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Le premier ministre Justin Trudeau

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Déclaration commune des dirigeants de Pikialasorsuaq

La Conférence des Parties, constituée dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique, a adopté un Plan stratégique pour la diversité biologique pour la période 2011-2020, qui préconise la protection des zones côtières et marines, en particulier celles qui revêtent une importance particulière pour la biodiversité et les services fournis par les écosystèmes. La protection serait assurée au moyen de réseaux écologiquement représentatifs et bien reliés d’aires protégées gérées efficacement et équitablement, et d’autres mesures de conservation efficaces pour chaque zone. Pour atteindre les objectifs internationaux en matière de biodiversité, le gouvernement du Canada propose un certain nombre d'options pour la protection marine dans l'Arctique, y compris Tallurutiup Imanga (détroit de Lancaster) et Tuvaijuittuq (bassin de l’Extrême-Arctique). L'élaboration d'un cadre pour la conservation et la gestion de Pikialasorsuaq contribueront à l'atteinte de ces objectifs en matière de biodiversité.

Pikialasorsuaq, qui signifie « grande remontée d'eau » en Kalaallisut, est la plus grande polynie de l'Arctique et l'une des zones les plus productives sur le plan écologique au nord du cercle arctique. Située dans les eaux relevant de la compétence du Nunavut, du Canada, du Kalaallit Nunaat et du Royaume du Danemark, elle soutient les Inuits de la région depuis des millénaires, comme source de nourriture grâce à la récolte et comme voie de transport reliant les communautés inuites. L'influence et l'importance de Pikialasorsuaq s'étendent à une région culturelle et écologique encore plus vaste que les limites de la polynie en constante évolution, où vivent des espèces sauvages d'importance mondiale. Aujourd’hui, Pikialasorsuaq et les Inuits qui en dépendent font face à des menaces possibles liées aux changements climatiques et environnementaux ainsi qu’à une augmentation de l'activité humaine.

Les communautés inuites du Nunavut, du Canada et du Kalaallit Nunaat dont la vie est étroitement liée à Pikialasorsuaq ont exprimé des préoccupations au sujet de l'avenir de Pikialasorsuaq et de la sécurité alimentaire dans la région, ce qui représente une question de survie. Un accès plus facile à la région et à ses ressources grâce aux effets des changements climatiques devrait permettre d'accroître la pêche, la navigation, le tourisme et le développement dans la région. Bien que les avantages et les impacts potentiels de ces activités sur les communautés et l'écosystème sensible ne soient pas actuellement connus, la participation des Inuits à la gestion marine est nécessaire pour assurer le développement durable et la protection de la région et de ses ressources.

Pikialasorsuaq est une importante voie de transport qui facilite la mobilité des Inuits depuis des générations. Les déplacements à l’intérieur de Pikialasorsuaq par la glace de mer, en eau libre ou par avion ont aidé à maintenir de solides liens familiaux, culturels et commerciaux entre les Inuits du Nunavut, du Canada et du Kalaallit Nunaat. Au cours des dernières décennies, il est devenu de plus en plus difficile de franchir les frontières internationales entre les communautés de la région de Pikialasorsuaq en raison des restrictions accrues en matière de sûreté et de sécurité associées aux voyages internationaux.

Pour donner suite à ces préoccupations, la Commission Pikialasorsuaq a publié un rapport en novembre 2017 qui présentait les grands objectifs que les Inuits du Nunavut, du Canada et du Kalaallit Nunaat souhaitent atteindre, dont la gestion et la surveillance, par les Inuits, de Pikialasorsuaq ainsi qu’une meilleure mobilité pour les Inuits entre le Canada et le Kalaallit Nunaat. 

Le Comité de partenariat entre les Inuits et la Couronne a été établi, en partie, pour donner suite à l’engagement du Canada de renouveler sa relation avec les Inuits afin que cette relation soit fondée sur la reconnaissance des droits, le respect, la collaboration et le partenariat. L’un des objectifs du Comité est donc de faire avancer des initiatives qui visent précisément à améliorer la protection environnementale et la gouvernance de l’Inuit Nunangat.

Aujourd’hui, pour le bien de l’Inuit Nunangat et de toute la population canadienne, le premier ministre Justin Trudeau et les dirigeants inuits s’engagent à travailler en partenariat ensemble, ainsi qu’avec les gouvernements du Danemark et du Kalaallit Nunaat, afin d’établir la voie à suivre pour assurer la gestion durable des milieux marins et la protection environnementale de Pikialasorsuaq ainsi que pour faciliter la mobilité des Inuits de la région. Ce travail à l’égard de Pikialasorsuaq s’appuiera sur les travaux réalisés pour créer d’autres aires marines protégées, comme l’aire marine Tallurutiup Imanga (détroit de Lancaster). La planification sera fondée sur les systèmes créés au cours de l’établissement d’autres aires marines protégées dans l’Arctique, sur des connaissances scientifiques autochtones et occidentales ainsi que sur le principe de la gestion intégrée des océans. De cette façon, des décisions pourront être prises en vue de l’utilisation, du développement et de la protection durables des zones océaniques et des ressources de Pikialasorsuaq.

Cette initiative favorisera la vigueur des communautés inuites puisqu’elle permettra de protéger l’environnement et de préserver la biodiversité de cette région unique. La réconciliation et l’autodétermination sont essentielles à cet engagement du gouvernement envers les Inuits, et il sera plus facile d’atteindre cet objectif si l’on assoit le leadership des Inuits dans Pikialasorsuaq. Nous croyons que cette initiative est une occasion unique d’unir nos forces afin d’améliorer la conservation de nos océans et de bâtir une région arctique forte et durable où tous les Inuits participent à sa gestion responsable et bénéficient des opportunités créées.

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