Prime Minister Justin Trudeau delivers remarks and holds a media availability at the National Press Theatre in Ottawa.

Ottawa (Ontario)
30 novembre 2016

LA VERSION PRONONCÉE FAIT FOI

Bonjour à tous. Merci d’avoir pris le temps d’être avec nous aujourd’hui.

Il y a un peu plus d’un an, les Canadiens ont élu un nouveau gouvernement. Le mandat qu’ils nous ont donné était clair : celui de bâtir une économie qui fonctionne pour moi et ma famille, et protégez l’environnement pour que nous puissions léguer un pays meilleur et plus propre à nos enfants.

Les électeurs ont rejeté la vieille mentalité voulant que ce qui est bon pour l’économie soit mauvais pour l’environnement. Ils ont adopté l’idée selon laquelle nous devons mettre en place des politiques environnementales rigoureuses si nous voulons exploiter nos ressources naturelles et les acheminer vers les marchés internationaux.

Les Canadiens savent que la mise en place de mesures rigoureuses en ce qui a trait à l’environnement est bonne pour l’économie. Cela nous rend plus compétitifs en encourageant l’innovation et en réduisant la pollution. Les Canadiens attachent une grande importance à la pureté de l’air et de l’eau ainsi qu’à la beauté des côtes et de la nature, et ils refusent d’accepter de les mettre à risque pour stimuler la croissance économique.

Nous sommes d’accord avec eux.

Depuis novembre dernier, nous avons travaillé sans relâche afin de mettre en place une politique qui incarne ces valeurs. Une nouvelle politique qui, à notre avis, permettra à la fois de créer des bons emplois pour la classe moyenne et de protéger l’environnement pour nos enfants et petits-enfants.

Nous avons approuvé des projets d’exploitation des ressources naturelles qui répondent aux normes de protection environnementales les plus élevées.

Nous avons créé une politique visant à mettre en place une tarification pour la pollution ainsi qu’un Plan de protection des océans pour préserver nos côtes.

De plus, nous venons d’annoncer notre intention d’éliminer progressivement l’électricité au charbon d’ici 2030 au Canada, tout en augmentant nos sources d’énergie propre. Cette élimination progressive permettra de prévenir plus de 1 000 décès prématurés et d’épargner aux contribuables des milliards de dollars en frais de santé.

Nous faisons tout cela parce que nous savons que le monde change et que le Canada doit changer avec lui. Les changements climatiques sont réels. Ils sont là. Et nous ne pouvons pas souhaiter qu’ils n’existent pas ou voter pour qu’ils disparaissent.

C’est quelque chose que les Canadiens savent, et ils savent que nous devons commencer la transition vers une économie axée sur l’énergie propre. C’est un devoir que nous avons envers nous-mêmes. Nous devons nous assurer que notre économie est plus concurrentielle. Et c’est un devoir que nous avons envers nos enfants pour leur laisser un environnement plus propre.

Mais nous savons aussi que cette transition requiert des investissements et que cela n’arrivera pas du jour au lendemain. Pour financer ce changement, nous devons créer de bons emplois et générer une croissance forte.

Le Canada est un pays riche en ressources énergétiques de toutes sortes. Conventionnelles et renouvelables. L’énergie d’aujourd’hui et de demain. C’est un milieu de vie unique et une position incroyablement  avantageuse dans le monde.

J’ai répété plusieurs fois qu’aucun pays dans le monde qui trouverait des milliards de barils de pétrole ne les laisserait enfouis dans le sol alors qu’il existe un marché pour eux.

Mais il ne suffit pas d’utiliser cette ressource simplement pour satisfaire nos intérêts à court terme.

Notre défi consiste à utiliser la richesse d’aujourd’hui pour créer les possibilités de demain. En bout de ligne, il s’agit de laisser à nos enfants un pays meilleur que celui que nous ont légué nos parents.

Aujourd’hui, nous faisons un grand pas dans cette direction.

Nous sommes ici pour annoncer les décisions du gouvernement du Canada concernant des projets énergétiques importants et pour des engagements très importants que nous avions pris envers les Canadiens pendant la campagne électorale de l’automne dernier.

Nous avons dit que les oléoducs importants ne pourraient être construits que si une tarification pour le carbone était fixée et que des mesures de protection environnementale plus exigeantes étaient mises en place. Nous avons dit que les populations autochtones devaient être respectées et faire partie de la démarche. Nous avons également dit que nous approuverions seulement les projets qui pouvaient être construits et exploités de façon sécuritaire.

Voilà ce qui a mené à nos décisions d’aujourd’hui.

