venu de sortir des sentiers battus, de faire abstraction des limites imposées par de vieilles structures coloniales désuètes pour faire place à la nouveauté, à des structures qui respecteront le droit inhérent des Autochtones à s’autogouverner et à déterminer leur propre avenir.

Pour le gouvernement fédéral, cela se traduit par un changement des façons de faire. Les changements apportés au ministère, que j’ai mentionnés il y a un instant, font partie du respect de cette responsabilité.

Les peuples autochtones, quant à eux, devront déterminer avec rigueur comment ils se définissent et se gouvernent en tant que nations et gouvernements et quels liens ils souhaitent tisser avec les autres ordres de gouvernement.

Les peuples autochtones décideront de la façon dont ils voudront se représenter et s’organiser.

Certains pourraient choisir de fonder leurs relations avec notre gouvernement sur la base de nations ou de traités historiques ou d’expériences que nous avons en commun. D’autres s’appuieront sur leurs différentes expériences communes pour se rassembler.

Le choix leur revient. Voilà précisément ce qu’est l’autodétermination.

Bien que cette voie de la réconciliation soit inconnue, je suis convaincu que nous y arriverons.

Qu’il sera possible, au Canada, de transformer les relations de nation à nation, de gouvernement à gouvernement, d’Inuits à la Couronne.

Que nous arriverons à adopter sans réserve les normes de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones – pas seulement dans le cadre d’un mandat du gouvernement, mais d’un véritable partenariat avec les peuples autochtones.

Ce nouveau partenariat supposera en partie de lutter ensemble contre les changements climatiques, qui nous touchent tous.

Les communautés autochtones et du Nord sont particulièrement touchées par la réalité des changements climatiques.

Dans les communautés du Nord – des endroits comme Paulatuk, Kugluktuk et Tuktoyaktuk – où les gens trouvent que l’état des glaces de la mer rend les déplacements et la chasse plus dangereux et plus imprévisibles en hiver.

Dans l’Ouest de l’Arctique canadien, le pergélisol fond et de grandes plaques de toundra s’érodent pour tomber dans l’océan.

Et autour de l’île de Baffin, des Aînés inuits ont du mal à prévoir le temps qu’il fera comme ils le faisaient auparavant. Ils ont tant de mal que plusieurs évitent maintenant de le faire.

Au pays, nous travaillons fort pour aider ces communautés à s’adapter et à se préparer à l’avenir.

À l’échelle internationale, notre engagement est indéfectible.

Aucun pays sur cette planète ne peut se soustraire à la réalité des changements climatiques.

Le Canada, pour sa part, continuera de se battre pour un plan mondial qui a des chances réalistes de fonctionner.

Nous avons une responsabilité envers les générations futures, et nous allons nous en acquitter.

Au Canada – et, en réalité, partout dans le monde – nous avons l’opportunité de bâtir des économies propres, des économies en croissance qui se tournent vers l’avenir. Nous n’allons pas laisser filer cette chance.

Au Canada, cela veut dire imposer un tarif sur la pollution causée par le carbone. Lorsque c’est bien fait, c’est le moyen le plus efficace de réduire les émissions tout en continuant à faire croître l’économie.

Cela veut aussi dire de continuer à travailler avec d’autres pays pour nous rapprocher des objectifs que nous nous sommes fixés.

La semaine dernière, à Montréal, nous avons accueilli des leaders en matière d’environnement venant de plus de trente pays pour participer à une séance de travail. C’était l’occasion pour nous de discuter des différents moyens de donner suite à l’Accord de Paris et de maintenir l’élan international vers un avenir plus durable pour tous.

De la même façon, la communauté mondiale a la responsabilité de faire tout ce qu’elle peut pour réduire les inégalités au sein des pays et entre eux.

Au Canada, nous travaillons fort pour y parvenir.

Nous avons bonifié les prestations d’aide pour les enfants. Notre nouveau programme met plus d’argent dans les poches de neuf familles sur dix pour les aider à faire face aux dépenses nécessaires pour élever leurs enfants. Avec cette mesure, nous prévoyons réduire de 40 p. 100 la pauvreté chez les enfants au Canada.

Nous avons augmenté les impôts du 1 p. 100 des plus riches pour pouvoir baisser ceux de la classe moyenne, et nous cherchons d’autres moyens de rendre notre système fiscal plus équitable.

En ce moment, notre système encourage les Canadiens les plus riches à se servir de sociétés privées pour payer moins d’impôts que les Canadiens de la classe moyenne.

Ce n’est pas juste, et nous allons remédier à ce problème.

Nous faisons des investissements pour rendre l’éducation plus abordable et plus accessible. Afin que chaque Canadien puisse obtenir la formation nécessaire pour trouver et pour garder un bon emploi, bien rémunéré.

C’est particulièrement important à une époque où l’automatisation remet en question la définition traditionnelle du travail.

À l’échelle internationale, nous avons réaffirmé l’engagement du Canada à réduire la pauvreté et l’iniquité, à mettre l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes et des filles au cœur de nos efforts de développement.

Nous avons adopté cette approche parce que nous savons que soutenir les femmes et les filles mène à la croissance économique.

Et que la paix et la coopération prennent ensuite racine.

Les familles et les communautés peuvent alors espérer avoir une meilleure qualité de vie.

De plus, nous travaillons fort pour conclure des accords commerciaux progressistes, tels que l’Accord économique et commercial global avec l’Union européenne, qui entre en vigueur aujourd’hui.

L’AECG va offrir de nouvelles opportunités aux entreprises, créer de bons emplois bien rémunérés pour les travailleurs et encourager une croissance économique substantielle – une croissance qui profite à tous les citoyens, et pas seulement aux plus riches.

Nous avons l’occasion – et j’ajouterais même que nous avons la responsabilité collective – de nous assurer que les accords commerciaux contiennent des dispositions fermes pour protéger les droits des travailleurs, préserver l’environnement et faire en sorte que les avantages des échanges commerciaux auront une plus large portée.

Parce qu’en nous en assurant, nous faisons plus que faire croître notre économie. Nous respectons nos valeurs.

Et nous nous disons qu’il ne suffit pas de bien faire les choses. Nous pouvons toujours faire mieux.

Et il est toujours possible de faire mieux quand les gens sont au cœur des décisions que nous prenons.

Les gens – comme nous le rappelle le thème de ce débat général – sont la clé qui nous permet de bâtir un avenir pacifique et prospère.

C’est un avenir auquel nous tenons tous – pour nous, pour nos enfants et nos petits-enfants.

C’est un avenir auquel les Autochtones, au Canada et ailleurs dans le monde, ont le droit de participer – comme partenaires égaux, à part entière.

Et c’est un avenir que nous pouvons bâtir si nous travaillons ensemble.

Bâtir de meilleures relations avec les peuples autochtones au Canada, ce n’est pas seulement réparer nos erreurs du passé.

C’est écouter, apprendre, et travailler ensemble. C’est agir concrètement pour l’avenir.

La réconciliation que nous voulons atteindre est porteuse de leçons pour nous tous.

Il est impossible de bâtir des relations solides si nous refusons de dialoguer.

Il est impossible de tracer la voie vers un monde plus pacifique dans la méfiance et le doute.

Pour bâtir un monde meilleur, nous devons travailler ensemble, respecter nos différences, protéger les personnes les plus vulnérables et défendre ce qui nous tient le plus à cœur.

Comme je l’ai dit l’an dernier, nous savons que nous allons devoir travailler fort.

Mais je demeure convaincu – car l’expérience canadienne nous l’a prouvé – que nous pourrons relever tout défi, si nous le relevons ensemble.

Merci.