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Le premier ministre Justin Trudeau

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Discours du premier ministre à l’occasion de la cérémonie de clôture de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées

LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI

Mino gijebàgwashig, kakina.

Bonjour, tout le monde. 

Je veux tout d’abord souligner que nous sommes en territoire traditionnel algonquin.

Merci aux Aînés pour vos paroles.

Merci aux Commissaires pour votre travail acharné et pour le dévouement dont vous avez fait preuve pour révéler ces vérités importantes.

Et merci aux gens qui étaient dans les vidéos.

Votre force nous inspire tous.

Aujourd’hui est une journée importante.

Une journée attendue depuis beaucoup trop longtemps.

Aujourd'hui, je suis très reconnaissant de recevoir ce rapport, alors que nous fermons un chapitre de cette histoire douloureuse.

C'est une histoire qui est difficile à imaginer pour la plupart des Canadiens. 

Mais pour beaucoup trop de gens, c'est une réalité déchirante.

Au cours des dernières années, beaucoup d'entre vous avez parlé courageusement de vos pertes et avez dû revivre des moments extrêmement douloureux.

À tous ceux qui ont choisi de s’exprimer et qui ont donné des témoignages puissants, je tiens à vous remercier sincèrement pour votre courage.

J'espère qu'aujourd'hui vous pourrez faire un autre pas sur le long chemin de la guérison.

Pendant des dizaines d’années, des femmes et des filles autochtones de partout au Canada ont disparu, été victimes de violence ou assassinées, et notre système de justice les a abandonnées.

Malheureusement, cette réalité n’est pas celle du passé.

Encore aujourd’hui, la sécurité et la dignité des mères, des filles, des sœurs et des amies autochtones sont souvent menacées.

Trop souvent, lorsqu’elles disparaissent, subissent de la violence ou perdent la vie, ces événements sont loin d’être une priorité ou passent sous silence.  

Nous entendons que leurs droits fondamentaux sont régulièrement et systématiquement bafoués.

C’est honteux.

C’est absolument inacceptable.

Et cela doit cesser.

Depuis trop longtemps, les familles, les communautés et les organisations autochtones demandent au gouvernement du Canada d’agir et de tenir une enquête nationale.

Quand notre gouvernement est entré en fonction, on savait qu’il fallait changer la situation des femmes et des filles autochtones dans ce pays.

Et ces dernières années, notre gouvernement a entrepris l’enquête la plus ambitieuse et approfondie de l’histoire canadienne – la première enquête menée réellement à l’échelle du pays, en partenariat avec les provinces et territoires.

Des milliers de familles et de survivants ont raconté leurs vérités dans le cadre d’audiences et de témoignages qui ont eu lieu à travers le pays.

Nous avons entendu les témoignages de gardiens du savoir, d’experts et de fonctionnaires, et beaucoup de gens ont utilisé l’art pour partager leur vérité.

Nous avons entendu des histoires de colère, de tristesse et de frustrations profondes.

Je sais que cela a été très, très difficile pour tous ceux qui ont participé.

Le processus a été long, et je peux à peine imaginer à quel point cela a dû être terrible de revivre une douleur aussi intense.

Aux survivants et aux familles ici aujourd’hui, et à tous ceux qui regardent ou écoutent cette cérémonie à la maison, sachez que ce rapport n’est pas la fin.

Le travail des commissaires, les histoires qu’ils ont recueillies et les appels à la justice qu’ils ont formulés : nous n’allons pas laisser leur travail tomber aux oubliettes.

Je sais, et vous savez, que nous devons changer nos façons de faire dans ce pays.  

Nous devons continuer de décoloniser nos institutions.

Et nous devons mettre fin au racisme, au sexisme et aux inégalités économiques qui ont permis à cette violence de persister.

Nous avons déjà commencé ce travail important.

Nous travaillons avec les communautés autochtones pour améliorer leur santé et leur bien-être. Nous investissons notamment dans les infrastructures essentielles, y compris le logement, et nous sommes en train d’éliminer les avis d’ébullition d’eau.

Nous travaillons également ensemble pour mieux appuyer la compétence inhérente des peuples autochtones dans des domaines comme l’éducation, la gouvernance et les services aux enfants et aux familles.

Et nous venons tout juste d’adopter une loi pour assurer la survie – et la revitalisation – des langues autochtones.

Aujourd’hui, nous faisons un autre pas sur le chemin de la réconciliation.

Nous allons examiner le rapport en profondeur et nous allons développer et mettre en œuvre un Plan d’action national pour mettre fin à la violence faite aux femmes et aux filles autochtones, ainsi qu’aux personnes LGBTQ et bispirituelles.

Et nous allons travailler avec nos partenaires autochtones pour déterminer les prochaines étapes.

Nous allons inclure les perspectives des femmes et des filles autochtones et encourager leur pleine participation.

Nous allons aussi tenir compte des voix des personnes LGBTQ et bispirituelles ayant une expérience vécue ainsi que celles des membres des familles des victimes et des survivants de la violence.

La Commission nous montre la voie à suivre.

Et je vous donne ma parole que mon gouvernement va donner suite aux appels à la justice énoncés dans le rapport de l’Enquête en prenant des mesures concrètes, cohérentes et menées par les peuples autochtones.

Je refuse de laisser notre passé déterminer notre présent ou notre avenir.

Aux femmes et aux filles autochtones du Canada, à leurs familles et aux survivants : nous vous avons laissé tomber.

Mais nous ne vous laisserons plus tomber.

Dans les prochains jours, avançons ensemble, en partenariat, alors que nous rectifions les erreurs du passé et demandons justice pour les peuples autochtones au Canada.

Merci.

Meegwetch.