D’abord, le gouvernement a approuvé le projet d’agrandissement de l’oléoduc Trans Mountain de Kinder Morgan.

Cet oléoduc permettra de doubler une canalisation exploitée depuis 1953, qui s’étend d’Edmonton, en Alberta, jusqu’à Burnaby, en Colombie-Britannique. Ce projet triple notre capacité d’acheminer les ressources énergétiques du Canada vers des marchés internationaux au-delà des États-Unis.

Il permettra de créer 15 000 nouveaux emplois pour la classe moyenne, surtout dans les métiers. Cette initiative importante aidera des Canadiens à réintégrer le marché du travail, de nourrir des familles de la classe moyenne, d’encourager la croissance et de renforcer nos communautés.

Il apportera à des milliers de gens qui travaillent fort dans le secteur de l’énergie conventionnelle de l’Alberta un nouvel espoir dont ils ont besoin après avoir traversé des moments difficiles dans les dernières années.

Mise à part les nombreux avantages économiques qui sont évidents, nous avons approuvé ce projet parce qu’il répond aux normes environnementales les plus strictes, et qu’il est conforme à notre plan national sur le climat.

Nous obligerons Kinder Morgan à respecter ou à surpasser chacune des 157 conditions contraignantes énoncées par l’Office national de l’énergie. Ces conditions portent sur les répercussions potentielles pour les communautés autochtones, la protection de la faune locale et l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre durant la construction.

Et permettez-moi d’être clair : nous ne pourrions pas avoir approuvé ce projet sans le leadership de la première ministre Notley et sans le plan de leadership climatique de l’Alberta – un plan qui prévoit une tarification du carbone et un plafonnement des émissions issues des sables bitumineux à 100 mégatonnes par année.

Nous tenons à être clairs sur ce point, parce qu’il est important et qu’il n’est pas toujours bien compris : le plan climatique de l’Alberta contribue grandement à notre stratégie nationale. Avec raison, il a été salué comme étant un grand pas en avant à la fois par l’industrie et les milieux environnementaux.

Le plan de l’Alberta prévoit le plafonnement des émissions liées aux sables bitumineux à moyen terme, mais permet une augmentation de la production par rapport aux niveaux actuels. Aujourd’hui, les oléoducs du Canada sont utilisés à pleine capacité. Cela veut dire que si la production augmente de façon significative, nous serons forcés de trouver d’autres moyens d’acheminer le produit jusqu’au marché. Ces autres modes de transport sont moins sécuritaires que les oléoducs.

En effet, nous savons que les nouveaux oléoducs à la fine pointe de la technologie sont la façon la plus sûre d’acheminer nos ressources vers le marché. Ce n’est pas un argument, c’est un fait. Par conséquent, la création de nouvelles capacités en matière d’oléoducs est la décision la plus responsable que nous pouvions prendre pour assurer la sécurité de la population et réduire les risques.   

Nous ne pouvions pas non plus approuver ce projet sans mettre en place les normes et les capacités exemplaires en matière de sécurité maritime prévues dans le nouveau Plan de protection des océans du gouvernement du Canada. Le prolongement de l’oléoduc TMX mènera à une augmentation globale du trafic maritime de 13 % dans le passage Burrard, et le Plan de protection des océans permettra d’assurer que tout risque lié à l’augmentation de la circulation maritime dans le passage Burrard soit réduit de façon adéquate.

Nous comprenons – et partageons – le sentiment de responsabilité profond et inébranlable des résidents de la Colombie-Britannique à l’égard de notre côte Ouest qui est spectaculaire. En fait, il s’agit d’une question personnelle pour moi. J’ai passé une grande partie de mon enfance sur la côte et sur l’eau avec mes grands-parents. J’ai travaillé et vécu en Colombie-Britannique pendant des années en tant qu’enseignant.

Maintenant, j’ai entendu et écouté très attentivement les nombreux points de vue exprimés en Colombie-Britannique. sur ce projet. En fait, l’un de ses critiques les plus articulés et les plus fondés est l’un de mes collègues du caucus, Terry Beech.

D’autres personnes s’opposeront à ce projet pour leurs propres raisons. Nous respectons cela, et nous respectons leur droit d’avoir et d’exprimer leurs points de vue.

Mais je tiens à leur dire ceci – et à le dire à tous les Canadiens : si je pensais qu’il s’agissait d’un projet dangereux pour la côte de la C.-B., je le rejetterais. Cette décision a été prise en fonction de débats vigoureux, de la science et de données probantes. Nous n’avons pas été, et ne serons jamais, influencés par des arguments politiques, qu’ils soient locaux, régionaux ou nationaux.

Nous avons pris cette décision parce que nous sommes convaincus qu’elle est sécuritaire pour la C.-B. et qu’il s’agit de la bonne décision pour le Canada. C’est une victoire importante pour les travailleurs canadiens, les familles canadiennes et l’économie du Canada.

Deuxièmement, nous avons également approuvé le projet de remplacement de la canalisation 3.

Ce projet prévoit le remplacement, sur plus de 1 000 km, d’un oléoduc existant à partir de Hardisty, en Alberta, jusqu’à Gretna, au Manitoba. Cela entraînera la création de 7 000 nouveaux bons emplois pour les gens de métier. Il devra respecter ou surpasser 37 conditions contraignantes établies par l’Office national de l’énergie.

À la fin de la journée, c’est une question de sécurité.

Au sujet de la canalisation 3, la réalité est celle-ci : cet oléoduc vieillissant a vraiment besoin d’être remplacé. Une fois terminée, cette nouvelle infrastructure permettra d’augmenter l’efficacité, d’améliorer la sécurité en milieu de travail ainsi que la protection de l’environnement. Elle permettra également d’assurer que la technologie la plus récente soit utilisée pour prévenir les fuites.

Trans Mountain a une valeur stratégique unique, puisqu’il permettra aux ressources énergétiques traditionnelles du Canada d’avoir accès à des marchés internationaux au-delà des États‑Unis. La canalisation 3 permettra de renouveler une infrastructure vieillissante et garantira notre capacité à fournir des ressources à notre partenaire commercial le plus important et le plus précieux.

Ensemble, ces projets créeront des milliers de bons emplois pour la classe moyenne du Canada. Ils généreront également des milliards de dollars de revenus pour tous les paliers gouvernementaux. C’est de l’argent que nous pourrons investir dans nos hôpitaux, nos routes et nos initiatives en matière d’énergie propre.

Ces projets ont reçu l’approbation du gouvernement parce qu’ils respectent nos normes environnementales. Mais tous les projets d’oléoduc ne respectent pas ces critères rigoureux.

Aujourd’hui, nous annonçons aussi que le gouvernement a demandé à l’Office national de l’énergie de rejeter la demande du projet d’oléoduc Northern Gateway.

Il est devenu évident que ce projet ne s’inscrit pas dans les intérêts supérieurs des communautés touchées, y compris les populations autochtones.

La forêt pluviale Great Bear n’est pas un endroit approprié pour la construction d’un oléoduc, et le Canal Douglas n’est pas un bon endroit pour la circulation de pétroliers.

Même avant de former le gouvernement, nous avons exprimé clairement notre intention de protéger la forêt pluviale Great Bear et la mer. Cet écosystème unique et incroyable abrite une faune diversifiée et assure une économie abondante et durable aux dizaines de milliers de personnes qui dépendent de sa santé. C’est un bijou de la côte Ouest canadienne.

Finalement, je suis aussi heureux d’annoncer que nous respecterons notre engagement d’imposer un moratoire sur le transport de pétrole brut le long de la côte nord de la Colombie-Britannique.

Après de longues consultations auprès de gens qui vivent et travaillent à cet endroit, notamment des partenaires autochtones, nous avons constaté par nous-mêmes à quel point la circulation de pétroliers est néfaste pour cette région.

En bref, nous déposerons un projet de loi en vue de faire de ce moratoire sur les pétroliers une loi.

En tant que petit-fils de la Colombie-Britannique., je crois fermement que ce moratoire, ainsi que le rejet du projet d’oléoduc de Northern Gateway, est la bonne décision pour les gens de cette province et pour le Canada.

Les quatre décisions que nous avons annoncées aujourd’hui ont été prises après de vastes consultations et un examen approfondi des données probantes.

Nous croyons qu’elles contribueront à assurer la croissance et à fournir les ressources dont nous avons besoin pour stimuler la transition du Canada vers une énergie propre. Nous croyons qu’elles prouvent que l’exploitation responsable des ressources peut aller de pair avec une protection environnementale rigoureuse.

Nous croyons qu’il s’agit de projets sécuritaires et responsables qui s’inscrivent dans l’intérêt de tous les Canadiens.

Par-dessus tout, nous croyons qu’ils nous aideront à accomplir le mandat le plus important que les Canadiens nous ont donné : réaliser des progrès. Laisser à nos enfants un pays plus propre et plus prospère que celui que nous avons hérité de nos parents.

Ces décisions sont le reflet d’un vrai travail d’équipe, et nous avons très hâte de répondre à vos questions.